Peggy Thomas

Entretien avec une jeune, dynamique et nouvellement directrice artistique ; Peggy Thomas nous dévoile les sources du vent frais qui souffle désormais sur la voile du Théâtre de la Vie.


En 2005, tu sors diplômée du Conservatoire de Mons sous la tutelle de Frédéric Dussenne. Comment se sont passées tes débuts professionnels ?

"Bobby Fisher vit à Pasadena" de Lars Noren mis en scène par Peggy Thomas aux Tanneurs. 2006Comme pour tout le monde, au début on est désemparé. On ne sait pas trop quoi faire, on passe les auditions du CAS (Centre des Arts Scéniques) où l’on est très nombreux, etc. Il y a une période de galère ! Je pense qu’il est assez rare d’y échapper lorsque qu’on est une jeune prétendante comédienne. Au bout d’un an et demi, c’est Frédéric qui m’a donné mon premier rôle en Belgique pour « Le jour de la colère » au théâtre du Méridien, ce qui m’a permis de rencontrer Catherine Brutout, la directrice de l’époque, qui m’a engagé ensuite sur plusieurs spectacles. Voilà. C’est Frédéric qui a lancé le mouvement et j’ai joué plusieurs spectacles au Méridien. Cependant, en parallèle, j’avais également compris qu’il ne fallait pas attendre que les choses se fassent et qu’il fallait rester mobile et créatif par soi-même. Avec quelques personnes de ma classe, nous avions commencé à travailler ensemble sur un texte de Lars Noren, « Bobby Fischer vit à Pasadena  ». Nous n’avions aucune prétention quand nous nous sommes lancés. J’avais bien prévenu mes camarades que je n’avais aucune idée de l’aboutissement de ce projet. Mais au moins, pendant ce temps-là, on continuait à faire du théâtre ! L’équipe était composée de Philippe Rasse, Ariane Rousseau, Pierre Verplancken et Julie Leyder. Il y avait également Quentin Simon qui m’assistait à la mise en scène. Contre toute attente, cette aventure s’est révélée comme une mini « succes story », Bobby Fischer a reçu le prix « spectacle découverte » en même temps que deux autres spectacles au Festival Première Fois. Cela m’a donné confiance en moi pour la mise en scène, même si c’est beaucoup de le dire ! Nous avons obtenu la CAPT et le théâtre des Tanneurs s’est intéressé à nous. Nous avons pu créer le spectacle aux Tanneurs, ce qui était une expérience extraordinaire ! À l’époque, c’était Xavier Lukomski qui dirigeait le théâtre. Toutefois, la dure réalité du métier fait que nous avons très peu joué ce spectacle. Très vite, je me suis lancée dans un second spectacle de plus longue haleine – nous avons travaillé sur deux an et demi – nous sommes passés par beaucoup d’étapes expérimentales, d’essais. Ce travail a donné naissance à « Babel ou le bal des incompatibles ». C’est à ce moment-là que le groupe s’est fondé en compagnie. Pour moi, c’était naturel que je travaille avec les mêmes personnes, le collectif naissait de lui-même. C’est comme ça qu’est née la compagnie « Les Orgues ».

Tu as été nommée en 2013 à la direction artistique du Théâtre de la Vie de Bruxelles. Qu’est-ce qui t’as poussé à poser ta candidature pour ce poste ?

En 2010, quand Xavier Lukomski est parti des Tanneurs, la candidature était déjà ouverte en 2009 et j’avais déjà eu cette idée folle de proposer mes compétences à la direction du théâtre en me disant qu’il n’y avait que peu de chance que ça marche mais qu’au moins, ça me faisait un galop d’essai. Ça n’avait donc pas marché à l’époque mais le processus et la réflexion avait déjà été entamée à ce moment-là. Au mois d’août l’année dernière, j’étais encore confrontée à cette difficulté du metteur en scène, qui est : « Que fait un metteur en scène quand il n’est pas en train de créer un spectacle ? » Vu l’énergie et la préparation que cela demande, je ne peux pas être constamment en train de répéter, constamment en train de créer des spectacles. Ça ne me convient pas. Je voulais trouver un équilibre entre le fait de déployer ma pratique de metteur en scène et en même temps d’avoir un métier. Et j’ai commencé à chercher un boulot. J’ai vu l’annonce pour le Théâtre de la Vie. Le théâtre de la vie, c’est un théâtre que j’ai tout de suite aimé dés la première fois. C’est un endroit agréable, chaleureux, convivial, très propice au théâtre de texte et au théâtre d’acteur. J’ai vécu les choses comme une évidence. Je me suis dit : « Il faut que je postule ». Plus j’étais en train d’élaborer le projet et plus je me projetais dans cet endroit-là. J’avoue que le 12 décembre 2012, quand le président du conseil d’administration m’a téléphoné pour me dire que j’avais été choisie, je lui ai dit : « Est-ce que vous pouvez répéter ce que vous venez de dire ? » Ça l’a beaucoup amusé.

"Babel ou le ballet des incompatibles", création de Peggy Thomas. Théâtre Varia 2009.Tu as notamment créé un enthousiasme général en proposant une dynamique nouvelle qui privilégie la création. Peux-tu nous expliquer les paramètres qui rendent cette démarche novatrice, ce qui la rend exceptionnelle ?

Je ne sais pas si elle est novatrice. Je pense tout simplement qu’il y a une logique qui a émergé et qui a trouvé son point d’orgue l’année dernière par le fait que la jeune création théâtrale belge francophone était sur le fil. La plupart des institutions essayent de faire face à cette vague, à ce mouvement très fort de la jeune création. Il y a beaucoup d’artistes qui cherchent à émerger et qui travaillent essentiellement avec la CAPT. Comme on le sait, au mois de novembre, il y a eu un moment contestataire extrêmement fort parce qu’on voulait couper dans les budgets du CAPT, ce qui allait immédiatement mettre en péril cette jeune génération ainsi que les institutions. C’était directement à cet endroit-là qu’une fragilité était en train de naître. Ce phénomène correspondait à mon intuition de dire qu’il faut un théâtre pour les artistes par les artistes, un théâtre qui privilégie des démarches et qui puisse avoir une identité particulière dans le paysage. Il y a des maisons qui soutiennent la jeune création mais il n’y a pas assez de place pour tout le monde. Dans les fonctions que j’occupe, je ne pourrai pas régler ce problème, il y aura toujours trop de propositions par rapport à ce qu’on peut promouvoir. Pour autant, c’est ça mon ambition, c’est ça mon projet : tenter de donner de la place à la jeune création et m’intéresser plus particulièrement à ceux qui se heurtent à des murs malgré leur talent.

Quel était concrètement ton projet pour re-dynamiser le théâtre et comment définis-tu la mission d’une directrice artistique ?

Quand je suis devenue responsable du lieu, il était en difficulté. Il était encore en train de vivre le deuil de son fondateur, Herbert Rolland qui a fait vivre cette maison pendant 40 ans et qui a donné à ce lieu une identité toute particulière dans le paysage théâtral. Depuis sa disparition, le théâtre essayait de retrouver ses marques et une nouvelle identité, de reconstituer une équipe et une dynamique de groupe qui avait du mal à se mettre en place. La première urgence était de voir comment fonctionne ce théâtre, quelle est sa force, sa faiblesse. Qu’est-ce que ça veut dire 80 places ? On est à Saint-Josse, un quartier très particulier et très populaire. Quelles sont les relations que le théâtre entretient avec la commune et avec la vie qui existe autour du lieu ? Ce sont toutes des choses qui ont été mises en jeu dans nos débats quand j’ai pris mes fonctions. Ensuite, réfléchir à qu’est-ce que c’est qu’une programmation, qu’est-ce qu’on propose aux artistes et comment est-ce qu’avec la petite subvention qu’on a, on réussit quand même à faire quelque chose qui tient la route. En communauté française aujourd’hui, les artistes sont prêts à faire des concessions incroyables pour avoir la possibilité de jouer un spectacle et d’être vu. Mais il y a un moment donné où ces concessions-là doivent s’arrêter. Quand on fait du théâtre professionnel, il faut que l’institution puisse aider l’artiste à exercer et faire du théâtre professionnel. Ça faisait partie de notre réflexion au moment de renouveler le contrat-programme. Comment au Théâtre de la Vie, on va recréer une émulation, faire venir les gens, et en même temps être dans un rapport vrai de sincérité que le lieu incarne ? En tant qu’institution, on se doit de prendre nos responsabilités. Quand on invite un artiste, on travaille à ce qu’il puisse exercer dans des conditions professionnelles.

Quel est le bilan jusqu’à aujourd’hui ?

Le projet est en place. Au mois de septembre, nous présentons notre premier spectacle et nous sommes très curieux de voir comment le public va réagir, comment les spectateurs vont recevoir les propositions qu’on va leur faire. Je ne parviens à répondre à la masse de propositions de spectacles qui arrivent qu’avec mes sensations personnelles et mes goûts. Mais les artistes que j’invite à travailler au Théâtre de la Vie sont tous des artistes dont j’aime le travail. On est enthousiaste et on a un peu peur aussi ; tout ce qui constitue une nouvelle aventure.

Tu es aujourd’hui une directrice culturelle, mais aussi comédienne et metteure en scène. Comment jongles-tu avec ces trois casquettes ?

Je ne suis plus comédienne. Ça fait plusieurs années maintenant que je ne joue plus et jusqu’à présent, ce n’est pas quelque chose qui me manque dans la vie. Pour les deux autres caquettes, c’est quelque chose qui va être mis en question maintenant. L’année prochaine, je vais mettre en scène un spectacle au théâtre du Par. Quant à la suite, je ne suis pas engagée pour le moment sur de nouvelles créations. Je crois qu’il est important que mes activités de directrice soient au centre de mes préoccupations pour l’instant. J’aimerais bien pouvoir délier les deux choses-là. J’aimerais être responsable de ce lieu, de sa programmation d’une part et pouvoir continuer à avoir des activités de metteure en scène ailleurs d’autre part. Je pense qu’à partir du moment où un directeur de théâtre est artiste dans son lieu, il est forcément confronté à des conflits d’intérêt, à savoir budgétaire tout simplement. Quand on a besoin d’un budget pour faire un spectacle, c’est autant de moins qui sera dévolu à l’activité des gens que l’on programme. Je pense que beaucoup de directeurs de théâtre doivent composer avec cette réalité. Mon souhait serait d’avoir une vraie scission entre les deux choses. Gérer une maison reste assez concret et logistique. On se met en disponibilité vis-à-vis des autres. Quand on est metteure en scène, on est à l’écoute de soi et des artistes avec lesquels on travaille. On est en prise avec des choses émotionnelles, inconscientes. On se met en danger quand on est créatif. J’aimerais bien pouvoir cultiver cette déliaison-là.

Est-ce que ton poste de directrice a des répercussions sur ton travail de mise en scène ?

Je pense que le contraire est vrai. Ma pratique du théâtre, qui définit mon identité en tant qu’artiste et en tant que personne, peut avoir une répercussion sur la manière dont les gens vont s’intéresser ou pas au Théâtre de la Vie. Si les gens aiment mon travail, ils viendront plus facilement ou inversement, s’ils détestent ce que je fais, ils peuvent se dire qu’ils se sentiront mieux dans un autre théâtre. Je ne peux pas encore dire si mon poste de directrice à des répercussions sur mon travail de création. En tout cas, j’ai une équipe très favorable au fait que je puisse continuer à avoir une pratique de mise en scène.

En ce qui concerne L’éveil du printemps de Wedekind que tu as mis en scène en février 2013 avec la compagnie des Orgues. Est-ce que pendant ce projet-là, tu as senti que ça se passait différemment parce que tu devais gérer le Théâtre de la Vie en parallèle ?

J’ai senti que L’éveil du printemps correspondait à un moment particulier de mon parcours. C’était le plus gros projet sur lequel j’avais travaillé jusqu’alors et avec des partenaires. D’habitude, je fonctionne de manière autonome en matière de financement. Ici, le Rideau de Bruxelles et le Théâtre de Namur était engagés avec moi sur ce projet. C’était à la fois une grande chance et à la fois une pression énorme. L’éveil du printemps est un projet qui a maturé pendant 4 ans. Le fait de m’y atteler le 3 janvier alors que je venais d’être désignée comme directrice au Théâtre de la Vie, était éprouvant. Dès ce moment-là, l’équipe du Théâtre de la Vie a pris en charge cette réalité et savait que je ne pouvais pas être présente. Je passais le soir après mes journées de répétitions pour faire des petites réunions et quand il y avait quelque chose à assumer en urgence, j’essayais de pouvoir y faire face. L’équipe a fonctionné sans moi pendant cette période. D’une certaine manière, j’avais envie que ce spectacle soit un beau spectacle parce que j’avais aussi envie d’ouvrir ce mandat au Théâtre de la Vie par un bel événement. On a toujours le droit de se planter quand on crée un spectacle. Je commence toujours un projet en me disant que ce ne sera peut-être pas bien. Il faut se lancer dans le travail et dans la matière, et on verra bien ce que ça donne mais si ça pouvait être réussi, ce serait pas mal. Une réussite, ça veut dire un bon processus, un endroit où on ne se laisse pas trop polluer par la pression, par le désir de plaire, par le désir de correspondre au désir des autres. Pour moi, c’est un des premiers enjeux quand je travaille. Et ensuite, le désir de tout créateur est que le spectacle rencontre le public. On a eu un début chaotique à Namur avec L’éveil du printemps ; le public n’a pas forcément bien reçu le spectacle. Sans doute, le manque d’intimité/proximité de salle n’a pas aidé. Ça a été un moment difficile pour toute l’équipe. On traversait ce qu’on n’avait jamais traversé avec la compagnie des Orgues. Il y avait quelque chose qui ne passait pas, on n’arrivait pas à transmettre ce qu’on essayait de faire. Et curieusement quand on était encore à Namur, on a fait une scolaire qui a très bien marché. Et tout d’un coup, le spectacle est passé. Au Rideau, les gens ont été émus, bouleversés mais aussi choqués. Pour moi, monter L’éveil du printemps, c’était questionner le rapport à la sensualité, la découverte de soi au moment de l’adolescence mais pas forcément uniquement. Comment chacun d’entre nous vit ses propres sensations, ses propres pulsions,… A aucun moment je me suis dit que deux garçons qui s’embrassent à la fin du spectacle allait créer l’événement. C’est étonnant. Et cette fameuse scène de l’avortement, qui est une réalité du texte, a créé des réactions extrêmement fortes chez certaines personnes. Quand on monte un spectacle, on prend toujours le risque de réveiller chez les gens des choses difficiles.

"L'Eveil du printemps" de Frank Wedekind, mis en scène par Peggy Thomas. Théâtre de Namur et XL théâtre. 2013Quels sont, selon toi, les points forts du Théâtre de la Vie ?

Le point fort du Théâtre de la Vie, c’est d’être un petit théâtre. 80 places, c’est l’occasion de venir voir un spectacle dans un rapport à la « petite communauté ». C’est-à-dire qu’on n’est pas noyé dans la masse mais dans un rapport de proximité. C’est quelque chose de très agréable qui nous reconnecte avec cet endroit du théâtre qui m’est tellement cher : cet endroit de l’humain et du partage. Son autre atout majeur est son équipe, composée de gens passionnés et chaleureux, des gens qui soutiennent le spectateur dans ce qu’il vient déposer. C’est une maison avec des gens présents pour accueillir.

Peux-tu nous présenter la programmation de la nouvelle saison du Théâtre de la Vie ? Quelle ligne artistique veux-tu aborder ?

Ce n’est pas simple de répondre à cette question dans le sens où j’ai élaboré ma programmation en fonction des gens. C’est de gens dont j’ai envie de soutenir la démarche ; je dirais presque : quelle qu’elle soit ! Il y aura essentiellement du théâtre. Il y aura tous les ans la représentation de la danse contemporaine, c’est-à-dire Karine Pontiès qui assumera les deux première années. Il y aura du texte classique, représenté par Frédéric Dussenne qui viendra monter « Ruy Blas » de Victor Hugo et une reprise de « Les chaises » de Ionesco mis en scène par Alan Bourgeois. Il y aura du texte contemporain avec Jérôme Nayer qui viendra monter « Ici s’écrit de le titre de la pièce qui nous parle d’Ante ». Il aura également des seuls en scène écrits par leurs interprètes. Les propositions seront donc multiples ! J’ai essayé de ne pas me cantonner à faire tel ou tel style textes. J’avais plutôt envie de donner la parole aux artistes. C’est quelque chose qui m’est précieux ! Parce que, selon ma propre expérience, j’ai remarqué que lorsqu’on rencontre les institutions, selon les Théâtres et leurs publics, les directeurs de Théâtre ont moins de marge de manœuvre que moi, au Théâtre de La Vie, et puis ils ont également leurs sensibilités personnelles. Ici, j’aimerais arriver à installer le dialogue avec l’artiste et de lui faire confiance. C’est de la prise de risque évidemment ! Peut-être que les choses muerons au fur et à mesure. Mais je trouve extrêmement important que les jeunes créateurs et les créateurs au sens large aient des espaces d’expressions qui leur soient propres. Au-delà même du texte, nous voulons soutenir la parole ; nous organisons des évènements de slam où chacun peut venir s’exprimer, qu’il soit du quartier ou d’ailleurs. L’ouverture de la saison se fera d’ailleurs par une session de slam où les artistes programmés présenteront leurs projets sous forme de slam de trois minutes ! On cherche aussi à s’éclater et sortir des formats classiques ! Je crois qu’il est difficile pour moi de répondre à la question de la ligne directrice parce que je n’en n’ai pas. Le fait de dire que nous privilégions la jeune création n’est pas correct, puisque nous avons une programmation intergénérationnelle. Je crois qu’il est difficile de réduire une programmation à une seule formulation, même si elle facilite la communication. Nous ne voulons pas jouer sur un côté grandiloquent, nous espérons entretenir la convivialité amenée par la promiscuité du lieu.

N’est-ce pas une manière de choisir son public ?

Le public, nous ne le choisissons pas ! Je pense que nous serons surpris ! Nous voulons être honnêtes vis-à-vis de ce qu’on propose, je pense que le bouche-à-oreille fera son œuvre au fur et à mesure et que c’est pour cela que nous devons rester calmes face l’évolution, la fréquentation et tout ce qui va se déployer. Je pense que c’est en étant solide sur les bases que nous avons posé que les choses devraient fructifier et je pense vraiment qu’on ne pliera pas sur les convictions de toute l’équipe du Théâtre de la Vie.

Laura Bejarano Medina et Robert Bui

Retrouvez la version intégrale de l’entretien avec Peggy Thomas sur Les entretiens de monsieur B.

 

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