Philippe Jeusette et Frédéric Dussenne

Incontournables de la scène belge, nous avons rencontré Philippe Jeusette et Frédéric Dussenne au Marni à l’occasion de la reprise d’ « Occident » de Rémi de Vos, mis en scène par Frédéric Dussenne dans une production du toujours nomade Rideau de Bruxelles.

Interview de Philippe Jeusette

Nous te retrouvons une nouvelle fois aux côtés de Valérie Bauchau et de Frédéric Dussenne dans un succès autant publique que critique. Comment s’est passée la reprise ?

Très bien ! C’est un spectacle que j’aime beaucoup, construit autour de nos trois personnalités avec Valérie et Frédéric. C’est un travail d’une grande complicité et nous étions ravis de pouvoir reprendre le spectacle qui avait déjà très bien marché à la création ; la reprise ne fait que confirmer le bien qui en a été dit. Concernant le travail, il a fallu tout un travail extrêmement rigoureux pour renourrir le spectacle.

Quels ont été les éléments fondamentaux du travail ?

Comme toujours, garder le sens. C’est également un spectacle très tenu, c’est-à-dire qu’il faut toujours être sur le fil ; il ne faut pas trop jouer mais pas trop peu non plus ! Le travail est très technique, à deux, et ne permet pas beaucoup de fantaisie contrairement au résultat ! C’est le même travail que lorsqu’on aborde un Feydeau : on en bave avant et puis on y trouve notre plaisir mais la phase technique y est primordiale.

Ceci est-il notamment dû à l’écriture particulière du texte ?

Oui l’écriture est très particulière puisqu’il s’agit de très courtes répliques qui s’enchaînent et se répètent. Il faut donc être toujours très attentifs à savoir dans quelle scène on est sinon on peut vite tourner en boucle ! Et puis il y a tout le travail de Frédéric Dussenne sur le rythme à respecter, parce que c’est lui qui crée l’effet ; les choses s’enchaînent, s’accumulent et ensuite survient la chute où on dit l’énormité à ne pas dire, puis il y a le silence. Et en général, c’est à ce moment que les gens réagissent, en riant ou en gardant un grand silence de stupéfaction !

Comment est né le projet ?

En fait, le spectacle s’inscrit dans un cycle de spectacle : avec Valérie Bauchau et Frédéric Dussenne nous avions le désir de travailler à trois. Nous avions déjà fait « Combat de nègre et de chiens » de Koltès, « Lucrèce Borgia » de Victor Hugo, ici nous avons monté « Occident » et l’année prochaine nous travaillons au Parc sur « Feu la mère de madame » de Feydeau et « Feu la Belgique de monsieur » de Piemme. Ici, moi j’avais entendu parler de la pièce de Rémi de Vos et j’étais très curieux. J’ai téléphoné à Frédéric, il est allé acheter la pièce le jour même et l’a lu en riant seul dans un café. On s’est rappelé en se disant que c’était le bon texte à faire ensemble.

Tu es depuis près de 25 ans un bruleur de planches. Peux-tu nous parler de tes débuts devant les projecteurs ?

J’étais dans une académie à Liège quand, à 18 ans, je suis parti à Paris pour tenter le concours d’entrée du conservatoire ; comme tous les acteurs je fantasmais sur Paris avec « Entrée des artistes » avec Louis Jouvet et tout ça ! (rires) Dans ma jeunesse, j’ai eu la chance d’aller voir des grandes mises en scène à Paris comme celles de Chéreau, avec mes parents, donc j’étais en quelque sorte initié. Petit-à-petit j’ai voulu en faire mon métier. Au concours on m’a gentiment dit que j’étais un peu jeune et naïf mais c’est là que j’ai rencontré Mario Gonzales qui donnait cours à Paris et à l’Insas. C’est lui qui m’a conseillé d’aller tenter l’Insas et je l’ai fait ! J’ai d’abords passé deux mois d’été au cours Florent pour m’amuser puis j’ai passé l’examen d’entrée de l’Insas où j’ai été accepté. Là, j’y ai rencontré beaucoup de personnes avec qui j’ai bossé plus tard au Théâtre Varia, comme Michel Dezoteux, Philippe Sireuil et Bernard Yerles notamment. J’ai commencé avec de moindres rôles qui m’ont beaucoup appris parce que j’ai pu côtoyer des grandes figures comme Janine Godinas, Christian Maillet ainsi que des compagnons de route comme Alexandre Trocki et Valérie Bauchau. J’ai eu l’opportunité de faire partie des aventures marquantes du Varia comme la série des Musset de Sireuil ou les Kaiser et les Schwab de Dezoteux. J’ai aussi travaillé avec Marcel Delval sur les auteurs anglo-saxons que je connaissais moins bien. Tout ça a fait partie d’un apprentissage qui a duré 17 ans. Ensuite tout s’est enchainé : j’ai retravaillé avec Sireuil au Théâtre National, j’ai travaillé au Poche où j’ai notamment rencontré Olivier Coyette et Georges Lini, au Rideau de Bruxelles j’ai retrouvé Sylvie De Brakeleer et plus récemment j’ai collaboré avec Christophe Sermet. En 1992, j’ai eu cette rencontre importante avec Frédéric Dussenne sur « Combat de nègre et de chiens » de Koltès qui est un auteur que j’adule ! Ce fut un spectacle très important pour moi de même que les retrouvailles avec Valérie Bauchau ! J’ai eu la chance de tomber dans une période où la création était très importante ! Voilà, tout c’est fait petit-à-petit assez naturellement comme cela devrait être pour chaque jeune comédien aujourd’hui. J’ai appris mon métier de façon artisanale progressivement. Malheureusement aujourd’hui c’est difficilement possible pour les jeunes acteurs ; je remarque que même s’ils ont un petit rôle, ils stressent énormément parce qu’ils sont obligés de tout miser là-dessus et n’ont plus le temps d’apprendre comme j’ai pu le faire.

Toi qui est maintenant un vétéran de la scène belge, quelle comparaison peux-tu faire avec le paysage théâtral belge d’avant et d’aujourd’hui ?

Je pense que le paysage théâtral belge est toujours riche mais que malheureusement il n’y a pas assez de productions. Simplement. Ça ne manque pas de qualité mais de quantité, et je suis sûr que bien des artistes ne trouvent pas les moyens pour exprimer leur art. J’ai l’impression qu’au niveau du paysage culturel belge, ça s’est rétréci. Je pense qu’il n’y a tout bonnement pas assez de rôles pour les acteurs en Belgique.

Que penses-tu du fait que malgré la situation du métier qui devient de plus en plus précaire, il y ait toujours autant de jeunes acteurs qui sortent des écoles ?

Je pense qu’on ne peut empêcher personne d’avoir une vocation et si on m’avait dit à l’époque que je n’y arriverais pas, je l’aurais fait quand même. Effectivement il y a trop d’étudiants qui sortent chaque année des écoles mais je pense qu’il y a un équilibre à trouver en Belgique. Peut-être est-il intéressant d’envisager les systèmes des grandes écoles en France, à savoir une rentrée tous les deux ans ? Je ne sais pas. Je ne dis pas qu’il faille supprimer des écoles, loin de là, je pense que le nombre fait la richesse. Mais on en revient à ce que je disais précédemment : malheureusement cela ne permet pas aux jeunes d’avoir un apprentissage un peu calme, de trouver les projets à leur mesure, etc. Après il y a de plus en plus de projets personnels qui voient le jour, qui se révèlent très intéressants, mais souvent avec très peu de moyen. La réalité est très dure, elle est pire qu’avant, mais je ne souhaite décourager personne ! Ce qui me choque le plus c’est le changement dans la manière d’aborder le métier au vue des manques de possibilités. Aujourd’hui, dès qu’on a une proposition on s’y accroche parce que le jour où le téléphone arrête de sonner, plus personne n’est là pour dire que vous êtes acteurs. C’est un métier où l’on existe que par les autres.

Comment abordes-tu le travail de façon générale ?

De manière extrêmement simple : sans aucun fantasme sur la notion de « personnage », pour moi toutes les informations sont dans le texte. Je préfère mettre les choses bout-à-bout que de m’embarrasser avec une construction de personnage. Je construis autour après et les gens y voit ce qu’ils ont envie d’y voir ! Je fantasme très fort sur un rôle en fonction de ce que je lis dans le texte.

Comment se déroule le travail pour toi ?

J’ai toujours l’impression de repartir de zéro. Ce que je préfère dans un projet ce sont les répétitions parce que ce sont les moments où tout est permis, on peut tout oser. J’adore répéter ! Je préfère même répéter que jouer ! C’est très paradoxal. Mais j’ai beaucoup de plaisir à jouer aussi ! Par exemple sur « Occident » je m’amuse, mais j’ai le stress en plus et ça ne s’arrange pas en vieillissant ! (rires) Donc j’ai de plus en plus peur de jouer mais de plus en plus de plaisir à répéter ! J’ai un plaisir fou à chercher, à être avec les autres, à refaire le monde au café le soir ! Et quand je joue je suis sur la nostalgie du travail en amont. Le moment de la répétition est un moment très privilégié.

Qu’est-ce qui t’inspire en général ? Ce qui te pousse à avancer ?

D’abords, il est trop tard pour changer de métier ! (rires) Je ne sais pas, tant que le téléphone sonne je travaille ! Je lis beaucoup, de tout. J’aime Tchekhov, Feydeau,… J’ai eu la chance de faire Lopakhine dans « La cerisaie »montée par Dezoteux au Varia, j’en rêvais ! Ou encore Alceste dans « le misanthrope » monté par Sireuil au Théâtre National ! Mais je ne fantasme pas tellement sur les rôles, j’ai bien plus envie de jouer l’auteur ou la pièce.

As-tu un souvenir marquant d’un spectacle en particulier ?

C’est difficile à dire. Je dirais que j’ai la chance d’avoir participé à très peu de mauvais spectacle, sans prétention aucune. Sur les quelques 80 spectacles auxquels j’ai participé, il n’y en a très peu que je regrette. J’ai pu jouer de grands textes avec de grands metteurs en scène, jouer des auteurs contemporains qui me tiennent particulièrement à cœur comme Jean Marie Piemme par exemple, dont l’aventure de « Dialogue d’un chien avec son maître » est incontournable dans ma vie d’acteur. Je peux citer quelques spectacles « charnières » dans ma carrière, mais je ne peux pas m’arrêter sur l’un ou l’autre en disant « celui-là ! ». L’équipe de chaque spectacle compte beaucoup aussi. « Occident » est un peu la synthèse de ce que j’aime comme théâtre : un théâtre sans fioriture avec juste deux acteurs sur un tréteau et voilà ! (rires) Mais bon j’aime aussi les spectacles avec beaucoup d’acteurs !

On t’a également vu au cinéma notamment sous la direction des frères Dardenne. Te prévois-tu une place dans le 7ème art ?

Absolument pas ! J’ai travaillé avec les frères Dardenne parce qu’ils venaient beaucoup au théâtre à l’époque et qu’ils m’ont proposé de travaillé avec eux au final. Mais ce n’est absolument pas quelque chose avec laquelle je suis à l’aise. Je ne me trouve pas très bon au cinéma en fait ! Les quelques petites expériences que j’ai faite ne m’ont pas du tout rassuré sur ma carrière cinématographique ! (rires).

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

« Feu la mère de madame – Feu la Belgique de monsieur » de nouveau avec le « trio infernal » au théâtre du Parc, « Ce que je deviendrai » d’Allan Ball mis en scène par Christine Delmotte au théâtre des Martyrs, ça va être la première fois que je travaille avec elle ! Ensuite quelques projets pas encore signés.

Que penses-tu de la situation de l’artiste aujourd’hui ?

Je trouve qu’on est dans un pays qui ne défend pas assez ses artistes. On l’a vu récemment, je trouve qu’il y a un mépris et une méconnaissance de notre profession. Si vous connaissez un ministre de la culture motivé qui connait son affaire, donnez-moi son adresse je lui écris tout de suite !

Quel est ton sentiment pour l’avenir de la culture en Belgique ?

Je crois qu’il y a une force. On l’a vu avec les rassemblements d’artistes récemment. Moi je l’ai déjà vécu dans les années 80. Comme si chaque x années, il faut qu’on se réveille pour faire remarquer qu’on existe ! Jusqu’ici on a toujours réussi à s’en sortir un petit peu. Actuellement ce n’est pas rassurant, parce qu’on ne parlait pas de politique d’austérité à l’époque. Le problème est vaste et je pense qu’il faut qu’on soit correctement représenté par quelqu’un qui se charge de défendre la culture. Qu’on arrête de dire que la culture dépense de l’argent alors que ça en rapporte ! Ça crée de l’emploi, ça génère des services, etc. Pourquoi en Allemagne augmente-t-on le budget culture de 8% alors qu’en Belgique on le diminue ? La question est là : c’est un choix de société. Je pense que le jour où l’on aura un politicien en Belgique qui y répondra de manière constructive, il recevra beaucoup d’écho de la part des artistes et des citoyens qui soutiennent la culture et qui préfèrent ça que de donner une somme astronomique à un député parce qu’il s’en va.

Fort de ta riche carrière, qu’aurais-tu envie de transmettre à la jeune génération d’artiste ?

Faites ce que vous avez envie de faire, parce que si vous ne le faites pas, vous le regretterez toujours.

Robert BUI


Interview de Frédéric Dussenne

Une première question toute simple. Qui est Frédéric Dussenne ?

Je suis metteur en scène et je dirige ma propre compagnie de théâtre « l’Acteur et l’Ecrit ». Je suis également artiste associé au rideau de Bruxelles. Ainsi que professeur à l’ancien conservatoire de Mons, que l’on appelle maintenant l’« Art au carré ». Cela va faire 18 ans que je donne cours. Sans oublier que je mets en scène de l’opéra depuis une bonne dizaine d’années. Quant à « Occident », c’est une production de ma compagnie. On a tout financé nous-même, avec les moyens du bord.

Vous dirigez votre compagnie. Est-ce que cela influence votre façon de travailler ?

Ça permet une grande liberté. Une liberté inversement proportionnelle aux moyens que l’on a. Toute une série de chose doivent être prises en compte. C’est une responsabilité. Mais ça donne une réelle autonomie d’esprit et d’actions. Le fait d’être (co)producteur permet à un metteur en scène de ne pas faire seulement ce que l’institution attend de lui. Mais aussi de faire bouger les lignes qui à première vue semblent immobiles.

Dans « Occident », un couple est présent sur scène. Ce couple, de quoi est-il représentatif ?

De moi…Non, c’est un peu de la provocation de dire ça… La première chose que l’on s’est dite, c’est qu’on ne voulait surtout pas les éloigner de nous. Et faire comme si les personnages étaient « les autres ». Pas question d’anecdotes sur des drames sociaux, d’illustrations du quart monde… On n’est pas en face de gens issus d’une situation précaire sociale. On parle d’une chose qui est beaucoup plus commune. C’est représentatif de la classe moyenne. L’écriture n’est pas le miroir du couple mais plutôt une loupe. On entend ce qui vient de la peur de l’autre. Ça entraine des désastres comme ceux que l’on a connus durant le 20ème siècle. Le moment qui fait que la peur de l’autre, fait qu’on le place à un endroit différent où il devient la cause de la débâcle de la civilisation. Ces personnages exaltent ces cauchemars, ces fantasmes de l’autre… C’est le sujet principal de la pièce. La complicité évidente entre Valérie Bauchau et Philippe Jeusette est mise au service de la pièce.

Que vient faire le répertoire de Michel Sardou dans le spectacle ?

C’est une proposition de mise en scène. C’est un hyper aveuglement politique en chanson. Les paroles des chansons étaient beaucoup plus violentes que dans mon souvenir. Michel Sardou traduit bien les peurs et les cauchemars de la classe moyenne. On s’est dit que le personnage serait un fan. Ces textes venaient en contre-point du sujet, d’une manière extraordinaire. Ces interludes sont des respirations dans la pièce. Ça me paraissait évident. C’est un repos face à toute l’information accumulée. Ces chansons répondent aux angoisses de Monsieur Tout Le Monde… et ont su rencontrer la sensibilité du public.

Vous avez fait un travail sur le rythme en les rajoutant ?

Non pas vraiment. La pièce est une farce. Le rythme, c’est les réponses au tac au tac… Paradoxalement, la ponctuation est assez précise. On ne pouvait pas s’attarder et alourdir. Si non, la force de la pièce qui est d’aller débusquer ce racisme ordinaire, serait devenu une façon de justifier l’indéfendable. On s’est discipliné. Il a fallu faire attention aux intonations pour ne pas déraper sur « la chose » qu’il ne fallait pas dire. On a dû travailler sur le « bon ton ».

A la fin de la pièce, un des personnages prend une douche… Pourquoi ?

Après tout ça, il a besoin de mettre tout à l’égout. Il y a des gens qui ont vu des tas de choses… Forcément, il y a la douche au sens tragique du 20ème siècle. Les dérapages de la pièce font penser à cette catastrophe… J’avoue ne pas y avoir pensé. Pour moi, c’était l’idée obsessionnelle de la salle de bain que l’on retrouve dans la pièce. Le mari menace sa femme de l’étrangler dans la salle de bain, avec le rideau de douche…C’est là, la vraie idée de départ.

Que répondez-vous à ceux qui jugent cette pièce grotesque et vulgaire ?

La grossièreté et la vulgarité ne sont que des instruments. Ce n’est pas le sujet de la pièce. Quand on trouve la pièce grossière, c’est qu’on n’a pas joué le jeu du second degré. D’autres s’y retrouvent étonnement. La banalisation dure et violente de l’injure est beaucoup plus fréquente que ce que l’on veut bien croire ! C’est moins fréquent sur scène… Si on le prend mal, c’est qu’on a raté une marche. Le théâtre n’est pas là pour ménager mais pour pousser là où ça fait mal. Le texte est franc !

Des projets en cours, pour nous faire saliver ?

Je prépare au théâtre du Parc un double vaudeville. « Feu de la mère de madame » et un vaudeville de Jean-Marie Piemme qui a été écrit exprès pour nous : « Feu la Belgique de Monsieur ». Cette pièce-là s’inspire de « Bye Bye Belgium ». Les personnages principaux seront le Roi et la Reine…ou plutôt leurs sosies. Puis, au mois d’avril, je fais une création à partir du roman l’ « Herbe à bruler ». Une grande aventure avec beaucoup de chant, de danse et 8 acteurs. Un vrai spectacle !

Céline Brut

 

Me connecter

Pas encore membre ?
INSCRIVEZ-VOUS


Recherche rapide


Plus de critères »

A découvrir

SQL: SELECT * FROM t_banners WHERE circuit = 'home' AND emplacement = '1'ORDER BY position
SQL: SELECT * FROM t_banners WHERE circuit = 'home' AND emplacement = '2'ORDER BY position

Newsletter

Pour être tenu au courant de nos activités, laissez-nous votre email !