Mathylde Demarez & Ludovic Barth

À ceux qui n’ont pas encore vu votre spectacle, je dirai : Gardez-vous bien de lire les « critiques ». Quoique tout le monde s’accorde à dire qu’on ne peut parler ni du fond ni de la forme sans risquer d’en dévoiler les ressorts et d’ainsi gâcher le plaisir de la découverte, il y a encore des journalistes qui vous en disent trop. Mon conseil : courez plutôt voir cet OTNI ! [1] Si vous n’en attendez rien, vous irez de surprise en surprise : au-delà de l’apparent chaos, il y a toute une mécanique réglée avec la précision d’une montre suisse. Je me souviens, en août 2006 au Karreveld, tous ceux qui revenaient d’Avignon disaient que J’ai gravé le nom de ma grenouille dans ton foie avait fait un tabac, qu’on ne parlait que de cela dans les rues, et qu’ils ne nous en diraient pas plus. À nous d’aller voir ! Ceci étant dit, ce qui - je crois - va intéresser nos lecteurs, et plus particulièrement ceux qui comme moi ont vu cette Grenouille, c’est plutôt la genèse de ce spectacle insolite.

Mathylde : On s’est rencontré à l’I.N.S.A.S. et puis je suis partie en France pendant 2 ans pour travailler avec une compagnie rouennaise.

Ludo : Et quand elle est revenue - on habitait ensemble en colocation - on a eu envie de faire un truc à deux avec, comme idée première, un homme qui se transforme en femme et une femme qui se transforme en homme, sans qu’il s’agisse d’un homme qui imiterait une femme ou l’inverse. Du fait qu’on était assez intimes, il y avait cette envie de savoir ce qu’il y avait dans l’autre qui définissait une identité de genre. La question qui se posait était : “C’est quoi la relation entre un homme et une femme ?” Mathylde et moi, on n’avait pas du tout la même vision de cela. Moi, il y avait des aspects sur lesquels je voulais plus appuyer et pour elle, il y en avait d’autres. Comme on a cherché à garder cette différence de points de vue et à y mettre ce que chacun voulait, cela a rendu le processus d’écriture fort complexe. En fait, l’écriture de ce qui s’est révélé être le conte dans la pièce a été l’affaire la plus délicate. Par contre, on ne savait pas du tout ce qu’on allait en faire : au tout début, ça ressemblait plus à un scénario de film, et puis après - en mettant l’histoire un petit peu de côté - on a commencé pendant une quinzaine de jours, à faire des impros à deux, en se donnant des thèmes devant une caméra parce qu’il n’y avait pas d’autre regard extérieur. C’est une forme d’improvisation qui est plutôt de l’écriture scénique, un travail d’impro comme on en fait depuis pas mal d’années maintenant avec la Compagnie Jours Tranquilles de Lausanne, avec laquelle on travaille régulièrement. Cela nous a permis d’accumuler de la matière sur l’homme et la femme. Et dans cette matière il y avait des souvenirs d’enfance, des petites choses qu’on notait au fur et à mesure, tout ce qu’il nous paraissait chouette à développer mais toujours sans savoir comment structurer ça pour en faire un spectacle. Et d’ailleurs à l’époque, il n’était même pas encore question de faire un spectacle, cela a évolué petit à petit par la suite. Pendant tout un temps, l’idée avait été d’en faire une performance dans un appartement ou alors un délire un peu ambigu avec les personnages du conte. Et, au bout de ces 15 jours, précisément grâce à la vidéo, le concept nous est apparu clairement ! C’est à partir de ce moment-là, que nous avons vraiment commencé à créer le spectacle… Ensuite, cela n’a plus été que de l’artisanat pour faire quelque chose de cohérent à partir d’un délire.

Il y a une telle rigueur dans votre jeu parce que tout doit être mis en place et quasi minuté. Comment pouvez-vous gérer ça ?

M. À la base, ça a été beaucoup de travail pour cette première partie qui dure à peu près 20 minutes. Il faut que ce soit “timé”. Donc, encore maintenant, on fait un filage avant chaque représentation pour régler les déplacements et tout ça !

Évidemment ! Tous les plateaux ne sont pas pareils …

M. Oui, mais même sans cela, on le faisait aussi chaque soir les 20 fois où l’on a joué à Avignon. Parce que si on n’a pas à réfléchir à la précision, on peut trouver notre liberté de mouvement. Par contre, si on doit trop penser “Où je vais maintenant” etc. on n’a plus cette aisance qui fait que les gens au début pensent que c’est juste un joyeux bordel … c’est de là que vient la première surprise.

L. On brouille les pistes pour faire croire que c’est juste bordélique. Maintenant il y a un autre aspect là-dedans. En fait c’est une partition, comme une partition musicale, et en ce sens, le spectacle est très musical. Dramaturgiquement parlant, au cours de la première partie, les gens ont très peu de choses auxquelles se raccrocher si ce n’est notre énergie, la façon dont on les prend et le rythme qu’on induit dedans. Donc ça doit être extrêmement précis. Et ça fonctionne.

C’est étrange et perturbant

L. Bien sûr. C’est le but aussi. Et l’on demande aussi beaucoup d’efforts au spectateur.

Comment se passe l’écriture à deux ?

L. On avait la trame de départ et l’on écrivait chacun dans un coin de la pièce et puis après on se lisait des bouts et l’on chopait ce qui nous semblait utile. C’est comme ça qu’on a fait : on découpait des petits bouts, soit pour ce que cela racontait en se disant “Il faut qu’on l’écrive mieux”, soit en se disant “Ah ça c’est chouette en plus comme c’est tourné, on garde”.

M. à L. Le gros morceau - l’histoire de la princesse et du cuisinier - on a fait ça au Portugal, non ?

L. Oui. Je crois qu’on a fait pas mal de brainstormings au début

Que faisiez-vous au Portugal ?

L. On aime bien partir pour écrire hors du train-train quotidien à Bruxelles. En quelque sorte, ce sont des vacances-boulot : on réfléchit dans un autre cadre, on fait des impros…

M. Par exemple, pour notre prochaine création, on est allé en Bretagne. C’était moins ensoleillé !

Justement j’ai vu sur le blog de votre Compagnie, la CLINIC ORGASM SOCIETY que ce nouveau projet tournera autour de la Genèse. Pouvez-vous déjà nous en dire plus ?

L. On n’a pas encore de titre et c’est encore en pleine gestation. Normalement c’est prévu pour mars 2009

Y aura-t-il de nouvelles surprises ? Parce reprendre la même, ce n’est plus drôle évidemment.

L. On n’en sait rien. À ce stade-ci, on n’a de nouveau pas spécialement l’envie de faire une surprise… Si ça vient, on le fera, mais c’est vrai qu’on n’est pas dans le même état de virginité que quand on a fait La grenouille. Donc on essaye de garder la tête froide et de ne pas se laisser influencer, de ne pas être non plus dans le “Ah, ils attendent ça, alors on va faire…” Et en même temps, on veut pousser plus loin certaines explorations, certaines découvertes qu’on a faites. Donc il y aura des petites choses qui se retrouveront. Peut-être qu’au bout du compte, il n’y aura que notre esprit, notre attitude qui resteront les mêmes, tout en donnant quelque chose de très différent.

Pour en revenir à La grenouille, comment est venu le succès ?

M. Il y a eu une toute première étape, pas du tout officielle, juste entre amis, avec deux ou trois programmateurs, au Studio L’envers [2], qui a retenu l’attention de Catherine Simon, ce qui fait qu’il y a eu ensuite une deuxième étape-test au Centre Culturel Jacques Franck. Mais la toute première vraie représentation, on l’a jouée en octobre 2005 en Suisse au Théâtre 2.21 à Lausanne, parce qu’en Belgique, il n’y avait personne qui en voulait. Et puis le 16 décembre 2005, des amis du groupe musical Flexa Lyndo nous ont donné l’occasion de jouer notre pièce au Théâtre Royal de Namur dans le cadre de « Carte blanche à Flexa Lyndo » Tout ça pour dire que nous devons une fière chandelle à Catherine Simon ainsi qu’à Philippe Kaufmann – qui avait programmé la première création de la Clinic [3] quand il était encore directeur artistique aux Halles de Schaerbeek – et c’est ça qui nous a permis de faire évoluer le travail. Nous avons envoyé sans trop y croire un dossier de candidature aux Doms, et sur les conseils, je pense, de Catherine Simon et Philippe Kaufmann. Philippe Grombeer, qui n’avait vu qu’une vidéo du spectacle, nous a programméS. Et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés au Théâtre des Doms en Avignon pour le Festival Off 2006 où la pièce a été jouée 20 fois.

L. Oui, on a eu cette chance inouïe de pouvoir présenter notre spectacle à un très large public. Inutile de préciser que nous sommes particulièrement reconnaissants à ces 3 personnes qui nous ont fait confiance et qui ont osé prendre le risque de nous engager. Depuis, nous avons eu des contrats un peu partout en France – pas encore à Paris -, en Suisse et en Belgique. Et d’ici la fin août 2008 - sans compter les « scolaires » - on aura joué notre spectacle 88 fois, ce qui n’est quand même pas mal.

Y a-t-il des différences entre le public ado et le public adulte ?

L. Oui. Le spectacle est montré à des ados à partir de 14-15 ans et, dans la première partie, ils sont très turbulents. Parce que notre rapport au public est très direct, des commentaires de tous ordres fusent et ça fait beaucoup de bruit dans les gradins. Et puis, ils sont complètement bluffés dans la deuxième partie. Ils sont retournés comme des crêpes et c’est le silence total ! Malheureusement, on ne sait pas très bien ce qu’en fin de compte, ils en ont pensé car ils s’en retournent très vite avec leurs profs.

Y a-t-il des différences entre public français et public belge ?

M. Une des choses qui nous a surpris, c’est que partout où on va, on est bien reçu.

L. Ce qu’on pourrait dire à ce sujet, c’est que lorsque le spectacle est annoncé en France, il y a cette réaction : “Ah c’est des Belges, c’est des fous. Faut qu’on aille voir ça !”. Donc à ce niveau-là, on sent une différence.

M. Pour eux si c’est belge, c’est déjà novateur. Lorsqu’on distribuait nos tracts, on avait des réactions comme “Oh des Belges ! Super ! On viendra vous voir !” Le fait d’être Belges, c’était déjà comme un label de qualité. Donc pour les Français, il y avait déjà un préjugé favorable.

L. Le temps des blagues belges est dépassé et depuis quelques années, ce qui vient de Belgique est très à la mode aux yeux des Français.

Nul n’est prophète en son pays… c’est ça ?

L. Il est vrai que - jusqu’à aujourd’hui - on a beaucoup plus tourné en France et qu’on n’a pas fait beaucoup de salles en Belgique [4] … À la fin de ce mois, on commence une nouvelle tournée dans 5 villes belges [5] et puis on est reparti sur les routes de France. Donc encore une fois : Oui, merci les Doms, et merci aux Français [6] et aux Suisses [7] de nous accueillir dans vos salles.

Le profil d’un public festivalier est-il très différent ?

M. Le fait est qu’en Avignon on jouait tard (23:45 h !) et on sentait d’emblée que le public était déjà très gai. C’était l’été, il faisait bon. Ils avaient déjà pris un petit verre sur une terrasse…

En ne tenant compte ni de votre talent, ni de votre passage aux Doms, à quoi pouvez-vous attribuer le succès de cette pièce ?

L. Il est vrai qu’on a été un peu dépassé par un succès auquel on ne s’attendait peut-être pas. En y réfléchissant, je crois que le succès du spectacle tient d’une part à la surprise et au secret, et puis à la nature même de ce secret (lié à la réversibilité et au fait qu’on va mourir et qu’on ne peut pas revenir en arrière). Je pense que cela doit toucher. Et puis il y a un côté ludique qui est forcément plaisant et c’est aussi relié à une deuxième chose c’est que je crois que pour beaucoup, les gens se disaient “Ah mais le théâtre, ça peut être cela aussi”. On a quand même quelquefois des retours étonnants : soit des gens pour lesquels cela ne correspondait pas à l’image qu’ils se faisaient du théâtre et à l’inverse, il y avait des gens qui n’aimaient pas, parce que pour eux ce n’était pas vraiment du théâtre.

Vous parliez de l’aspect « partition musicale » dans La grenouille

M. Oui, la musique, c’est quelque chose qui nous plaît. D’ailleurs, on aimerait bien faire un groupe avec mon ami Greg Duret qui est musicien, Ludo qui est également musicien et puis d’autres personnes qui le sont beaucoup moins. Comme il y a plusieurs comédiens impliqués dans ce projet, l’idée est de mélanger le scénique et la musique, mais le processus de création est long parce qu’on bosse tous sur des choses différentes, alors on a du mal à se voir. C’est un gros boulot. Il faut aussi que ce soit ludique ! Comment mettre cela en scène, c’est encore la question ?

L. C’est encore et toujours une question de démarche. Nous avons un rapport aux media artistiques qu’on pourrait qualifier de Lo-Fi, par comparaison avec la Hi-Fi. C’est-à-dire qu’il n’est pas nécessaire d’être un virtuose de la musique pour pouvoir en faire. C’est une espèce de rapport brut à ça. On ne cherche ni à faire de la musique, ni du théâtre. On essaye de faire ce que l’on ressent de façon rigoureuse. Ça crée en tout cas d’autres émotions. Finalement, au point de vue scénique, je finis par croire que les seules choses qui comptent depuis des milliers d’années reposent sur les rapports avec le spectateur. Donc les réinventions reposent sur ce rapport-là. Je crois que c’est ça qu’on a envie de creuser. Et il y a beaucoup de medias à exploiter à ce niveau-là... même internet !

Bref, la Clinic Orgasm Society a de nombreux projets novateurs en gestation …

M. Oui mais une gestation lente car nous aimons aussi prendre le temps et laisser nos projets mûrir. Par exemple, il nous a fallu 4 ans pour faire aboutir celui de La grenouille et la monter.

L. Oui, 4 ans parce qu’on ne fait pas que ça ! Parce qu’on est sur plusieurs projets en même temps et qu’on les gère petit à petit.

M. Sur les 4 ans, je pense qu’on a dû travailler au total 4 à 5 mois sur La grenouille. Pendant 6 mois, on n’en parle plus et puis on le reprend. Et même encore maintenant on y apporte des améliorations. On travaille par étapes. La dernière grosse étape, ça a été après les Doms. Greg Duret (qui a créé la musique avec Ludo) avait revu le spectacle avec, je dirais, une oreille extérieure, une oreille de musicien, et ensuite, pendant 10 jours au Varia on a retravaillé sur la musique. Et depuis le Varia, aussi ça a vachement évolué, ne serait-ce que parce qu’il y a eu des changements au niveau de l’équipe (régie et caméra). On affine encore. Je ne pense pas que ce spectacle puisse un jour cesser d’évoluer. D’ailleurs, ça nous ennuierait si, tout d’un coup, il n’y avait plus rien qui changeait

Donc les gens qui ont vu La grenouille peuvent aller la redécouvrir ?

L. En tout cas même s’ils n’auront pas de nouvelle surprise, pas mal de choses ont évolué. C’est certain.

Hier soir, au verso d’un flyer reçu à l’entrée du Théâtre Marni j’ai remarqué que vos 2 noms figuraient dans la distribution d’un spectacle du Groupe TOC  : Les 24 heures de Tina Pools à la recherche de son bonheur . M. C’est une pièce de Marie Henry qui a aussi écrit Moi, Michèle Mercier, 52 ans, Morte, une autre production du Groupe TOC présentée aux Doms l’été dernier, ce qui a créé un peu la confusion dans l’esprit du public entre TOC et la Clinic Orgasm Society, alors qu’il s’agit de deux compagnies très différentes, avec des démarches différentes, une identité différente. Même si nous jouons dans Les 24 heures de Tina Pools et même si une comédienne de TOC fera partie de notre prochaine distribution. Ce sont des collectifs qui fonctionnent différemment dans le travail, mais nous aimons aussi vraiment beaucoup travailler avec eux.

Un petit mot au sujet de cette pièce ?

L. Les 24 heures de Tina Pools est un spectacle un peu particulier où l’on est tous sur scène pour jouer et en même temps chacun a une espèce de poste. Moi, par exemple, en plus du jeu, je m’occupe du son et de la musique, tandis que Raphaël Noël s’occupe de la lumière, Anne Thuot des photos et puis il y a encore Hervé Piron et Mathylde qui complètent la distribution. Donc on est à 5 sur le plateau pour raconter une histoire. La tendance actuelle veut que, dans beaucoup de spectacles, le régisseur soit sur scène. Mais là, il n’y a que des régisseurs sur scène !- c’est un peu ça le principe de départ dans ce spectacle-là mis en scène par Mélanie Zucconi. Donc voilà, on se met à tout contrôler depuis la scène.

Est-ce que vous avez des projets plus personnels ?

M. Le truc c’est qu’on se retrouve tout le temps ensemble. Même quand on essaye de faire autrement, il n’y a pas moyen (rires)

L. Depuis plusieurs années, on a fait quasi tout ensemble…

M. … En tout cas depuis qu’on travaille à Lausanne avec Fabrice Gorgerat, pour lequel Ludo bossait déjà en tant qu’assistant m.e.s. Alors, quand Ludo est passé sur le plateau en tant que comédien, c’est moi qui suis devenue l’assistante de Fabrice, avant de passer à mon tour sur le plateau !

°

Merci. Bonne tournée et bonne année.

°

Propos recueillis par Nadine Pochez le 21 janvier 2008. © Photos Olivier Jannin et Clinic Orgasm Society

30/01 au 1/02/08 Théâtre Royal de NAMUR (B)

7/02 au 9/02/08 : Atelier 210 BRUXELLES (B)

12/02/08 : Maison Folie MONS (B)

20/02 au 22/02/08 : Maison de la Culture TOURNAI (B)

29/02/08 : Centre Culturel René Magritte LESSINES (B)

6/03/08 : Théâtre du Saulcy METZ (F)

15/03/08 : Théâtre de Verre CHÂTEAUBRIANT (F)

18/03 au 20/03/08 :Théâtre Universitaire de NANTES (F)

25/03 et 26/03/08 : Onyx SAINT-HERBLAIN (F)

28/03/08 : Théâtre de l’Hôtel de Ville SAINT-BARTHELEMY (F)

30/03/08 : Scène Nationale Le Carré CHÂTEAU-GONTIER (F)

1/04/08 : Espace Jean Vilar d’IFS (F)

4 & 5/04/08 : Comédie de SAINT-ETIENNE (F)

[1] Objet Théâtral Non Identifié

[2] Rue des Tanneurs, 87 à 1000 Bruxelles. C’est la salle de répétition de la Cie Mossoux-Bonté

[3] Melvin Trilogie

[4] Bruxelles, Namur, Charleroi

[5] Namur, Bruxelles, Mons, Tournai, Lessines

[6] 55 représentations sur un total de 88 !

[7] 6 représentations sur 88

 

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