Raggedy Zirkus

PDF - 832.2 ko

M’égarant une nouvelle fois hors des sentiers théâtraux, j’ai fait la rencontre du Raggedy Zirkus, groupe hennuyer fraîchement monté à la capitale. Découvrez leur premier album et l’étrange histoire du Raggedy Zirkus...

Quels ont été vos premiers pas dans la musique et comment est né ce projet ?

Neil Elliott : Pour ma part, je les ai faits sous ma douche ! (rires) Plus sérieusement, j’ai voulu commencer la guitare mais les cours en académie ne me convenait pas, donc j’y suis revenu plus tard, en autodidacte. J’ai commencé en reprenant des musiques qui me plaisaient et puis peu à peu j’ai composé moi-même mes propres instrumentaux. Au niveau des influences, elles sont très variées : que ce soit le R’n’B, la soul ou encore le jazz et avec des artistes comme Tom Waits ou Damien Rice, en passant par beaucoup d’autres… Je stagnais un peu sans savoir comment exploiter mes compositions et les faire évoluer. J’avais beaucoup de mal notamment à composer la mélodie des voix et c’est là que Cindya est entrée en scène…

Cindya Izzarelli : Au départ j’étais plutôt une chanteuse de douche, moi aussi ! J’ai toujours bien aimé chanter, j’ai toujours eu l’oreille musicale mais je n’ai jamais vraiment suivi de cours. On s’est rencontrés durant nos études en traduction et on a fréquenté tous les deux la scène Slam de Mons. Ça a commencé il y a un an et demi, on a enregistré quelques reprises guitare-voix pour le fun et puis on a essayé de faire se rencontrer les textes que j’avais écrits pour le slam avec ses compositions. On a aimé ce que ça a donné et puis de fil en aiguille l’idée d’un projet plus grand, plus concept est née et on est partis dans la grande aventure du Raggedy Zirkus…

Un projet que vous vouliez pluridisciplinaire…

C. I. Oui, le défi de départ était de produire un lot de chansons à l’univers homogène qui parlerait toutes de la même histoire… mais sans tomber dans la comédie musicale non plus. On ne voulait pas que ça raconte à proprement parler mais plutôt que ça esquisse un univers, une atmosphère. Toutefois pour donner une cohérence, une base solide, on voulait une histoire de laquelle s’inspirer et c’est comme ça que j’ai décidé d’écrire un roman que Neil illustre. Il ne s’agit donc pas du tout de redire la même chose, une fois en roman, une autre en musique. C’est vraiment un projet total, qui mêle les disciplines : musique, poésie, narration et illustration. Le roman est encore en cours d’écriture mais on aimerait qu’au final le roman et l’album s’articulent comme les deux noyaux d’un même projet.

N. E. On a créé peu à peu les personnages du Raggedy Zirkus. Ce qui nous a aidés aussi ce sont les costumes confectionnés par Gaëlle Souflet ainsi que le travail de Lance Rothstein, notre photographe. On a voulu faire des passerelles aussi avec ces disciplines-là, qui font partie intégrante du projet, même si ce n’est pas nous qui les exécutons.

C. I. Ça a été notre chance : avoir des personnes qui nous ont offert un visuel fort dès le départ. Ce qui était plus qu’à propos car on s’ancre dans un univers très baroque, très romanesque, très coloré…

L’univers du Raggedy Zirkus que l’on découvre au fur et à mesure de l’album…

C. I. En deux mots, nous nous présentons comme ce qu’il reste du Raggedy Zirkus qui est une troupe de cirque, un peu dégénérée, un peu déglinguée, dans un univers post-apocalyptique, avec des êtres étranges aux pouvoirs surnaturels. On est entre le réalisme magique et l’inquiétante étrangeté. Le postulat de base est que l’univers dans lequel on est n’est pas tout à fait normal, sans jamais vraiment l’expliquer. On suit les pérégrinations de ces personnages qui ont tous un ou deux squelettes dans leur placard.

Pour le roman a fortiori mais également pour l’album, on sent une forte place du littéraire dans ce projet. Y a-t-il des courants ou des auteurs qui vous ont particulièrement influencés ?

C. I. Pour moi, c’est surtout le domaine du fantastique en général, des classiques aux plus récents, de Maupassant et Poe à J.K. Rowling, malgré tout ce qu’on peut dire, elle a créé un univers à part. Ou encore Stephen King. Je sais qu’ils sont souvent considérés comme mineurs mais pour moi ils restent des maîtres car ils arrivent à créer un univers, un personnage en quelques pages voire en quelques lignes. Ce sont de véritables conteurs modernes…

N. E. Pour moi, c’est plutôt tout ce qui est réalisme magique, Garcia Marquez et Cent ans de solitude ou plus récemment Le cœur cousu de Carole Martinez.

Et au niveau des influences musicales…

N. E. Tout ce qui est soul, vieux R’n’B, soul, j’ai déjà dit. J’avais oublié la bossa nova également ! Je voulais aller chercher dans ces accords-là. Il y a également l’influence de groupes comme Cocorosie, Black & White Skins, Anthony and the Johnsons ou encore dans le hiphop, Buck 65, qui est un canadien trop peu connu mais qui écrit des textes magnifiques.

C. I. Moi j’ai été élevée à la chanson française : Brassens, Bashung… Il y a un minimalisme puissant que j’aimerais pouvoir recréer…

Tant au niveau littéraire que musicale, les influences sont vraiment très différentes et cela se ressent très fort dans l’album…

C. I. C’est vrai qu’on va explorer un peu tout. On passe du folk au cabaret, en passant par la chanson traditionnelle andalouse. Il y a à la fois du slam, du spoken word, du chant…

N. E.…dans plusieurs langues : anglais, français, espagnol et sicilien…

C. I. Le mélange des langues est quelque chose d’assez récurrent chez nous. Que ce soit par nos études en traduction ou du fait qu’on vient tous les deux de familles bilingues.

N. E. On avait envie d’explorer quelque chose qui se faisait moins, de nous permettre de créer un album qui ne tourne pas en rond…

Mais malgré ce côté un peu « éclaté », on retrouve tout de même une cohérence à l’écoute de l’album…

C. I. C’était l’intérêt du fil rouge, d’avoir cet univers fort qui tient le tout ensemble. On pouvait changer de style à chaque chanson tout en gardant une homogénéité tout au long de l’album. Et pourtant ce lien, on ne le voulait pas non plus trop explicite, trop clair. On ne voulait pas une histoire racontée en chanson, en tableaux.

N. E. Nous on a l’histoire en tête mais elle n’est pas livrée de A à Z à l’auditeur de l’album ou au spectateur du concert. Cela se joue plus au niveau de l’atmosphère.

C. I. On conçoit vraiment ça comme un concert-spectacle… qui commence d’ailleurs par un boniment. On arrive sur scène tels des forains, avec nos valises, pleines de bric et de broc. Il y a vraiment une part de jeu importante. On ne joue pas tous les personnages mais Neil incarne plutôt celui du gitan tandis que je figure un peu les différents personnages féminins de la troupe mais je suis surtout la conteuse, la narratrice de l’histoire tragique du Raggedy Zirkus.

Vous êtes sur un label tout jeune, Earphones

N. E. Il a été créé par la chanteuse Hanoah. Son but est de soutenir les jeunes artistes et leur création. C’est un petit label très jeune, avec un tout petit budget mais qui s’investit beaucoup.

C. I. Cela comprend la création de l’album, de l’enregistrement à la production, un showcase, un clip, un shooting photo, etc. On nous fournit tout un matériel de promotion et de diffusion. Ça fonctionne en asbl, tous les gains vont à moitié pour les artistes et à moitié au label qui le réinvestit dans d’autres projets, que ce soit d’autres groupes ou les albums suivants des groupes déjà signés…

Interview réalisée le 5 janvier 2011 par Emmanuelle Lê Thanh

Raggedy Zirkus est à découvrir via leur site ou leur Myspace et leur album est à écouter sur Bandcamp.

Crédit photos : Lance Rothstein.

 

Me connecter

Pas encore membre ?
INSCRIVEZ-VOUS


Recherche rapide


Plus de critères »

A découvrir

SQL: SELECT * FROM t_banners WHERE circuit = 'home' AND emplacement = '1'ORDER BY position
SQL: SELECT * FROM t_banners WHERE circuit = 'home' AND emplacement = '2'ORDER BY position

Newsletter

Pour être tenu au courant de nos activités, laissez-nous votre email !