Pierre Pigeolet

Très employé par les Galeries depuis le début de ta carrière, tu es aussi un des habitués du Festival Bruxellons .

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Or cet été, tu vas tourner dans les plus beaux châteaux avec La Jalousie de Sacha Guitry. C’est le 35ème été de Théâtre au Château organisé par le Théâtre Royal des Galeries, mais cette tournée vous emmènera pour 3 soirs au Château du Karreveld où se déroulera le 11éme Festival Bruxellons

Que penses-tu de cette “appartenance” à ces deux familles ?

Je m’étonne toujours d’entendre parler de “familles”, ce qui donne au petit milieu théâtral belge un air de mafia, de rivalité, de "Capulet" contre "Montaigu". C’est dommage. Quand nous avons fait Ladies Night sous l’égide de Daniel Hanssens, certains journalistes s’étonnaient et saluaient l’éclectisme de notre distribution. Comme s’il était surprenant de me voir partager l’affiche avec l’infâme Georges Lini (que je déteste ☺).

C’est de bonne guerre ! En me documentant pour cette interview j’ai trouvé que – sur sa page Facebook – il posait cette question : Faut-il euthanasier Pierre Pigeolet, dit Pijols ? ☺☺☺

Non je blague, on s’adore ! Plus sérieusement, pour répondre à ta question, il n’y a que de la logique là-dedans. J’ai eu la chance, dès ma sortie du Conservatoire en 1991, d’intégrer l’équipe du Théâtre des Galeries grâce à Jean-Pierre Rey, son directeur et André Debaar, mon professeur. J’ai fait confiance à ces deux hommes que je respecte énormément et qui m’ont pris la main et emmené dans une structure, un état d’esprit, un répertoire et une manière de travailler et d’aborder la scène qui me convenait parfaitement. J’ai été, pour moi, à la meilleure école qui soit et qui m’a permis de côtoyer des monstres de talents comme Jean Hayet, (l’ineffable Madame Chapeau) Martine Willequet ou Pascal Racan. Et dans ce public des Galeries, il y avait depuis des années, deux assidus : Olivier Moerens et Jack Cooper. Depuis 2009 Bulles Productions et associé à Argan42 [1] pour ce Festival estival au château du Karreveld ! [2] Ce n’est donc que de la continuité quand ces deux-là, en créant leur Festival, ont invité la Tournée des Châteaux du Théâtre des Galeries. Il n’y a donc pas deux familles distinctes mais bien un seul et même état d’esprit.

Ce n’est pas ta première ”Tournée des Châteaux”. Comment cela se passe t-il pour les comédiens que vous êtes ?

Ce n’est que du bonheur, des vacances très agréables mêlant notre plaisir de jouer dans des endroits fabuleux, des rencontres sympathiques avec un public et des organisateurs enthousiastes et motivés. Nous arrivons après que l’équipe technique a installé la scène et nos loges. Et je voudrais leur tirer mon chapeau pour leur travail. Nous sommes reçus très gentiment par les organisateurs qui nous invitent à leur table, nous enfilons nos costumes, jouons, partageons un ou mille verres avec le public à l’issue de la représentation et nous nous retrouvons dès le lendemain pour de nouvelles aventures. Elle est pas belle, la vie ? C’est pourquoi, il faut une équipe soudée et des comédiens tous terrains pour ce genre d’exercice. Car les entrées en scène changent d’un jour à l’autre et nous pouvons jouer autant dans l’écrin de la cour d’un château qu’à tous vents dans celle d’une énorme ferme. Nous nous amusons très très fort et avec notre directeur David Michels, avec nous, nous sommes fiers, non seulement d’être les ambassadeurs des Galeries, mais aussi cette année d’apporter les mots de Guitry aux quatre coins du pays. C’est brillant, pétillant d’humour, gentiment cynique, et composé avec des mots d’auteurs d’une grande drôlerie d’où ne sont pas absentes d’intelligentes réflexions amusées sur les sujets qui plaisent tant à Guitry : les femmes, la société, l’infidélité...

Peux-tu nous parler de La Jalousie ? Ton rôle dans la pièce ? Comment se passent les répétitions ?

Le personnage que joue Michel Poncelet s’inquiète du retard à la maison de son épouse, (Cécile Florin). Lui-même, rentrant plus tard qu’à l’accoutumée pour des raisons, dirons-nous galantes, commence à mettre en doute la fidélité de sa femme et soupçonne un ami de la famille, Marcellin Lézignan (très chouette nom), écrivain macho et séducteur (moi-même) d’être le danger. C’est alors que la secrétaire de Lézignan (Laure Godisiabois), entre en scène et échafaude un plan machiavélique pour se débarrasser de la mère de l’épouse (Jacqueline Paquay) en s’associant avec un détective nain, muet et aveugle (Bernard Lefrancq) et en construisant un aéronef pour rejoindre son cousin norvégien (Bernard Menez) qui vit en ermite près des Grottes de Nay. Bref, comme tu t’en doutes, et avec une telle équipe, les répétitions, avec David Michels à la mise en scène, se passent le mieux du monde et nous avons hâte de démarrer.

Tu as quelques mises en scène à ton actif. Était-ce à la demande d’autres, ou un désir de ta part de t’y essayer ?

La première mise en scène que j’ai faite était pour le café-théâtre de Marion, au Botanique, pour une courte pièce complètement débile que j’avais écrite sous l’impulsion de Marie-Hélène Remacle et Michel Hinderyckx et qui s’appelait “René ?” . C’était merveilleux et tellement débile que tous nos amis nous ont aidés, que ce soit Pascal Racan ou Georges Pirlet dans une bande-son interminable, Marc de Roy en voix on, en passant par Didier Colfs qui n’était qu’une tête sur un meuble ! Tant et si bien que finalement ils étaient 2 et demi en scène et une dizaine en coulisses. Un délire que j’ai retrouvé deux années plus tard quand nous nous sommes lancé dans l’aventure de “Il Reste Encore de la Salade ?” conte de fée absurde joué aux Tréteaux de Bruxelles. Que des amis, que du bonheur. Magali Pinglaut, Jean-Paul Clerbois, Marie-Hélène Remacle, Isabelle De Beir, Pierre Hardy, Nathalie Hanin, Michel Hinderyckx, Patrick Simons....et à la régie, Damien Gillard, Maria del Rio à l’assistanat lumières, Marc De Roy en chef des choeurs, Coralie Pastor, mon assistante, Christian Guilmin en créateur costumes et Manu Mafféi en chef des Prots... Bref, je n’étais que le metteur en scène d’une équipe fabuleuse. Ce qui me plaisait surtout, c’était de pouvoir les motiver encore plus car il n’y a rien de plus important pour moi qu’un bonne ambiance sur un plateau. C’est primordial, les gens le sentent. Et puis, on m’a proposé dans ma ville de Wavre de mettre en scène “Le Jeu de Jean et Alice” (vidéo : le making of), LE spectacle par excellence réunissant près de 5OO habitants, un spectacle total, formidable et incomparablement humain et puis.... “Cyrano de Bergerac” au Château du Karreveld, avec Bulles Production. Rien à dire. Mon plus beau souvenir. Être aux côtés de Jasmina Douieb pour l’aider à mettre en scène. Avoir une équipe artistique incomparable et pleurer de bonheur en ayant devant soi Philippe Résimont en Cyrano... J’en ai encore des frissons. C’est pourquoi, fort de toutes ces rencontres et de ces émotions, je suis on ne peut plus fier que David Michels me fasse confiance et me propose la mise en scène de “Un Beau Salaud”, en ouverture de saison, au Théâtre des Galeries. Tu imagines ? Une bonne pièce, une équipe de rêve [3] –des "bêtes" comme on dit – et tout ça dans ce théâtre mythique ?

On a déjà pu lire, dans l’interview que j’ai faite de Michel Hinderyckx, que tu avais coécrit “Trois Petits Cochons” et “Hamster”. As-tu encore d’autres projets d’écriture ?

C’est vrai, je l’avoue, nous sommes coupables, Michel, Nicolas Dubois et moi d’avoir écrit ces deux pièces ☺. Non seulement je suis fier de l’avoir fait, mais sans hésiter, je le referais. Nous nous sommes trouvés, tous les trois. Je les adore. Notre humour est complémentaire et humainement, je me suis rarement senti aussi complice qu’avec eux. Nous sommes fous, car pour se retrouver habillé en hamster tous les soirs pendant deux mois dans une cage remplie de paille, courir dans une roue ou boire à un gros biberon sur la bande-son de La Grande Évasion.... Nous étions forts ☺ Tellement que nous sommes parvenus à emmener avec nous, non seulement Martine Willequet comme metteuse en scène – notre rêve – mais aussi toute l’équipe du Théâtre de la Toison d’Or, et en particulier, Nathalie Uffner, sa Directrice, qui nous a fait confiance. En voilà une, aussi de "famille", car j’ai passé à ses côtés de merveilleux moments et trouvé en elle, comme partenaire, un alter ego féminin. Sinon, oui, j’aimerais écrire, encore, mais pas seul. Je manque de confiance et ai besoin d’un grand coup pour m’y mettre. Le Grand projet est un seul en scène, et j’aimerais tellement m’entourer de l’équipe idéale pour le réaliser... Ça va venir, j’espère...

Nous l’espérons également !

Après La Jalousie cet été, on retrouvera Pierre Pigeolet au Théâtre Royal des Galeries dans :
- Un Beau Salaud (Mise en scène) du 8 septembre au 3 octobre 2010
- La Revue 2011 du 1er décembre 2010 au 30 janvier 2011
- La Puce à l’Oreille du 23 mars au 17 avril 2011


- Interview Nadine Pochez 1er juillet 2010
- Toutes les photos sont de Luc Tourlouse

[1] Daniel Hanssens

[2] Depuis 2009, Bulles Productions et Cooper Production ont été rejoints par Argan42 (Daniel Hanssens) pour produire le Festival BRUXELLONS.

[3] Pascal Racan, Marie-Paule Kumps, Martine Willequet, Marie-Hélène Remacle, Fanny Jandrain, Gaston Richard et Catherine Claeys

 

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