Ludovic Gossiaux et Jérome Lafitte

Ludovic Gossiaux et Jérôme Lafitte répondent tous les deux aux questions de Comedien.be dans le cadre du lancement de "L’acteur au quotidien".

Commençons dans le vif du sujet...Votre atelier, est-ce la copie du Laboratoire d’acteur existant déjà à Paris ?

Oui, c’est inspiré de ce laboratoire puisque nous y avons suivi les cours, chez Hélène Zidi, fille du réalisateur Claude Zidi. Nous nous sommes d’ailleurs rencontrés là-bas,nous sommes devenus amis et nous avons suivi cette formation qui est basée sur la méthode de l’Actor’s Studio et de la méthode Stanislavsky.

Combien d’années de cours avez-vous suivies ?

3 ans.

Cette méthode est basée sur le principe d’entraînement d’acteurs, c’est donc un atelier d’entraînement, c’est-à-dire que ce n’est pas une école en tant que telle où on s’attend à avoir un diplôme. Car il faut quand même être logique , ce n’est pas un diplôme qui va nous donner plus de travail.

Il y a des gens qui ont fait de belles carrières sans diplôme.

Suite à cette formation , nous avons eu envie de faire partager notre parcours à d’autres.

Vous êtes français tous les deux ?

Ludovic : Je suis belge, mais en fait, je suis parti vivre à Paris, il y a quelques années. J’ai décidé de vivre là-bas. Je m’y sens bien. C’est un peu ma ville d’adoption, dans laquelle j’aime créer.

Mais avec Jérôme, on s’est dit : "Est-ce que l’on ne créerait pas un atelier d’entraînement pour des acteurs professionnels et en même temps, un atelier de formation pour des acteurs débutants, afin de faire partager notre expérience en Belgique et en particulier à Namur ?"

Jérôme : je suis français , de Paris. Et je suis très tenté par notre projet ici, en Belgique !

Le moteur de cet atelier serait la visite de réalisateurs,producteurs,directeurs de castings voire agents parisiens et belges qui se déplaceraient pour venir voir le travail des acteurs. Est-ce bien cela ?

Voilà, c’est ça.

Que comptez -vous mettre en place pour faire venir ces personnes ? Proposerez-vous une sorte de master class ?

Voilà, on va travailler sur ce principe de master class où il y aura des professionnels reconnus , belges et français qui viendront.

En fin d’année, on mettra également en place des auditions .

Vous dirigerez-vous plus vers le théâtre ou le cinéma ?

Nous, nous ne partons pas sur le principe de distinguer théâtre et cinéma, c’est plutôt une volonté de dire : " Voilà, c’est le jeu d’acteur qui compte et, ceux qui s’y intéressent, qui ont envie de découvrir le travail au sein de cet atelier, n’ont qu’à venir voir .

Comment travaillez-vous ?

Comme nous l’avons dit, la base de notre travail, c’est la méthode Stanislavsky, ainsi que l’Actor’s Studio.

A partir de là, on travaille sur l’instrument de l’acteur, c’est-à-dire, lui-même : donc, sa relaxation, sa concentration, son imagination à partir d’exercices d’impro, sa mémoire sensorielle qui est aussi très importante, pour déboucher sur la mémoire affective.

Ensuite, quand on a préparé l’instrument , on travaille sur des scènes à deux acteurs, scènes de cinéma souvent ou de théâtre, pour qui le veut. Ce travail sera basé sur les principes d’interprétations théâtrales. Donc, comment aborder un rôle ? D’où vient notre personnage ? Où va-t-il et pourquoi ? Apprendre à analyser les actions, les objectifs.

Par exemple, cela ressemble un peu au travail de Boris Rabey qui a donné de nombreux stages à Neufchâteau.

Donnerez-vous cours à deux ?

Oui.

On travaille en binôme car on est complémentaires tous les deux. On s’est rencontrés au laboratoire d’acteurs à Paris, on est devenus amis. Pour le travail, on est très différents, avec chacun notre propre tempérament.

C’est plutôt intéressant, ça !

Oui, dans le travail, c’est bien intéressant.

J’aimerais revenir sur les auditions de fin d’année : en plus des professionnels belges du casting ou des réalisateurs, on voudrait faire venir des agents français et des directeurs de casting français.

On a un certain réseau en France qui nous permet de le faire. Ils viendraient voir notre travail. On en a déjà parlé à pas mal de professionnels qui nous ont donné leur accord verbal.

En France ?

Oui, et en Belgique également.

Et pour revenir à ce que nous disions, dès la deuxième année, on mettra d’ailleurs, à disposition des acteurs, un logement à Paris qui leur permettra de loger sur place s’ils ont une audition ou s’ils doivent rencontrer un réalisateur.

Sans souci d’endroit où se poser. Il faut évidemment qu’ils nous précisent la date, et ce sera compris dans le prix de l’atelier. Ce qui fait que c’est un plus pour leurs démarches.

On essaie de faire un lien avec la France pour la Belgique. Car pour nous, il y a quelque chose ici , une énergie, belle et forte, créatrice. C’est certainement lié à la culture belge.

Après , on peut travailler en symbiose avec des metteurs en scène français. C’est difficile pour les acteurs belges de tout quitter pour aller à Paris. On peut faire venir Paris ici.

Nous avons la chance d’être bien tombés dans notre parcours : les auditions de fin d’année , les masters class que l’on a reçues là-bas, nous ont aidés et nous ont permis, par exemple, d’avoir chacun un agent. C’est déjà ça. Un certain nombre de pros nous ont vus dans nos cours et lors de nos auditions de fin d’année. Un certain pourcentage d’acteurs ont trouvé un agent, ils ont eu des contrats, ils ont été contactés par un réalisateur. Cela ne s’est pas produit pour tous, cela a eu lieu pour certains en tous les cas.

Y a-t-il une limite d’âge ?

Non, pas du tout, c’est un mélange.

En avez-vous parlé à Hélène Zidi ?

Oui, bien sûr.

Elle est ravie car elle pense que l’on est prêts pour cela, tous les deux. Il n’y a pas un jour où l’on ne s’entraîne pas. Comment ?

Par la concentration, par la relaxation, la lecture.

J’ai aujourd’hui les clefs qui me permettent d’avoir des portes qui s’ouvrent au niveau émotionnel, et c’est donc ce que l’on apprend à nos acteurs.

On essaie aussi de les mettre dans la réalité de ce métier à travers les masters class. Les témoignages des professionnels sont extrêmement importants. Nous en avons eus dans notre cursus. Cela nous a permis de comprendre des choses. On veut faire la même chose ici. On les responsabilise car à l’extérieur, c’est très dur, donc on ne leur fera pas de cadeau, on les mettra devant la réalité .

Mais vous dites que cela s’adresse aux professionnels. Pourtant, ce dont vous venez de parler est ce que l’on entend déjà dans une école de théâtre, non ? Or, si des acteurs "pros" font votre formation, que vont ils apprendre de plus ?

Ils savent déjà cela, mais ici, on va mélanger des énergies, pros et non-pros. La fraîcheur des débutants et l’expérience des pros, le mélange des genres et des âges.

Que vont venir chercher les "pros" chez vous ?

L’énergie nouvelle et la pratique de l’entraînement, comme les sportifs de haut niveau : travailler son instrument. Ils pourront également rencontrer des gens du métier.

En tout cas, on sent beaucoup d’énergie chez vous deux !

Oui c’est vrai. Nous sommes ici depuis le 30 juin, on travaille sur des stages et on met en place notre atelier.

Où se donneront les cours ?

A la Maison de la poésie. Si nous avons deux groupes, l’autre groupe pourra peut-être occuper le Théâtre de Namur.

Concrètement, qui comptez-vous inviter en master class ?

Donc, pour être précis, on aura 3 ou 4 master class . On a des noms mais nous préférons avoir des réponses précises avant d’en parler. Certains trouvent l’idée très intéressante, et donc il y aurait déjà suffisamment d’invités pour organiser trois masters class.

Durant cette année, un petit stage de chant sera organisé avec un coach vocal. Tout cela, ce sont des choses que l’on met petit à petit sur pied. L’idée de cet atelier nous est d’ailleurs venue, il n’y a pas si longtemps, suite à des demandes de nos élèves en stage .

Nous avons eu envie de poursuivre le processus avec des ateliers.

Ce sera exactement la même chose que le labo parisien ?

Oui, sauf que, comme le dit Hélène Zidi : " on n’enseigne pas ce que l’on sait mais ce que l’on est." Elle a son enseignement, et nous, nous aurons le nôtre. D’autant plus que nous, nous sommes deux. Donc, ce sera différent, même si fortement inspiré.

En fin d’année, quand on aura donné les masters class, le stage de chant, l’atelier de mimes , on organisera alors une audition pour les acteurs prêts.

S’il n’y a pas d’acteurs prêts , pas d’audition. S’il y a deux acteurs , 4 acteurs, 6 acteurs...prêts, alors pour eux, il y aura audition.

Qu’est-ce qu’un acteur prêt pour vous ?

C’est un acteur qui, dans le travail, a un niveau suffisant : donc suffisamment relaxé, détendu, concentré, à l’écoute, libre de son instrument. Ce n’est pas tant du niveau dont je parle, car je n’aime pas ce mot, c’est plutôt de ce que j’appellerais " les étapes de conscience" . On prend conscience d’une chose et puis d’une autre, et puis d’une autre, etc. Arrive un moment où certaines étapes de conscience étant franchies, on peut alors commencer à travailler même si on apprendra toute sa vie, bien sûr.

Pratiquement, cela dure toute une année ?

Ce seront 8 sessions par an, réparties sur toute une année. L’atelier est payant.

Il est important pour nous que ce soit un groupe d’une vingtaine de personnes , de sorte que, durant les exercices, ceux qui jouent aient un public suffisant.

Comment travaillerez-vous les scènes ?

Les acteurs vont nous proposer des scènes dans lesquelles ils se voient, dans lesquelles ils pensent qu’ils peuvent correspondre, des scènes qu’ ils ont envie de travailler.

D’abord, ils vont nous faire des lectures et là, on verra ou pas si le comédien correspond à ce qu’il pense. Si son idée est bonne ou pas. Et puis, quelle couleur a-t-il envie de travailler ? Vers quoi a-t-il envie d’aller ? Si cela correspond à ses différentes envies, alors on fonce et on lui donnera des pistes .

Le travail d’acteur est un travail de choix où l’on prend des décisions. Donc chaque choix sera important. On fait le choix de faire ou non une pièce de théâtre, de faire ou non un film. Après , on a le choix de décider d’un costume ou d’un autre, bien sûr, en collaboration avec un metteur en scène ou avec un réalisateur.

Mais l’acteur fait des choix, il décide de donner l’intention. Pour nous, le choix commence dans la formation.

Comment, toi, Ludovic, venant de Belgique, as-tu rencontré Hélène Zidi ?

Je croyais qu’elle était directrice de casting et donc, en allant de porte en porte à Paris, je suis arrivé à elle. Je lui ai donné un cv, je lui ai dit que je voulais avancer et elle m’a proposé son laboratoire d’acteur. C’est là que j’ai rencontré Jérôme. Avant de clôturer notre interview, pourriez-vous nous dire quand commencera votre atelier ?

Nous commençons le 4 octobre. Alors, avis aux amateurs !

On sent vraiment chez vous deux une très belle énergie pour la création de cet atelier d"’Acteur au quotidien". Merci pour votre accueil très chaleureux et je croise les doigts pour la réalisation de votre projet !

Merci beaucoup.

Tout ce qu’on espère, vraiment, c’est que notre énergie puisse se retrouver dans le travail avec les acteurs .

Interview réalisée par Véronique Perrault

 

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