Nicole Valberg

Nicole Valberg

"… L’Art dramatique est tel est un instrument à entretenir, …en permanence ! …"

Comédienne, professeur d’art dramatique à l’I.A.D. de Louvain-La-Neuve depuis 14 ans, elle est également coach pour les exercices de cinéma exigés lors de la 3ème année de réalisation-interprétation. Elle est alors intermédiaire en cas de nécessité entre ses élèves de 3ème d’art dramatique et ceux des classes de réalisation pour interpréter à l’élève les intentions de ces nouveaux jeunes réalisateurs.

Dans la vie, Nicole Valberg était également l’épouse du comédien, metteur en scène, auteur fort apprécié qu’était Frédéric Latin, malheureusement disparu l’an dernier. Dans leurs emplois du temps respectifs surchargés, ils n’ont pas beaucoup eu le temps de travailler à un même projet, malgré tout ils ont réalisé à deux « Les Innocents « d’Henry James à la Valette chez Lionel Mc Cormick où Frédéric mit son épouse en scène avec grand succès. La seconde expérience du couple fût "Les Lettres de Calamity James à sa famille" au Théâtre des Galeries sous le règne éphémère de Dominique Haumont.

C’est de l’I.A.D. – (toute première cuvée en même temps que Luc Ponette) - qu’est sortie Nicole Valberg entrée à l’âge de 16 ans seulement. Après trois années, - les cycles étaient plus courts -, Une carrière très précoce se dessina jamais démentie et, toujours au firmament. Elle a passé les caps difficiles, les « tranches d’âge « où l’on engage peu sans oser dire pas … Elle est toujours sur nos scènes, quinquagénaire séduisante, elle a toujours joué ce qu’elle considère comme une grande chance. A quoi l’attribue-t’elle ? Elle ne le sait pas elle-même. Je présume pour ma part qu’outre son talent, son professionalisme, son ouverture d’esprit et sa vive intelligence, sa modestie, sa chaleur humaine, son sourire gracieux et son caractère avenant l’ont avantagée.

Retenons quelques moments clés :…

En 61, 62 elle entre au Rideau de Bruxelles créé par Claude Etienne. Le répertoire y est intelligent, brillant, novateur. L’équipe efficace et artistique au plus haut point. Elle va y passer dix ans de sa vie car elle est particulièrement attachée à ce répertoire très exigeant. Chaque saison pendant ces dix années, elle ne s’engagera jamais envers un autre théâtre avant d’avoir été distribuée au Rideau…

Suivent alors, dans un tout autre registre, celui du « Boulevard « , du rire et du rythme trépidant. 3 années aux Galeries avec les merveilleux Christiane Lenain et Serge Michel. De ces « monstres « du théâtre, elle dit avoir appris énormèment. Fréquemment dans l’emploi de la maîtresse au cœur du couple Serge Michel/Christiane Lenain, elle apprécia tout leur enseignement sans que jamais ils ne tirent la couverture à eux.

Le luxe d’être parents :...

C’est à cette période de sa carrière, qu’elle et Frédéric décideront de s’offrir le luxe d’avoir un enfant. Un seul, ce sera un choix dicté par l’univers professionnel, le travail toujours très accaparant ne laissant guère de temps. C’est dans « La brune que voilà « que son petit ventre rond de déjà 5 mois heurtait celui de Serge Michel. Ce fils prénommé Guérin marche aujourd’hui sur les traces de ses renommés parents en classe d’ecriture et de réalisation. Sans doute de nouveaux projets pour Nicole quand il terminera sa dernière année !

Et s’il est vrai qu’elle est quelque peu effrayée de l’orientation choisie par son fils, elle en est également très heureuse et fort fière car c’est une reconnaissance de leur profession autant que de leur métier de parents.

Après la naissance de Guérin, s’étant liée d’amitié avec Adrian Brine, elle pose le premier pied au Théâtre National de Belgique sous la direction de Jacques Huisman, elle va y rencontrer de très beaux rôles dont notamment :
- La lionne,
- Pravda,
- Tissu de mensonges…

A l’arrivée de Drouot, une sélection se fait, - comme à chaque changement de direction -. Drouot désire la garder mais elle est entre deux propositions : celle de Jean-Claude Drouot pour « Oublier « de Marie Laberge et celle de Gérald Marti pour le rôle de la mère dans « Gigi « avec Suzanne Colin et Gisèle Oudart. C’est Gigi qui l’emportera. Elle retourne ensuite au Rideau de bruxelles pour le Botho Strauss avec lequel elle remportera l’Eve du Théâtre en 1984 pour
- « Visages connus, sentiments mélangés « de Botho Strauss, (même année que Philippe Volter pour « l’Appel après les forêts « de Koltès

Arrive alors une autre période intéressante de sa carrière, un long passage au Varia, théâtre novateur créé et dirigé par trois personnages aussi différents que complémentaires : Philippe Sireuil, Michel Dezoteux et Marcel Delwael.

… Ce nouvel environnement offrait une approche plus surprenante et innovante des auteurs et de la scénographie et il me poussa – une fois de plus -, à me remettre en question, à mûrir, … à évoluer…

Aujourd’hui, elle exprime le souhait de jouer du Tchékhov plus particulièrement dans « Ce fou de Platonov « , de jouer Diane dans « Richard III mais dit’-elle avec lucidité ce serait à contre-emploi, de refaire du Botho Strauss notamment avec Grands et petits.

Et la mise en scène ?

… un seul regret, petit, j’aurais aimé faire de la mise en scène. Mais à la sortie de l’I.A.D. , - même si nous avions eu des cours-, les femmes n’étaient pas très présentes dans ce secteur du métier. Aujourd’hui, le métier de metteur en scène à quelque peu bifurqué, si le metteur-en-scène arrivait dans les années 60 à 80 avec toute son omniscience et de façon incontestée à présent l’approche est autre. On peut tout remettre en question, avancer ses idées,. Maintenant on prend la matière à bras le corps, on se bat avec, on la tord dans tous les sens, on remet les lignes à plat pour en extraire le suc… J’aurais sans doute pu développer cela aussi ! …

Actualité :

- l’Anniversaire de Pinter au Rideau de Bruxelles,
- Les légendes de la forêt viennoise de Von Hörvath au Château du Karreveld cet été, où elle incarnait une quinquagénaire fort séduisante amoureuse d’un homme jeune, irresponsable et … intéréssé !Ce spectacle en alternance avec « le bourgeois gentilhomme « de Molière égaya tout l’été du Karreveld et fit le plein de spectateurs avec d’excellents comédiens qui ont osé le drame mais aussi le rire et … le merveilleux. Un beau pari contre la morosité.

- Le fil à la patte de Feydeau (reprise) dans une mise en scène de Frédéric Dussenne qui y ajouta de façon originale, attrayante et efficace un montage de chansons d’Offenbach. Aux côtés de : André baeyens, Thierry Lefèvre, Pascale Vyvere, Alain Eloi, Claire Bodson, Béatrice Venier, Philippe Vauchel, Benoit Van Doorselaere on la retrouve dans le rôle d’une baronne mariant sa fille. Un véritable petit régal de fraîcheur, rire, volubilité en cette période de fêtes. Cette création de la saison dernière est à nouveau à l’affiche jusqu’au 11 janvier inclus à Bruxelles et ensuite en tournée belgo-luxembourgeoise-fançaise jusqu’au 6 février.

A partir du 11 février et jusqu’au 22 février, au Passage 44 on la retrouve dans un rôle rude aux côtés de Jacqueline Nicolas -, où une fois de plus elle peut donner toute la mesure de son talent dans la reprise de « Debout les morts « de Layla Nabushi avec une palette de jeunes comédiens talentueux dont Isabelle Byloos, Isabelle Renzetti, Patrick Maritte, France Quenon, …, « . Ce spectacle au texte âpre aborde les thèmes de la guerre, de la mort, du pouvoir et de ses luttes mais aussi du rêve, de l’envol, du voyage dans tous ses états avec une approche toute particulière, dédramatisée par l’apport de la musique, de costumes originaux en becs et plumes noirs et des chants des corbeaux. Une belle réalisation-production de Jean-François Brion qui en est également le metteur en scène.

Très prochainement dans « le squat « de Jean-Marie Chevret au Théâtre des Galeries aux côtés de Louise Rocco et Marion, du 2 au 27 avril…

Jusqu’à cet été peut-être à nouveau au Karreveld, qui sait ??? Car Nicole fait partie de ces comédiennes qui une fois que l’on a travaillé avec elles stimulent une nouvelle rencontre… Et les vacances dans tout cela ??? Pas le temps rétorque-t-elle … Plus tard !

Le soir de la 1ére du Fil à la patte en 2001, Frédéric Latin était au plus mal, il sortit pourtant de sa torpeur pour encourager son épouse : … Merde, M., M., sois brillante comme d’habitude !…. Le soir même il nous quittait mais il avait - une fois de plus - poussé son épouse vers cette quête de perfection qui est la sienne, la leur, depuis toujours et qui à chaque spectacle nous la ramène toujours … brillante ! Courage à toi Nicole, ce chemin-là est celui qui mène au meilleur de soi !

Fabienne Govaerts.

 

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