Soutien à la Jeune Création - La mobilisation continue

Ci-dessous, nous relayons les publications récentes émanant de "Conseildead" et de certaines personnalités du secteur.


Jeudi 20 décembre 2012

Stéphane Arcas (Membre du Conseildead) : "Après un mois de lutte contre des mesures d’austérité à l’encontre de la création dans les arts du spectacle, la ministre Fadila Laanan nous a entendus et est finalement revenue sur sa décision. Mais la situation reste précaire. ConseildeaD avait axé son combat sur la défense de l’emploi artistique et de l’indépendance de la création. Cela passe par l’indexation mais aussi la pérennisation de l’aide à la création (en la faisant basculer dans les dépenses obligatoires), une réflexion sur la représentativité des artistes au sein des différents instances, un refinancement du budget de la culture mais aussi et surtout par une plus large réflexion sur la place de l’Art dans la société.

• Nous parlons dès lors d’une défaite, car au final nous n’avons que repoussé la menace immédiate. L’épée de Damocles plane toujours au dessus de nos têtes. Mais nous avons tout de même obtenu deux victoires. Une petite : le maintien ajusté au budget 2012, et une bien plus grande, à savoir : l’unification du secteur grâce à une formidable mobilisation et l’engagement d’un réel dialogue, d’abord entre les artistes eux-mêmes, puis entre ceux-ci et l’institution. Ces prises de parole courageuses et ce véritable exercice de démocratie sont les signes clairs d’un milieu qui recommence à se penser lui-même et ce à travers des rassemblements citoyens, des manifestations, des rencontres et la formation de groupes de travail…

• Nous, CONSEILDEAD, compte tenu de ce bilan, avons éprouvé la nécessité de nous redéfinir. Pour rappel, ce groupe fut créé en vue d’agir efficacement face à une situation de crise. Passée cette urgence, nous sommes entrés dans une période de cessez-le-feu. En regard de cette nouvelle donne, il nous a paru essentiel de redéfinir notre mode de fonctionnement en remettant en question l’existence même de notre groupe. Suite à l’importance de la mobilisation de ces dernières semaines, nous pensons toutefois qu’il est de notre responsabilité de prolonger notre action. Mais de quelle manière ? La liberté et la marge de manœuvre que nous a procuré notre statut informel (notre non-statut plus précisément) nous semblent essentielles à préserver. C’est pourquoi, nous resterons un groupe de pression alternatif, une cellule de vigilance autonome et ce, notamment, par le biais des différents médias utilisés lors des récents évènements et surtout par l’organisation de rencontres régulières, de débats, de rassemblement citoyens et d’évènements. Ainsi nous poursuivrons notre démarche d’information et de communication afin d’éviter l’endormissement du milieu en cette période de trêve et ce afin qu’il puisse garder toute sa réactivité en cas de force majeure. Concrètement et en vrac : La page Facebook, le site ainsi que l’adresse e-mail de CONSEILDEAD resteront des outils précieux de partage quotidien de l’information ainsi que des plateformes de discussions. Nous invitons tout un chacun à continuer à alimenter ces différents médias. Par ailleurs, d’une manière moins virtuelle, nous proposons d’organiser au minimum quatre rencontres annuelles au café le Greenwich, c’est à dire une au moins par trimestre. La première aura lieu ce Jeudi 24 Janvier 2013 à 20 heures. Nous vous proposons de vous y informer des derniers évènements, des démarches (que nous aurons déjà amorcées) et de débattre de sujets de fonds concernant l’ensemble du secteur (Danse - Musique – Théâtre). Un ordre du jour vous parviendra une semaine avant. Par ailleurs, outre ces rendez-vous ponctuels, nous réfléchissons à l’opportunité d’organiser une université de printemps ce mois de juin, d’une durée de deux à trois jours à Bruxelles. Son but sera d’approfondir avant l’été les sujets qui nous préoccupent (rencontres et débats avec des intervenants divers, belges et étrangers, etc). La question du chômage des artistes est en train de refaire surface et nous vous conseillons vivement de vous mobiliser autour des syndicats. De notre côté nous nous instruisons sur ce lourd dossier, ce qui ne veut pas dire que nous fuyons le problème, tant s’en faut. Nous verrons très rapidement comment soutenir activement ce combat. Une des leçons que ce mouvement nous a donnée est que le milieu du spectacle peut faire preuve de courage et d’unité. Il faut battre le fer tant qu’il est encore chaud et profiter de cet état d’esprit ainsi que de la brèche qui s’est ouverte. Nous nous devons d’être les acteurs d’une nouvelle politique culturelle. D’une politique cohérente avec les réalités du terrain. Des idées germent et se propagent. Alors : tenons-nous informés et apprenons à mieux connaître les rouages du système pour mener ensemble une démarche intelligente et rendre nos actions pérennes.

Bonnes fêtes ! Tenez-vous prêts. La lutte continue !"

ConseildeaD : Stéphane Arcas, Cécile Chèvre, Antoine Laubin, Denis Laujol, Nicolas Luçon, Claude Schmitz, Vincent Sornaga et Arnaud Timmermans.


Lundi 26 novembre 2012

Voici la lettre que nous avons lue au Ministre Président, dès que nous pouvons -sommeil- fatigue- nous vous communiquerons un résumé de ses réactions. Par ailleurs, nous attendons tout simplement le communiqué de presse du conseil des ministres de ce jeudi pour vous donner l’avis de ConseildeaD.

Monsieur le Ministre-Président, Nous tenons d’abord à vous remercier d’avoir pris le temps de nous entendre dans un délai aussi rapide. Nous avons fédéré autour de nous le secteur dans sa très grande majorité, mais nous ne sommes mandatés par personne d’autre que nous-mêmes pour assumer la responsabilité d’une négociation et n’avons de fait, aucun pouvoir représentatif. Aussi permettez-nous un bref historique qui vous permettra de comprendre où CONSEILDEAD trouve sa légitimité. A l’annonce des mesures d’austérité qui frapperaient les arts vivants et asséneraient un coup fatal aux aides à la création, nous avons décidé de former CONSEILDEAD. Ce « nous » est composé de huit professionnels indépendants des arts de la scène. Ce « nous » n’a pas pour vocation de porter la voix de tout un secteur, « nous » ne sommes responsables que de nous-mêmes et de notre parole. Il se trouve néanmoins que ce « nous », par accident ou par besoin, se retrouve soutenu par une grande majorité des professionnels du théâtre et a été, dans son sillage, rejoint par le secteur de la danse et celui de la musique dite-non classique. Nous avons, de facto, que nous le voulions ou non, une responsabilité, mais il est essentiel de préciser que CONSEILDEAD n’en demeure pas moins libre. Notre groupe est formé par des personnalités possédant chacune une relation différente à l’institution ainsi qu’à la profession. C’est ce qui fait notre force. A ce titre, nous avons toujours cherché à trouver un consensus entre nous afin d’aller à l’essentiel et jusqu’à présent ce consensus ne s’est jamais révélé mou. Toutefois, nous avons évité, parce que précisément nous sommes conscient de notre responsabilité, d’alimenter d’autres sujets qui fâchent et qui s’écarteraient trop de notre ligne d’action principale, à savoir la survie de la création en Fédération Wallonie-Bruxelles. Ne doutez pas pour autant que la colère du milieu est bien plus vaste que celle qui porte particulièrement sur les coupes budgétaires proposées aujourd’hui. La proposition de Madame la Ministre et l’affaire du tweet, n’ont été que les révélateurs d’un sentiment de frustration très large, dont nous sommes devenus les catalyseurs. Cette colère plus vaste, nous l’avons entendue à tous les niveaux, elle concerne des inégalités frappantes dans la profession, des rapports de force inéquitables entre les créateurs indépendants et les institutions, des choix politiques contestés concernant des investissements dans des secteurs ou la créativité et l’originalité n’entrent absolument pas en compte. Ce n’est peut-être pas l’objet de notre rencontre – et au fond qui sait, puisque vous proposez vous-même un débat de fond ? –, mais renoncer à vous transmettre cette exaspération serait faire preuve d’hypocrisie.

La mobilisation à laquelle nous avons assisté ces derniers jours montre clairement à quel point la situation du secteur est proche de l’asphyxie, et que les mesures annoncées par la Ministre de la Culture, pour modestes qu’elles puissent paraître en regard des sommes concernées, plongent l’ensemble de la profession dans une inquiétude aiguë quant à ses possibilités de remplir les missions de service public qui sont les siennes, tandis que les créateurs non-conventionnés voient les possibilités d’exercer leur métier se verrouiller à tout niveau. En effet, mises bout à bout, les dernières mesures législatives et budgétaires vont peser prioritairement sur les artistes et sur la création artistique en général. Pour rappel, il s’agit :
- du durcissement, depuis ce 1er novembre, des règles relatives au régime de chômage des artistes, en termes de dégressivité et surtout d’activation du comportement de recherche d’emploi ;
- de la promulgation d’une convention collective de secteur, qui représente un progrès social que nous saluons, mais dont les exigences sont exorbitantes pour la grande majorité des porteurs de projet en regard de leurs réalités budgétaires ;
- en ce qui concerne le théâtre, de la non-indexation des conventions et contrats-programmes depuis 2009 et du budget de l’aide aux projets depuis 2000, ce qui a pour conséquence de comprimer toujours plus la proportion de la subvention qui est consacrée à la part artistique proprement dite. Dans cette situation, nous pensons sérieusement que toute coupe budgétaire dans le budget des arts de la scène n’aura pour conséquence finale que de se répercuter, une fois encore, sur les acteurs les plus précarisés que sont les artistes et travailleurs sous contrat à durée déterminée. Ceci pour trois raisons principales :
- premièrement, la non-indexation pèse lourdement sur les structures conventionnées et contrat-programmées qui voient leurs charges fixes (bâtiments, énergie, personnel) augmenter avec l’inflation, et qui se voient donc obligées de répercuter la baisse réelle sur les charges non fixes, c’est-à-dire sur la part artistique ;
- deuxièmement, face au gel des conventionnements, le nombre de porteurs de projets dépendant des aides ponctuelles ne cesse d’augmenter à mesure que de nouveaux créateurs sortent des écoles ;
- troisièmement, toute diminution budgétaire dans le budget des arts de la scène, notamment pour les dépenses d’équipement, devra être compensée par les lieux d’accueil, ce qui signifie encore une fois une répercussion sur la part artistique ; De plus, nous considérons que la non-indexation de nombreux budgets depuis plusieurs années (et pour le CAPT depuis bien avant le début de la crise) équivaut ipso facto à un effort financier consenti de longue date par le secteur et qu’il n’y aucune raison de faire peser une seconde fois le poids de l’austérité sur la culture. Sur les propositions d’économies alternatives qui ont été faites par la ministre la semaine dernière, nous nous sommes exprimés sur les raisons pour lesquelles elles nous semblent aussi peu souhaitables que la réduction de l’aide à la création. Nous maintenons ce point de vue et ajoutons qu’il n’y a aucune base juridique pour que les instances d’avis soient sollicitées pour prendre une décision. Lors de notre rencontre avec la ministre Fadila Laanan, aucun argumentaire alternatif n’avait été proposé pour palier au coupes proposées dans les secteurs de la musique et de la danse. Nous espérons des nouvelles propositions qu’elles garantissent l’indépendance des artistes face aux institutions et qu’elles n’affaiblissent en rien les possibilités de création déjà fragiles. Ainsi, nous pensons vivement nécessaire et souhaitable de maintenir en l’état les budgets des Arts de la Scène dans leur ensemble (et, pour le cas particulier du CAPT, à son niveau non-ajusté de 2011, soit 1.289.000 euros). Si les chiffres que communiquaient La Libre sont exacts, la somme nécessaire à ce maintien global, tous secteurs confondus, ne dépasserait pas 930.000 euros. Nous attirons également votre attention sur le fait qu’une telle décision politique, courageuse et progressiste, mériterait amplement à nos yeux d’être rendue pérenne, et que l’épithète, même technique, de « facultatif » devrait cesser d’être associé à la création. Il nous semble donc hautement recommandable de trouver le moyen d’assurer la protection de l’enveloppe consacrée à l’aide aux projets, et ce dans les trois secteurs que sont le théâtre, la danse et les musiques non classiques, comme cela a été rendu possible ces dernières années en ce qui concerne les conventions et contrats-programmes. Puisque vous nous proposez un débat de fond et que nous vous prenons au mot, nous plaidons, une fois pacifiée cette situation d’inquiètude profonde dans laquelle a été plongée l’entièreté du secteur à l’annonce de ces mesures, pour une nouvelle concertation générale du milieu et ce, dans les plus brefs délais. Aussi, pour la première fois depuis le début de notre militantisme accidentel, nous assumons d’expliciter une position intime et philosophique qui, nous en sommes convaincus, trouvera un écho chez vous au regard de vos différentes prises de positions personnelles et publiques sur la place de la culture au sein de la société.

L’art et la culture sont, au même titre que l’éducation, une obligation morale pour toute société. Que dire d’un monde qui ne se consacre qu’à des jeux financiers sans quête métaphysique, sans regard sur lui-même ? C’est par la réflexion et l’imagination qu’on résout une crise. C’est notamment grâce aux effets de la culture sur les esprits que des politiques de changement peuvent se réaliser. La crise que traverse l’Europe n’est pas seulement financière elle est, nous le voyons chaque jour, identitaire et idéologique. Nous pensons que l’art est un des moyens de traverser celle-ci, non par un repli de notre communauté sur elle-même, mais au contraire en oeuvrant à la différence, au débat et à la contradiction, en ouvrant à la créativité. Il n’y a pas de fatalité. D’autres pays, d’autres communautés voisines, ont pris à l’égard de l’art et de la culture des décisions qui ont abouti à un refinancement de l’ensemble du secteur. C’est un choix politique fort en temps de crise. C’est une façon de créer de l’espoir et pour en revenir au début de ce texte, de créer pragmatiquement de la richesse. Permettez nous encore, Monsieur le ministre président. Vous le savez, nous le savons, la culture - le théâtre, la musique, la danse - a une importance qui dépasse la question des chiffres, elle est notre meilleur ambassadeur et comme le disait André Malraux, elle est ce qui a fait que l’homme est – sans doute - autre chose qu’un accident de l’univers.


Vendredi 23 novembre 10:12

Chers amis,

suite à la rencontre avec le président du CAPT qui nous a présenté le point de vue du conseil, nous avons réalisé que la ministre n’avait pas révisé sa position exposée avant-hier dans son power point.

Nous avons déjà répondu à ces propositions : nous sommes contre et nous nous en sommes déjà expliqués.

La ministre ne nous a donc pas entendus.

Concernant le contenu des propositions, nous restons sur notre position. C’est-à-dire que dans tous les cas nous sommes contre une réduction du budget alloué à la création, à quelque niveau que ce soit.

Pour rappel, nous considérons que l’effort est déjà inscrit de longue date dans le financement du secteur, puisqu’aucune subvention n’a été indexée depuis plusieurs années.

Nous refusons de nous disperser dans des débats parallèles et de cautionner une méthodologie qui divisera le secteur.

Suite à cette rencontre nous nous réunissons et si la situation en reste là dans les prochains jours nous vous proposerons une nouvelle action.

Merci pour votre mobilisation, la lutte continue !

Stéphane Arcas, Issue du groupe Conseildead(Facebook)


Lundi 19 novembre 13:01

Comedien.be s’associe au mouvement de soutien à la jeune création et vous invite a signer la pétition relayée ci-dessous.

Les mesures d’austérité ne peuvent sacrifier en particulier une enveloppe qui était, par ailleurs, déjà trop maigre pour soutenir les jeunes compagnies. Cette mesure nous paraît inappropriée et injuste. Elle précarise encore davantage l’insertion professionnelle du secteur à laquelle nous sommes tant attachés sur ce site. La mobilisation doit prendre une ampleur sans précédent car c’est notre avenir de créateurs qui se joue dans ce combat. Faisons par ailleurs en sorte qu’elle dépasse sa dimension virtuelle grâce au rassemblement prévu ce mardi devant le cabinet de la Ministre.

https://www.lapetition.be/en-ligne/Soutien-a-la-lettre-des-beneficiaires-du-Capt-adressee-a-Madame-la-Ministre-de-la-Culture-Fadila-Laanan-12254.html

De plus, une manifestation est organisée pour le 20 novembre à 13.30, place Surlet de Chokier à Bruxelles (Madou) devant le cabinet de Madame Laanan.

L’équipe de Comedien.be


Texte de la pétition en circulation

Madame la Ministre,

Dans un article paru dans La Libre Belgique de ce 12 novembre, nous avons pris connaissance avec stupeur des nouvelles mesures d’austérité qui s’apprêtent à affecter le secteur culturel, et qui ciblent tout particulièrement les aides à la création dans le secteur des Arts de la Scène, en réduisant notamment de 45% le budget alloué à l’aide aux projets théâtraux. Celui-ci n’ayant de surcroît pas été indexé depuis l’année 2000.

En tant que porteurs de projets dépendant largement des ces aides, nous sommes profondément choqués par ces mesures dont les conséquences seront désastreuses pour l’emploi des acteurs les plus précaires du secteur : les artistes et travailleurs sous contrat à durée déterminée.

Le Conseil de l’Aide aux Projets Théâtraux soutient chaque année entre 30 et 40 projets. Ces aides représentent les seules ressources mises à la disposition directe des artistes et compagnies qui ne disposent pas d’un conventionnement, dont l’accès a par ailleurs été considérablement réduit ces dernières années. La situation est connue : face au gel des nouvelles conventions, le nombre de porteurs de projets dépendant des aides du CAPT ne cesse d’augmenter à mesure que de nouveaux créateurs sortent des écoles.

Dans ce contexte, les aides du CAPT représentent évidemment un maillon vital et indispensable de la chaîne de production du secteur théâtral, et ce pour une majorité croissante d’artistes. C’est d’autant plus vrai que l’octroi de l’aide au projet constitue désormais pour les créateurs un véritable ticket d’entrée dans les lieux de création, et est pratiquement devenu une condition sine qua non pour avoir accès à une quelconque coproduction.

Ces aides sont essentiellement consacrées à l’emploi artistique : entre 60 et 85% des aides allouées servent à payer les rémunérations du personnel artistique. Réduire ces aides, c’est réduire d’autant les perspectives d’emploi dans le secteur, à l’heure où les artistes sont précisément fragilisés par un durcissement des règles liées à leur régime de chômage.

Ces mesures à l’égard de la création sont à nos yeux particulièrement contre-productives et injustes. En regard des économies qu’elles permettent de réaliser, elles font peser un préjudice très lourd sur une frange déjà gravement précarisée du secteur, et elles envoient un signal très inquiétant en ce qui concerne la vision qu’elle sous-entend en termes de politiques culturelles.

Diminuer les ressources allouées à la création, c’est diminuer du même coup les possibilités de professionnalisation des créateurs et interprètes ; c’est rendre virtuellement impossible aux artistes d’exercer leur métier dans un cadre légal ; c’est licencier par anticipation les équipes artistiques et désigner implicitement l’ONEM comme premier pouvoir subsidiant du secteur de la culture ; c’est renier enfin de façon incompréhensible les orientations prises par les Etats Généraux de la Culture.

Cet accroissement de la précarisation de la pratique artistique ne pourra occasionner qu’une augmentation du bénévolat ou du travail au noir, qu’une diminution du nombre de productions, qu’un appauvrissement du renouvellement des esthétiques ainsi que du rayonnement artistique de notre Fédération à l’étranger comme sur son propre territoire. Cette mesure, combinée au gel de l’indexation des aides structurelles, aura immanquablement l’effet suivant : les projets des compagnies ne seront plus montrés dans les lieux de création ou, s’ils le sont, ce sera sans doute sans possibilité d’en rémunérer le travail de répétition.

Si les chiffres publiés par La Libre sont exacts, les sommes soustraites au budget du CAPT représentent à peine un demi pourcent du budget global des Arts de la Scène ; en revanche, elles comptent pour un tiers des efforts consentis à l’échelle du secteur. Nous trouvons inacceptable de faire peser le poids de la crise de manière aussi disproportionnée sur les créateurs.

Nous, signataires de la présente lettre, vous invitons à consulter les récits personnels de nos parcours dans l’institution, compilés à l’adresse suivante : conseildead.blogspot.com . Ils prouvent par les chiffres que l’attribution des montants octroyés par votre Ministère via le CAPT constitue de véritables aides à l’embauche pour ceux qui les perçoivent, opérantes et nécessaires. Nous exprimons également vivement notre désir d’entendre une prise de parole publique claire de votre part : ce à quoi nous consacrons notre temps, notre énergie et nos compétences, dans des conditions déjà extrêmement difficiles, n’a-t-il aucune valeur aux yeux des pouvoirs publics ?

Jointes aux soixante signatures des bénéficiaires d’aides à la création par l’intermédiaire du Capt depuis 2009, veuillez trouver la liste des organismes et des personnes (directeurs de structures, acteurs, techniciens, scénographes, metteurs en scène, auteurs, étudiants en art dramatique et spectateurs) qui ont souhaité soutenir notre démarche.

En conclusion, permettez-nous, Madame la Ministre, de vous demander avec force de ne pas appliquer cette mesure.

 

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