Pascal Racan

Pascal Racan, vous enchaînez des rôles principaux assez conséquents : après celui de Guillaume de Baskerville dans Le Nom de la Rose cet été à Villers-la-Ville, vous reprenez d’ici peu le rôle de Jean Valjean dans Les Misérables, mais cette fois, ce sera au pied de la Butte du Lion de Waterloo

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Oui quand on l’a joué à Villers en 2002, cela durait 3 heures. C’est un peu longuet quand même ; maintenant Patrick de Longrée a refait une adaptation avec Stephen Shank qui ne fera plus que 1 h 30 environ, ce qui n’est pas plus mal !

En quoi la mise en scène de Stephen Shank sera-t-elle différente ?

On commencera les répétitions le 8 août, donc je ne peux pas encore en dire grand chose, si ce n’est qu’ici ce sera un énorme plateau unique adossé à la butte, avec les gradins pour le public en vue frontale, alors qu’à Villers en 2002, il y avait 3 plateaux. En plus, tout est à aménager sur la plaine de Waterloo.

Et qui est chargé du décor ?

C’est Patrick qui fait la scénographie.

N’est-ce pas trop difficile de répéter et de jouer en même temps un rôle aussi écrasant que celui de Guillaume de Baskerville dans Le Nom de la Rose ?

Je peux déjà vous dire que cela va l’être, parce qu’ici c’est quand même un rôle assez important. C’est vrai que ça va être costaud : il faut aussi que je remémorise… J’avoue que je ne me suis pas encore vraiment plongé dedans. Je suis en train de relire le texte, et si je n’ai pas encore commencé à le mémoriser, c’est parce que j’ai la tête pleine de l’autre et qu’il ne me reste plus beaucoup de neurones (rires)

Ils sont partis avec les cheveux ☺ ? Aurez-vous la même tête rasée pour Jean Valjean ?

C’était un choix. Puisqu’ils sont tous tonsurés dans Le Nom de la Rose,– ce sont de vraies tonsures et pas des perruques –pour moi qui, par la suite, doit jouer un ancien forçat, on a pris le parti de déjà me raser le crâne déjà pour Le Nom de la Rose. Et comme lorsque Valjean devient Monsieur Madeleine, je dois avoir des cheveux, là, j’aurai une perruque.

La distribution des Misérables est pratiquement identique à celle que l’on a dans Le Nom de la Rose, et les seuls qui, comme vous étaient déjà là en 2002, sont Jean-François Rossion et le metteur en scène Stephen Shank

Oui, il y a dix comédiens qui sont repris et ce coup-ci, Stephen, en plus, joue un rôle.

Après cela on vous retrouvera dans Amen (Le Vicaire) au Théâtre des Galeries [1]. Puis dans l’euphorie des fêtes de fin d’année on nous promet de beaucoup rire avec Palace, tiré de la série télévisée française humoristique, créée par Jean-Michel Ribes fin des années 80.

Début janvier, une surprise nous attend : on va vous retrouver dans une autre œuvre de Victor Hugo, aux côtés de Bruce Ellison et de Laure Godisabois. Cette fois, il s’agira d’une version singulièrement burlesque puisqu’il s’agit de Notre Dame van Parijs, mise en scène par votre comparse de toujours Daniel Hanssens. Le programme de Argan42 annonce des acteurs-marionnettes… En quoi cela consiste-t-il ?

Je ne sais pas encore grand chose de ce spectacle qui va avoir lieu en janvier. Lorsque Daniel me propose quelque chose, j’accepte avant de savoir de quoi il s’agit. Je lui fais entière confiance. Mais je sais que ce sera un peu le principe du théâtre de Toone.

C’est à dire que vous manipulerez des marionnettes ?

Non, on sera des marionnettes. Nous serons attachés avec des fils et on bougera comme des marionnettes.

Vous avez déjà lu le texte ?

Non pas encore. J’ai accepté parce que je fais confiance à Daniel. Ça doit rester un plaisir de faire ce métier. Et quand on me propose un truc comme ça, je l’accepte, même s’il y a un petit risque… vu le grand nombre de questions posées lors de la conférence de presse, les gens semblaient déjà fort intéressés par le projet.

Et puis last but not least, en mars 2012, ce sera votre premier seul en scène

Ah oui, là je suis très enthousiaste ! Ça fait très longtemps que je voulais faire un seul en scène, mais ce qui manquait, c’était le texte. Je voulais faire quelque chose de drôle mais pas seulement. Lorsqu’il m’avait mis en scène dans l’Albatros au Parc j’avais confié ce désir à Toni Cecchinato et il m’a dit que justement Saint-François le Jongleur de Dario Fo était un rôle magnifique, qu’il avait déjà monté avec Jean-Marie Pétiniot en 2003, et qu’il serait heureux de reprendre cela avec moi. Toni est un des grands représentants de Dario Fo pour tous les pays francophones et c’est aussi son ami. C’est lui qui a traduit et fait l’adaptation avec Nicole Colchat.

Dario Fo est devenu très scrupuleux et vigilant pour tout ce qui est traduction ou adaptation Maintenant ça devient très structuré pour jouer du Dario Fo. Toni a été voir Fo chez lui en Italie, il lui a parlé du projet et Fo a été très enthousiaste. Il a filmé leur entretien, et c’était très émouvant pour moi de voir Dario Fo me souhaiter « merde ».

Ça vous fait peur, un monologue ?

Oui, bien sûr. Vous savez, j’arrive à un âge où si je ne me lance pas des défis, c’est plus la peine. Lorsqu’on joue avec des partenaires, on peut toujours se raccrocher. En plus on est sûr d’avoir du monde, quand on joue dans un théâtre subventionné qui a des abonnés. Et là, je vais être tout seul et dans des lieux plus inhabituels. Est-ce que les gens vont venir ?

Vous jouerez dans une chapelle, je crois ?

Oui la Chapelle de Boendael [2] où il y a 300 places, mais il y a déjà une tournée prévue après, comme par exemple le Centre Culturel d’Uccle [3]. Par ailleurs, c’est pratique aussi d’avoir un monologue à proposer quand on n’a pas de boulot…

Et pas trop de décor…

Alors ça, ça va être minimaliste… D’ailleurs Dario Fo le veut comme ça. Sur le plateau, il n’y aura rien, absolument rien. Sauf, en fond de scène, une toile de 8 mètres de long sur 4 mètres de haut peinte par l’auteur lui-même. Et il y a moyen de la réduire selon la taille de la salle.

La reproduction photographique d’une de ses peintures ?

Non, c’est une œuvre originale que Dario Fo a offerte à Toni.

Vous l’avez vue ?

Oui, c’est magnifique et très émouvant.

Vos projets d’avenir ? Vous allez écrire vos mémoires par exemple ?

Non, je n’ai rien à dire …

Oh ?

Si ce n’est de faire le répertoire de ce que j’ai joué, mais ça se retrouve déjà sur internet. Je crois que j’en suis à peu près à 300 pièces maintenant.

Et qu’est-ce que vous avez envie de faire alors ?

Déjà terminer la saison (rires). La mise en scène, je m’y suis déjà frotté, l’écriture, j’en suis incapable j’ai envie de continuer à me faire plaisir, et déjà ce monologue sera une nouvelle aventure. L’angoisse pour un comédien c’est vraiment : Est-ce que les gens vont venir ?

C’est la première angoisse au départ du projet – mais aurez-vous trac, stress et tutti quanti lorsque le temps sera venu de monter sur scène ?

Ah oui, parce que là je suis responsable de tout. Si jamais je me plante, ce sera de ma faute, ça ne pourra pas venir de l’auteur, parce que c’est un auteur magnifique.

Vous partez en vacances ?

Jamais. Ça fait 8 ans que je ne suis plus parti en vacances parce que je travaille. Et ma femme commence à la trouver mauvaise, ce que je peux comprendre. Je pense que je vais faire encore Villers l’année prochaine et puis la suivante je prendrai des vacances.

Quel projet pour l’année prochaine à Villers ?

Don Camillo

Et vous serez Don Camillo ?

Oui, aux côtés d’Armand Delcampe qui sera Peppone

Et à part cela ?

On est 2. C’est un challenge aussi pour DEL Diffusion.

Est-ce que cela va attirer autant de monde que lorsqu’il y a une plus large distribution ?

Oui, je pense parce que le sujet est aussi intéressant, et c’est très drôle.. Patrick me disait à juste titre que rien ne l’oblige à faire chaque fois de grandes distributions. Et en 2013, à Villers, il fera de nouveau un spectacle avec un plus grand nombre de comédiens.

Avez-vous aussi fait du cinéma ?

Très peu. Le théâtre me prend tellement de temps que même si j’ai des propositions, c’est justement souvent le temps qui me manque pour pouvoir les accepter, parce que c’est parfois 15 jours, 3 semaines de tournage…

Eh bien merci beaucoup.

Je vais maintenant revoir mon texte, comme chaque jour.

Sinon ça se perd ?

Je ne dis pas que ça se perd, mais c’est un rite. Si je ne revois pas mon texte, je ne suis pas à l’aise. Même si je le connais parfaitement.

Vous faites toujours cela ?

Non, pour cette pièce-ci. C’est tellement compliqué parce que lorsqu’on joue un inspecteur de police, ou un détective, il pose des questions qui n’ont souvent rien à voir avec ce qui vient d’être dit. Il faut donc avoir l’esprit clair et bien structuré.

Cette fois, je vous laisse. Bon appétit, bonne merde pour ce soir et surtout PAS de pluie !

- Interview : Nadine Pochez – 28 juillet 2011
- Photos des Misérables : © DEL Diffusion

[1] du 26 octobre au 20 novembre 2011

[2] du 28 février au 17 mars 2012

[3] le 29 mars 2012

 

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