Rencontre avec Philippe Sireuil

Philippe Sireuil, un souffle nouveau pour le Théâtre de la place des Martyrs.

L’encre est encore humide sur le programme de la saison 2016-2017 du théâtre de la place des Martyrs. Un ours, emblème de force et d’énergie, symbolise le choix affirmé de servir un art « libre, ouvert et subjectif » par un « théâtre au pluriel ».

Après une longue pause en tant que directeur d’une structure artistique, quelles motivations vous ont poussé à reprendre la charge du Théâtre des Martyrs ?

J’ai contribué à la création du Théâtre Varia accompagné de Marcel Delval et Michel Dezoteux en 1981. J’ai quitté le Varia en 2000 après 18 années passées au sein de son comité directeur pour prendre la direction artistique de l’Atelier Théâtre Jean Vilar, invitation qui a tourné à l’aigre et à l’acide puisque j’ai été démis de mes fonctions deux ans plus tard. Donc depuis 2002, je n’avais plus de charge de direction d’entreprise théâtrale. Mais si vous remontez aux origines de mon trajet, vous vous apercevrez que j’ai toujours défendu l’idée que faire du théâtre, c’est aussi s’occuper de la gestion politique et de la gestion tout court et que je n’ai jamais envisagé mon métier de metteur en scène sans penser à l’endroit, aux bâtiments ou à l’équipe qui, à mes côtés, lui permettrait d’exister. J’ai toujours pensé que mon métier serait double. Et comme il est, me semble-t-il, bon qu’un hôpital soit dirigé par un médecin, il me semble bon qu’un théâtre soit dirigé par un homme - ou une femme bien évidemment - du plateau.

Quand il est advenu que Daniel Scahaise quitterait la direction du Théâtre de la place des Martyrs, beaucoup de rumeurs ont circulé qui m’ont inquiété et qui m’ont conduit à poser ma candidature. Je suis par ailleurs compagnon de ce théâtre depuis 8 années au travers de « La Servante ». J’ai été invité par Daniel, quand après quelques années d’errance, suite à mon départ de Louvain-la-Neuve, j’avais recréé une structure qui n’avait pas de lieu. Après quelques hésitations, je me suis dit que ce serait bien de poursuivre le geste de mon prédécesseur en le modifiant bien sûr au travers de ma sensibilité, de mes goûts, et des objectifs que je m’assigne, mais aussi pour préserver au centre de Bruxelles un espace de création.

Votre impulsion est-elle de suivre le mouvement artistique de Daniel Scahaise ? Vous avez des points communs : le dialogue avec le public, une forme de théâtre engagé…

La vie, c’est le mouvement. Je me glisse dans le geste artistique de Daniel Scahaise mais, au travers de ce que je suis, je lui donnerai une direction nouvelle. Les goûts et les couleurs appartiennent à chacun et j’ai d’autres sensibilités artistiques que Daniel.

Dans mon « grand oral » qui a conduit à ce que je sois choisi le 29 septembre dernier, j’avais déclaré que je ne venais pas ici pour révolutionner le théâtre mais pour le réformer en profondeur. C’est de cela qu’il s’agit. C’est d’ouvrir le théâtre, comme chaque directeur le fait, en fonction de sa propre image. Je dis souvent que c’est sa propre pathologie que l’on met en scène. Il faut le savoir et il faut s’apprêter à partir dès l’instant où l’on entre en fonction.

Je suis ici pour exercer un mandat que je me suis fixé à 5 saisons de telle façon à faire bouger les lignes - je n’ose pas trop employer l’expression parce qu’elle est teintée de la coloration quelque peu amère de l’actualité - à modifier les axes programmatiques, les invitations à des artistes qui n’ont jamais travaillé ici, à remettre l’artiste au centre - de nouveau une expression fortement galvaudée mais qui a sa part d’importance et de vérité - et à donner une impulsion que j’espère productive pour demain. Je me considère comme un passeur entre le temps qui n’est déjà plus - celui de Daniel - et le temps qui viendra après moi. Je voudrais simplement redonner à ce théâtre une visibilité plus grande, un punch plus évident qui sont des éléments qui s’affaissent avec le temps. (...)

Dans la nouvelle programmation, on remarque des auteurs que vous affectionnez, entre autres un hommage à Jean Louvet, des textes de Koltès, de Jean-Marie Piemme… C’est un choix d’ancrer la création dans l’actualité ?

Je n’aime pas le terme programmation. Disons que j’ai invité autour de moi un certain nombre d’artistes et j’ai discuté avec eux de l’opportunité de tel ou tel texte. En tant que directeur artistique, je leur ai proposé de s’impliquer dans les propositions qu’ils viennent faire. Le Théâtre des Martyrs n’est pas un théâtre d’accueil, c’est avant tout un théâtre de production et de création. Qu’il y ait pour des raisons d’équilibre budgétaire ou autres, des accueils, cela va de soi… Mais l’essentiel de ma mission, ce n’est pas cela. Regardez le titre de la saison, qui est le titre du théâtre, « Un théâtre pluriel », qui veut bien dire ce qu’il veut dire : c’est un théâtre des artistes, des publics et c’est un théâtre où, en tant que metteur en scène, je laisse la place aux autres. La saison prochaine, il n’y aura qu’un seul spectacle signé par moi - « Voyage au bout de la nuit », qui de plus est une reprise. (...)

Il y a toujours des effets de résonance entre le travail artistique et la cité, la société dans laquelle ces projets s’inscrivent mais, je l’ai souvent dit, je ne me sens pas le dépositaire d’une fonction messianique. Je suis metteur en scène - de plus directeur de théâtre aujourd’hui - et la programmation cherche à être le reflet de mes préoccupations en tant que citoyen.

Christine Delmotte adapte une écrivaine turque, Elif Shafak… À côté de cela, il y aura une soirée musicale où seront réunis Jean-Philippe Collard-Neven, pianiste, et un grand spécialiste marocain du oud, Nasser Houari, pour donner à entendre la mixité des cultures et les influences relatives des unes sur les autres. Mais je ne le fais pas pour enchaîner sur le discours ambiant de la nécessaire diversité ou de la tolérance, même s’il faut ouvrir sur la ville.

J’accueille aussi deux projets de jeunes metteurs en scène. L’un, François Sauveur, est acteur et musicien, fils du premier médecin en Belgique à pratiquer l’euthanasie ; l’autre, Axel Cornil, est écrivain et auteur de la pièce « Du béton dans les plumes », une recherche identitaire sur sa famille wallonne. Ce sont des sujets sociétaux importants… Je ne fais que leur offrir la scène mais je revendique pleinement les choix que j’ai pu faire. La saison est à mon image. Et c’est une saison sans intégrisme programmatique, il faut le souligner.

Le Théâtre des Martyrs a souvent été identifié comme un théâtre de répertoire, engagé socialement. Moi, c’est un théâtre tout court comme disait Jean Vilar, avec des incursions dans le théâtre dit classique et des incursions dans ce qui s’écrit aujourd’hui, comme le texte de Stéphanie Blanchoud par exemple, cette actrice chanteuse qui a écrit un récit de renaissance d’une femme amoureuse au travers du combat de boxe au sens concret du terme, puisqu’elle décide de se reconstituer par la boxe. C’est une carte blanche. On a fait confiance à quelqu’un qui me parait avoir en elle de quoi offrir un spectacle qui ne laissera pas indifférent. J’essaye d’ouvrir, de casser un peu les codes.

Le début de saison est ponctué de quatre spectacles emblématiques de ce que je souhaite : « Les femmes savantes » de Molière, un des classiques les plus classiques mais mis en scène par Frédéric Dussenne au travers d’un projet de coproduction qui lui donne la possibilité de travailler à la fois avec le noyau du Théâtre en Liberté et de distribuer de nouveaux acteurs. On accueille en alternance un Koltès, « Combat de nègres et chiens » mis en scène par un Thibault Wenger. Dans la petite salle, « L’ami des belges » de Jean-Marie Piemme avec Fabrice Schillaci et enfin, les trois premiers chapitres d’ « À la recherche du temps perdu » de Proust dit par Michel Voïta, un acteur fantastique avec qui j’ai travaillé en Suisse et que j’ai invité. Dans ces quatre textes, il y a la constellation du rapport le plus intime que j’ai avec le théâtre.

Nous avons aussi le projet de collaborer avec le Théâtre de la Montagne Magique situé à 300 mètres de chez nous et consacré à l’enfance et à la jeunesse. Les deux théâtres s’étaient toujours regardés en chiens de faïence. Nous nous sommes rencontrés avec la jeune femme qui a repris la direction du théâtre et nous allons faire un focus autour d’Agnès Limbos qui fait du théâtre d’objets pour lequel j’ai un grand intérêt. C’est une façon d’aérer, de ventiler, de redonner du sens et de l’appétit… (...)



Vous faites souvent appel aux mêmes comédiens. Qu’attendez-vous d’un comédien ? Sur quels critères sont-ils choisis ?

Est-ce qu’on choisit les acteurs ? Je n’en suis pas sûr… Il y a des acteurs qui viennent à vous et il parait évident que vous devez travailler avec eux. En même temps… oui, j’ai des fidélités. (...) Mais je me méfie en même temps des familles et des clans. Si vous regardez les distributions que j’ai composées, il y a toujours des noms connus et des noms inconnus. Pour le dernier spectacle en date que je viens de faire à Bruxelles aux Martyrs, « Des mondes meilleurs » de Paul Pourveur, dans une distribution de 10 personnes il y avait 2 personnes avec lesquelles j’avais déjà travaillé, les 8 autres étaient de nouvelles rencontres.

La vie, c’est le mouvement, et quand on veut rester vivant - parce que je ne suis pas jeune, j’ai 63 balais - on a intérêt à être sur le qui-vive, dans un effet de curiosité. Alors oui, j’invite des acteurs et des actrices à travailler avec moi mais je ne m’en sens jamais prisonnier. C’est un métier curieux que celui de théâtre si on y songe. Le metteur en scène est au centre d’un collectif et c’est un métier d’une solitude absolue. C’est un métier qui implique des restrictions sur le plan de la création puisque vous ne travaillez pas avec du matériau mais avec du vivant. Quand on parle de « manipulation de l’acteur », cela me fait sourire parce que le rapport que l’on peut entretenir avec un acteur n’est pas un rapport de pouvoir mais un rapport de découverte, de curiosité, d’apprentissage. C’est un métier qui implique le sens du dialogue et en même temps comme l’écrivait Chéreau, le travail artistique n’a rien à voir avec l’esprit démocratique… Il y a dans le geste artistique quelque chose d’irrésolu et qui est l’émergence profonde du sujet qui commet le geste. Avec les acteurs il en est de même. (...)

Il y a dans le programme un très bel hommage à Jean Louvet. Il y a une raison particulière ?

Une chose toute bête ! J’ai été heurté par le décès brutal de Jean Louvet il y a quelques mois et encore plus blessé par la manière dont on a parlé de lui. L’article nécrologique du Soir a parlé de lui comme étant le chantre de la Wallonie et il l’était ! C’était un homme politiquement engagé. Mais réduire Jean Louvet à son engagement politique me paraissait un polissage de son image comme on en faisait au temps de Staline pour évincer quelqu’un de l’image qui ne plaisait pas. Je veux dire qu’on n’a pas rendu grâce à l’écrivain qu’il était. (...)

En prenant les commandes d’un théâtre, j’avais envie d’aller vers lui, vers ses textes. Entendons-nous ! Je ne monte pas ce projet tout seul. Je le monte avec le Magasin d’écriture théâtrale, j’ai le soutien de la SACD, du Centre des écritures dramatiques wallonnes, d’Alternatives théâtrales. Nous allons en faire un projet commun. Le projet n’est pas défini : il y a un écrivain… Jean Louvet ; il y a un sous-titre... « Poètes des papiers » probablement. C’est emblématique pour chercher, comme l’écrivait Brecht, à élargir le cercle des connaisseurs car je pense que Louvet est une figure littéraire importante mais avec plus de force en Wallonie qu’à Bruxelles. Nous sommes « dans l’air du temps » aussi, puisque j’ai appris que Jean-Michel qui dirige le Théâtre de l’Ancre a un projet autour de Jean Louvet qui s’appelle « Amnésia »… notre pays étant amnésique ! Et la cruauté de l’actualité nous le laisse entendre tous les jours… C’est avant tout un acte de bienveillance et de convivialité, je ne peux pas dire mieux. Ce qui n’empêche pas le débat critique, l’affirmation des points de vue, la subjectivité. Je ne suis pas ici dans un projet œcuménique. C’est un projet, le mien. Il peut y en avoir d’autres à côté…

Comment cela se passe-t-il avec des auteurs ? Je pense à votre collaboration avec Paul Emond, à qui vous avez demandé d’entrer dans l’écriture théâtrale. L’auteur participe-t-il à la genèse du spectacle ?

Je passe commande. Et j’ai passé commande à Paul. Il est venu au théâtre à travers moi. Tout comme j’ai passé commande à Louvet, à Piemme, à Pourveur. Je passe commande mais je n’instrumentalise pas l’écriture. Ils écrivent ce qu’ils veulent. Après je décide de monter ou pas.... Et quand je monte, je reste « intervenant » sur le sens de l’écriture mais je n’écris pas un mot. Je les invite… mais ils ne viennent pas forcément. Avec Paul Pourveur sur « Des mondes meilleurs », il y eu 7 versions du texte, ni plus ni moins que pour un scénario de film…

La collaboration se poursuit-elle sur le plateau ? Paul Emond, par exemple, a dit qu’il avait appris l’écriture dramatique au contact des comédiens…

Je pense que pour un écrivain de théâtre, il est essentiel d’être au centre du théâtre. Il y a des écrivains qui procèdent autrement. Voyez aujourd’hui ce qu’on appelle les écrivains metteurs en scène qui, à la suite de Joël Pommerat, passent constamment d’un métier à l’autre. Il y a une continuité dialectique constante entre le premier geste artistique qui est l’écriture et le deuxième geste qui est la mise en scène. Je pense que les deux se « polluent » l’un l’autre, se rencontrent. Quand on est comme moi - et qu’on le revendique d’ailleurs - « uniquement metteur en scène », quand je travaille avec un écrivain à qui j’ai passé commande, j’entends avoir le même type de comportement. Jusqu’à présent, je n’ai jamais essuyé un refus de la part d’un écrivain de modifier telle ou telle chose. Cela se passe de manière organique, on n’y pense même pas. L’écriture a besoin de l’oralité. (...)

Votre esthétique est souvent picturale. Votre intérêt pour les éclairages est connu… Est-ce une exigence du désir de fusion entre la réalité que l’on veut montrer et une recherche esthétique ?

J’ai toujours l’impression qu’il y a un malentendu sur ce que je suis. On me prend pour un metteur en scène intello alors que je suis instinctif. L’instinct est déterminant. Je suis toujours frappé de cette question. Je n’arrive pas à savoir si l’esthétique me détermine ou si c’est moi qui détermine l’esthétique. Henri Alekan, le grand chef opérateur, disait une chose toute simple : « Pour qu’il y ait de la lumière, il faut qu’il y ait de l’ombre. ». Cette phrase m’avait beaucoup parlé. D’où les clairs-obscurs dans lesquels j’ai souvent baigné les spectacles que j’ai éclairés. Le premier groupe que j’avais créé s’appelait le Théâtre du Crépuscule. J’aime beaucoup cette heure-là, quand les contours ne sont pas tout à fait nets, l’aube ou le crépuscule du soir… J’ai toujours eu une passion pour cette lumière qui favorise l’écoute ou la distrait, la perturbe. La lumière donne des sensations. Dans le réel de tous les jours, vous ne vivez pas de la même façon votre rue sous la pluie ou sous le soleil.

C’est vrai que je n’ai jamais pu déléguer la lumière. (...) C’est quelque chose d’ontologique. Quand je commence à travailler en répétition, en improvisation avec les acteurs, j’ai déjà des idées derrière la tête, des sensations, et très vite, j’organise la manière dont je vais travailler en pensant à la lumière, et soit elle dément mon premier travail, soit elle vient l’affirmer. C’est aussi une manière pour moi d’être au contact de l’ensemble d’une équipe car monter un spectacle, c’est aussi travailler avec les techniciens. Quand je travaille, je suis 18 heures sur le plateau, je fais le travail avec les techniciens d’un côté et le travail avec les acteurs de l’autre. J’aime cette tension-là.

L’esthétique… tout est esthétique. Pour moi le théâtre n’existe qu’à partir du moment où il est une médiation poétique du réel. Je dis poétique faute de mieux, je ne veux pas dire « joli », « beau », mais un geste qui fait que l’on bascule ailleurs, qui permet d’être à la fois proche du sujet et dans l’éloignement. C’est Antoine Vitez qui disait que le théâtre ne peut exister que dans l’éloignement par rapport au sujet qu’il traite. En ce sens, il était à l’opposé de que j’appelle de manière un peu péjorative le théâtre journalistique alors même qu’il montait les minutes du procès de la veuve de Mao Tse-tung. Donc nous ne sommes jamais à une contradiction près. Pour moi, je préfère créer de la distance avec le spectateur, non parce que je me méfie de lui mais pour lui donner à écouter, à regarder sans l’impliquer, de façon à lui laisser son libre arbitre. (...)

Vos choix de textes sont aussi précis, il y a des écritures qui vous parlent plus que d’autres. En fonction de quels critères opérez-vous des choix ?

J’aime les écritures qui ont du sens mais aussi de la matière, de la musique, de la corporalité. J’aime les écritures de la prolixité. J’aime Jean-Luc Lagarce, j’aime Koltès, j’aime Claudel pour prendre ces trois-là parce que ce sont des écritures du « plein ». J’aime le fouillis de la langue… La langue est un moyen d’introspection fabuleux. C’est l’écriture qui articule la pensée, ce n’est pas la pensée qui articule l’écriture. C’est quand on écrit que les hypothèses que l’on a, les idées, les sensations, les émotions se constituent en pensées, que quelque chose s’organise. (...)

Lorsque vous parlez d’ouvrir le Théâtre des Martyrs sur la ville, qu’entendez-vous par là ?

Ouvrir le théâtre, c’est déjà ouvrir sa programmation, ne pas cantonner l’écriture contemporaine à la petite salle mais lui ouvrir aussi la grande salle. C’est organiser des soirées musicales avec un musicien prodigieux qui est Jean-Philippe Collard-Neven qui sera programmateur et interprète - de nouveau, c’est l’artiste qui définit son projet. C’est d’aller en direction du Théâtre de la Montagne Magique, d’artistes qui ne sont jamais venus ici, en direction de cette librairie qu’on appelle « Quartiers latins » qui est au n°14 de la place des Martyrs et avec laquelle il y a eu par le passé des synergies qui sont tombées à vau-l’eau, c’est être attentif aux gens vu la pauvreté dans laquelle nous sommes (...). C’est encore tenter de créer des passerelles. C’est reformuler la politique de communication. L’image de la saison est un ours, griffu et poilu, pour donner du corps et de la vitalité ! C’est aussi changer les heures d’ouvertures, de représentations, pas au travers d’un projet révolutionnaire mais réformiste…

Le théâtre a une grande salle de 366 places et une petite salle de 74 places. Il est magnifiquement situé dans une place malheureusement un peu enclavée. Il s’agit de trouver comment être plus proactif, de faire en sorte que la ville qui revendique son piétonnier n’oublie pas qu’il y en a déjà un, qui est la place des Martyrs. De travailler avec les collègues que j’ai rencontré un par un pour réfléchir en tant qu’acteurs culturels à l’affirmation d’un projet pour la ville. Nous sommes très balkanisés en la matière. Le 22 mars, nous avons décidé de laisser le théâtre ouvert mais j’ai téléphoné à mes collègues pour savoir ce que les autres faisaient et j’apprends que Schaerbeek interdit à la Balsamine d’ouvrir ses portes alors qu’Etterbeek permet à l’Atelier 210 de jouer… C’est cela la déliquescence gangrenée de la Belgique et de l’état belge… Petitement, si je pouvais contribuer à la vitalité artistique de Bruxelles, je serais heureux. Malheureusement, la valeur du capital symbolique et totalement niée…

Propos recueillis par Palmina Di Meo
Interview réalisée le 7 avril 2016 au Théâtre des Martyrs.

Retrouvez l’interview complète en PDF

 

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