Michel Hinderyckx

Très présent sur toutes nos scènes, Michel Hinderyckx jouera cet été dans 2 spectacles du Festival Bruxellons : un Molière et un farce à farce avec Colette Sodoyez.

Après une saison qui a vu entre autres la reprise de Ladies Night, te voici à nouveau programmé au Château du Karreveld dans le cadre du Festival Bruxellons… – et cette année-ci pour 2 spectacles !

J’ai lu que tu en étais un des membres fondateurs, et en tout cas un pilier de ce Festival estival ?

C’est ce qui est écrit, c’est vrai, mais ce n’est pas tout à fait exact, car le vrai fondateur, à proprement parler, c’est Olivier Moerens. La toute première année – c’était en 1999 – la Commune de Molenbeek Saint-Jean lui a demandé d’organiser un spectacle de théâtre en plein air dans la cour du château du Karreveld. Ils avaient choisi une pièce de Marivaux. Le succès fut tel que les autorités communales lui ont laissé carte blanche pour créer un nouveau spectacle l’année suivante. Pour cette création du Songe d’une Nuit d’Été qui nécessitait un très grand nombre de comédiens et comédiennes, Olivier s’était adressé entre autres à notre collectif d’alors : la Compagnie Jean Bertoche. Cela s’est d’emblée très bien passé et cela a créé des liens qui expliquent notre fidélité, qui fait que depuis 10 ans, chaque année, la plupart d’entre nous participent d’une manière ou d’une autre à la programmation du Festival. Il y eut quelques années avec la création d’un grand spectacle unique, puis des étés avec une programmation variée, toujours produites par Olivier (Bulles production). Ensuite Ol – comme nous aimons l’appeler familièrement – s’est associé pour la production à Jack Cooper et, depuis l’année dernière, Daniel Hanssens les a rejoints. La nouvelle coproduction tripartite : (Bulles production - Cooper production - Argan 42) est très bénéfique car ces trois-là sont complémentaires. Cela donne un souffle nouveau au Festival, le succès croît d’année en année, et comme si on en avait encore, les chiffres le prouvent [1] Ce qui caractérise le Festival c’est le formidable esprit d’équipe qui y règne depuis toujours. Chacun met la main à la pâte et notre triumvirat aussi s’y dépense sans compter. Ils sont là pour la mise en place des décors et parfois des chaises, pour l’accueil des comédiens à 18 heures, et ensuite pour l’accueil du public. Ils sont partout à la fois, à la billetterie, au bar et ils restent jusqu’à la fermeture tous les soirs, parfois jusqu’à 2 heures du matin.

Parlons de ces 2 spectacles dans lesquels on pourra aller t’applaudir.

Tout d’abord Le Malade Imaginaire de Molière, dans une mise en scène de Daniel Hanssens. Quel rôle t’a-t-il réservé ?

Ce n’est pas un très grand rôle que celui de Diafoirus, mais cela me plaît beaucoup de jouer ce médecin un peu fou… Et je suis d’autant plus flatté que Daniel m’avait déjà demandé de l’accepter avant même d’avoir établi la distribution. Bien entendu Daniel sera Argan, un rôle qui lui va… comme un gant … et dont il rêve depuis longtemps… On pouvait s’en douter, dès lors qu’il a appelé sa société de production Argan 42 ☺

À côté de cela, tu reprends États de Couple... Je me souviens l’avoir vu dans les écuries du Château d’Ittre lors du “Marché du Théâtre” en juin 1998.

Oui, tu as assisté à la toute première représentation publique. À l’époque je la jouais avec Catherine Swartenbroeckx et c’était déjà Laurent Renard qui avait fait la mise en scène. On a voulu reprendre cette pièce, mais comme Catherine était partie suivre son amour à Marseille... il a fallu la remplacer. Il nous est apparu évident, sans même qu’on ne se soit concertés, que le meilleur choix, celui qui s’imposait d’emblée, c’était Colette Sodoyez. On se connait bien tous les trois et on s’était déjà bien entendu sur La Vie de Chantier de Danny Boon l’an dernier au Karreveld. États de Couple est une pièce qui dénonce la mauvaise foi qui peut surgir dans les rapports entre deux personnes. Ici, il s’agit d’un couple marié homme-femme, mais dans l’absolu cela peut exister dans d’autres formes de rapport. Ainsi l’on voit, au travers de saynètes comment tour à tour lui ou elle répond avec une mauvaise foi flagrante. Il y a les mots qui sont dits et puis ce qu’il y a derrière. Au début de leur rencontre, s’il veut la draguer il essayera de donner une image de lui qui est sans doute en contradiction avec ce qu’il est réellement. Ce qu’il aimerait qu’elle croie et qui n’est pas la réalité et elle, qui doit répondre à cela va sans doute être de mauvaise foi également.

Ces saynètes qui se succèdent forment un petit bijou avec une accumulation de phrases apparemment anodines comme nous en prononçons quotidiennement, parfois même inconscients du sens réel des mots tel que l’Autre les perçoit. Ici, on n’est pas du tout dans la violence verbale. Le but recherché est d’amuser les spectateurs. Faire en sorte qu’en sortant du théâtre ils se sentent bien, heureux et que le propos de la pièce les amène même à se dire les uns les autres avec tendresse, sarcasme ou humour : “quand il ou elle a dit cela, je t’ai bien reconnu”. Certains s’avoueront tout bas qu’il leur arrive aussi d‘être parfois de (très) mauvaise foi.

Je n’ai rien trouvé concernant les deux auteurs Odile Clair et Marc Phéline.

C’est la seule pièce qu’ils ont écrite.

Puisque la pièce est écrite et que c’est une reprise, en quoi consiste ce travail d’écriture que vous êtes en train de faire tous les trois ? On ne va pas changer le texte, mais on va un peu bousculer l’ordre des scènes. Ainsi la rencontre des protagonistes ne sera pas nécessairement la première scène. Donc nous sommes en train de reconstruire l’ensemble en aménageant des enchaînements entre les différentes scènes de telle sorte que cela constitue un tout cohérent et que cela plaise au spectateur..

Bien évidement ce sera très différent de ce que tu as vu, la pièce a bien évidemment mûri ... et nous aussi ... Si tu dis que c’était en 1998, ça veut dire que j’ai 12 ans de plus, Laurent aussi... Catherine était une jeune fille et Colette est une maman. Nous posons donc un tout autre regard sur ce texte et c’est ça qui est intéressant.

J’ai aussi vu que ce spectacle ne sera joué que trois soirs durant le Festival Bruxellons, mais qu’il sera repris au cours de la saison 2010-2011.

Oui et ce fut une sacré bonne surprise lorsque Daniel Hanssens nous a dit que Daniel Scahaise lui avait proposé de nous accueillir dans la petite salle des Martyrs pour cinq semaines d’affilée – du 27 avril au 29 mai 2011. C’est à la fois une reconnaissance et une belle preuve de la confiance qu’ils nous font, car aucun des deux n’a encore vu la pièce. Ils nous ont demandé si on était d’accord ? Une aubaine pareille, ça ne se refuse pas ! Et là encore ce sera différent parce que par le passé, on jouait surtout en tournée en passant chaque fois d’un lieu à un autre, donc il nous fallait constamment nous adapter à leurs dimensions respectives et aux infrastructures existantes. Et puis, autre nouveauté, alors qu’au Karreveld on va jouer sur un plateau classique, aux Martyrs nous jouerons au centre avec les spectateurs disposés en carré. Cela demandera quelques aménagements dans la mise en scène, mais ce sera très intéressant. Et puis ce sera la première fois qu’on pourra installer le spectacle pour une longue série. C’est très excitant.

Tu as également écrit pour le théâtre

Plus exactement co-écrit ! Il y a eu “Trois Petits Cochons” et ensuite “Hamster”, deux pièces comiques écrites à trois avec mes comparses Pierre Pigeolet et Nicolas Dubois. “Trois Petits Cochons” c’était comme les Dix petits nègres d’Agatha Christie mais pour trois comédiens seulement ! Une comédie policière déjantée ! Pour “Hamster”, nous posions la question “Quelle est la seule chose à laquelle pense un hamster dans sa cage ? ” La réponse est que la seule chose qui importe au hamster est de fuir …de s’évader... Nous étions déguisés en hamster et nous avions une énorme cage comme décor.

Tu as d’autres projets pour la saison 2010-2011 ?

Une année n’est pas une autre et je dois dire que j’ai la chance inouïe d’avoir une saison 2010-2011 bien remplie : Outre États de Couple de fin avril à mai aux Martyrs,

• Du 14 au 30 septembre aux Riches-Claires on jouera “L’Héritage des Beulemans”. Une pièce bruxelloise (avec l’accent svp !) à Bruxelles. Avec Colette Sodoyez (à nouveau), Raymond Pradel, Michèle Robson et .. Jacques vandenBiggelaar.

• Du 20 octobre au 14 novembre je jouerai dans “Roméo et Juliette” au Théâtre des Galeries. J’avais déjà joué avec Georges Lini mais jusqu’ici il ne m’avait encore jamais mis en scène. La perspective de pouvoir travailler bientôt avec cet excellent metteur en scène (un des meilleurs du moment !) me réjouit beaucoup car je le considère comme une personne de très haute qualité tant du point de vue humain que du point de vue artistique.

• En décembre 2010 et janvier 2011, nous reprenons en tournée “Biographie de la Faim” d’Amélie Nothomb, dans la mise en scène de Christine Delmotte avec Nathalie Cornet entre autres, Ingrid Heiderscheid, Stéphanie Blanchoud. (Une belle rencontre que de travailler avec Nathalie Cornet ! Quel talent !).

• Du 23 mars au 17 avril, je retourne aux Galeries pour jouer un Feydeau : “La Puce à l’Oreille” dans une mise en scène de Bernard Lefrancq avec l’équipe habituelle des Galeries et Luc Gilson.

Ça me plait beaucoup de travailler dans des genres très différents : Shakespeare, Feydeau, Amélie Nothomb et d’être mis en scène par des personnalités aussi différentes.

Vraiment cette prochaine saison sera exceptionnelle pour moi, car d’une année à l’autre les choses peuvent changer, c’est-à-dire qu’on peut avoir une belle saison et l’année suivante, peut-être rien ! J’en suis conscient et je savoure d’autant mieux cette saison et je le répète, je trouve que j’ai beaucoup de chance !

Ou beaucoup de talent / beaucoup de talents ...

Michel, si tu étais un animal ? Je serais un chat. Une vie de chat c’est confortable ... Et si tu étais une plante ? Une plante qui grimpe, qui s’accroche peut-être. Comme le lierre par exemple ? Oui, quelque chose comme ça, qui va très haut en tout cas. Et si tu étais dans la mer ? Je serais une baleine. C’est très beau une baleine. C’est énorme et puis la voix des baleines, le sifflement, le chant des baleines... c’est magnifique ! Je me souviens avoir entendu le chant des baleines enregistré sur un disque quand j’étais enfant. Cela m’a fort impressionné.

Un rêve de rôle absolu ? Elephant-man

Merci Michel, voilà qui nous permet de cerner un peu mieux ta personnalité sans poser de questions pipole :)

Oui, je suis de ceux qui parlent plus volontiers des personnages qu’ils incarnent que d’eux-mêmes...

Continue à bien les incarner tous ces personnages, chacun a quand même un petit coin de Michel Hinderyckx en lui, et c’est ça qui fait ta force.

À bientôt Michel !

Interview et photos : Nadine Pochez 27 avril 2010

[1] - 1999 : 1 spectacle, 16 représentations, 6 artistes
- 2000 : 1 spectacle, 20 représentations, 18 artistes
- 2007 : 10 spectacles, 31 représentations, 21 artistes – 8400 spectateurs
- 2008 : 10 spectacles, 39 représentations, 28 artistes – 9500 spectateurs
- 2009 : 10 spectacles, 55 représentations, 30 artistes – près de 15000 spectateurs
- 2010 : 12 spectacles, 71 représentations, 50 artistes …..

 

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