Simon Wauters

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Après R.W. (1er dialogue) créé en janvier 2010, [1] Pascal Crochet poursuit sa quête de l’œuvre de Robert Walser en un R.W. (2ème dialogue) [2] Simon Wauters, un des 4 « Robert » dans ce projet est enthousiaste : Ce qui me plaît surtout avec ces pièces, c’est qu’on démarre avec l’univers d’un auteur, l’univers d’un metteur en scène et qu’avec ce matériau, par dialogue, on pourra créer constamment l’univers qu’on mettra en place sur le plateau. Au début, on ne savait vraiment pas dans quelle direction cela irait ni comment cela se terminerait. Nous travaillons d’emblée sur le plateau en tâtonnant autour du texte et des émotions qui nous inspirent. Ce travail est extrêmement enrichissant. Personnellement, ça m’apporte beaucoup. Jamais, je n’avais travaillé comme cela et je trouve que je m’y épanouis.

Enfin, ce qui me plaît aussi, c’est que ça me permet de faire à côté des choses avec une forme plus conventionnelle, comme Le Malade Imaginaire joué en plein air. Je passe du rôle de Robert où je suis en permanence sur scène avec les 3 autres Robert à un plus petit rôle classique comme celui de Thomas Diafoirus.

Tu as lu Robert Walser ? Tout sûrement pas ! Mais j’en ai lu beaucoup.

C’était à la demande de Pascal Crochet ? Non, c’est peut-être suggéré déjà par le fait de son enthousiasme pour cet auteur trop peu connu à son goût, mais Pascal n’exige jamais rien C’est quelqu’un qui essaie, qui propose, alors que d’autres seraient plus gourous, plus dictateurs. RW c’est un univers très particulier : il y a des choses qui souvent se contredisent mais au fur et à mesure, par le dialogue avec Pascal, on arrive à déceler des rapports, des petites choses tout en finesse. RW a ce talent de s’intéresser aux petites choses qui sembleraient désuètes pour le commun des mortels. Les plus petites choses deviennent magnifiquement immenses. Dans le regard d’une femme, il verra l’univers entier. Des choses qu’il arrive à déceler ou qu’il imagine. Il voit la beauté partout mais avec une certaine inquiétude parce qu’il sent qu’il n’est pas parfaitement en accord avec le monde dans lequel il vit. Walser avait ce besoin indispensable d’écrire, cela se ressent dans son œuvre, sans qu’il n’y ait ni cris de douleurs, ni violence envers le monde. Dans notre travail de recherche, on peut faire une improvisation de 40 minutes… et tout à coup, il y a un tout petit geste, un petit détail … “Ah, ça on prend !“ Et on y arrive en hésitant, en se plantant aussi.

Que ressent le spectateur ? Je ne sais pas. C’est à la fois frustrant et une grande énigme pour moi parce que je n’ai pas une vue d’ensemble sur tout ce qui se passe sur le plateau. C’est très visuel. Ma grand-mère est venue et elle m’a dit avoir vu des choses que je n’avais jamais imaginées. Il y a des gens qui ont trouvé cela magnifique et donc il y a aussi un public pour des œuvres plus contemplatives, comme ce que Pascal propose.. En résumé dans RW1, on a 4 hommes qui se présentent comme « homme à tout faire » dans une maison de femmes. Sur le plateau, ce sont des images qui peuvent représenter toute la servilité d’un homme pour une femme avec toutes les variations possibles : 4 hommes qui servent 2 femmes [3] en toute humilité et qui y prennent un certain plaisir. Dans RW2, Robert part à la ville pour rencontrer des gens, toujours de manière très singulière, et puis, finalement, il ne se sent plus à l’aise, l’inquiétude monte et il a besoin de partir à la campagne pour voir le vert. On cherche encore, on tâtonne, on voit ce qui fonctionne. Que les choses ne soient jamais fixées, ça me plait. Savoir qu’on peut toujours aller voir plus loin, chercher plus de subtilité, plus de finesse, c’est quelque chose que je ne fais pas par instinct mais ça me fait du bien et je suis heureux de pouvoir participer à ce projet. Dans ce 2ème dialogue, on ne parle presque plus, malgré que le fait que c’est un auteur qui a beaucoup écrit !

Au total, on n’a pas voulu faire une grande lecture sur l’œuvre de RW, et pour en faire ressentir l’émotion, Pascal a privilégié l’aspect visuel avec nos corps qui bougent, sans que ce soit de la danse avec des ponctuations de textes de Walser … C’est une forme hybride qui me plaît.

Je vois que, dans le cadre de La Fureur de Lire tu vas lire à Jemappes 3 livres écrits et illustrés par Kitty Crowther : Annie du Lac – Moi et Rien – Scritch Scratch Dip Clapote  [4] Oui, j’aime beaucoup cette dessinatrice qui a récemment gagné le prestigieux Prix Astrid Lindgren – le Nobel de la littérature enfantine illustrée – et je suis très content de pouvoir faire cela. Mais avant Jemappes, je vais d’abord lire ces 3 livres au Marathon des Mots au Botanique, [5] alors que la veille, il y aura une promenade walsérienne dans les jardins du Bota [6] où je me retrouverai avec 2 de mes collègues du RW : Anna Cervinka [7] et François Delcambre.

D’autres projets cette année ? Pour les fêtes je serai dans TOC TOC de Laurent Baffie dans une mise en scène de Daniel Hanssens. [8] C’est du théâtre de boulevard, c’est très drôle, et c’est diamétralement opposé avec les RW. Je serai là avec Anna ; le hasard de la vie fait qu’on se retrouve sur des projets communs. Moi j’ai le TOC symétrique et Anna répète toujours deux fois ses phrases.

À part cela, j’aime beaucoup le théâtre de rue qui me permet de côtoyer les gens. Je suis administrateur de La Compagnie des Bonimenteurs, une compagnie namuroise qui présente différents spectacles. En mai dernier, pour fêter nos 10 ans on a présenté 4 spectacles comme : Le Kamishibaï ou Le Crazy Cinématographe. Ça c’est le projet à long terme. Et c’est très gai aussi parce que ça permet de ne pas rester confiné dans le milieu du théâtre.

Et ça paye comment ? Ce sont des contrats avec des organisateurs d’événements. Par exemple la confédération des communes du Condroz… Les organisateurs privés sont plus rares. C’est payé tout à fait raisonnablement à la compagnie selon le nombre d’heures prestées et cela nous permet de payer les comédiens. Je pense que si on faisait un mois de théâtre de rue avec les Bonimenteurs, on serait mieux payé que dans certains théâtres.

Tes grandes envies ? J’aurais envie de faire du théâtre international, de jouer avec des comédiens non francophones venant de pays différents et qui se mettraient ensemble autour d’un projet commun pour raconter une histoire. En fait, c’est ça qui me plait le plus : c’est de raconter des histoires ! Et puis faire des tournées, voir le monde, me frotter à des univers différents…

Interview recueillie par N.Pochez lors des ateliers-répétitions de R.W. 2ème dialogue

[1] sacré meilleur spectacle aux Prix de la Critique 2009-2010

[2] Création-production du Rideau de Bruxelles, du 23 septembre au 21 octobre, voir agenda demandezleprogramme.be

[3] Les Robert : François Delcambre, Thierry Lefèvre, Etienne Van der Belen et Simon Wauters. Les femmes : Anna Cervinka et Cécile Leburton

[4] à Jemappes, le 16 octobre à 14:00 h

[5] au Botanique (Salle rotonde) le dimanche 10 octobre à 14:30 h

[6] au Botanique (Jardin) le samedi 9 octobre à 15:00 h

[7] nominée comme espoir féminin pour RW1 au Prix de la Critique 2009-2010

[8] Du 26 novembre au 31 décembre 2010 au CC d’Auderghem, au CC d’Uccle et en tournée !

 

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