La compagnie Sur le Fil fut fondée en 2008, suite à la mise en scène du Canard bleu, un mélodrame bural de Hervé Blutsch, coproduit avec la compagnie française Ecknobul, où trois employés de bureau se déchirent pour la règle dans une ambiance chaplinesque et expressioniste basée sur une rythmique et une gestuelle particulières.
S’ensuivit l’envie de créer pour le public scolaire afin de faire découvrir un auteur, un courant faisant partie du programme, d’une façon artistique, surprenante et drôle par le biais d’une présentation théâtrale. Molière par elle-même de Françoise Thyrion, rassemblant toutes ces qualités, fut monté et tournera dans les écoles l’an prochain.
Au fil des mois, la compagnie trouve un intérêt grandissant dans le tissage et la consolidation de liens francophones à travers le monde. C’est pour cela qu’elle n’hésite pas à faire une performance au festival Les 24 Fenêtres d’Uffholtz, en Alsace, qu’elle est partie à la découverte du Québec pour de futurs projets et qu’enfin elle envisage de se rendre au Burkina Faso pour mélanger et s’enrichir des cultures à travers une nouvelle création.
La compagnie voit également un grand intérêt à marcher sur le fil des auteurs de théâtre de son pays. Et c’est avec engouement qu’elle se tourne, à nouveau en partenariat avec la compagnie Ecknobul, vers Dans le noir de l’écrivain belge Régis Ducqué qui n’a cessé de l’intriguer depuis sa découverte. Cette pièce, inspirée du genre noir, suite logique, selon Ducqué, de la tragédie, mêle thriller, absurde, comique et réalisme avec voracité au travers d’une écriture déconstruisant l’instant présent. C’est avec ce Pulp fiction théâtral et Molière par elle-même que la compagnie a décidé d’aborder l’année 2009-2010.
L’acteur est ce funambule, marchant sur le fil entre corps et esprit, nature et culture, silence et parole, lumière et ombre. Il donne à partager une manière d’être au monde. A l’école de l’âme qu’est le théâtre, l’acteur et le spect-acteur font un bout de chemin – initiatique – ensemble. Le théâtre est en effet une éducation. Si la politique et les médias voudraient nous faire croire en un monde parfaitement agencé, sans problème, le théâtre nous rappelle que les seules personnes qui sont sans problème sont dans les cimetières.
Mikaël Sladden, Sur le Fil, 2007.