La Compagnie Pi 3,14

Pi 3,14, c’est une compagnie Liégeoise fondée en 2000 (dix ans déjà !) par Sandrine Bergot, Baptiste Isaia et Renaud Riga, tous trois issus du conservatoire de Liège. Le « petit jeune » Benoît Randaxhe vient compléter la troupe. Habitués des projets « sans metteur en scène », montés intégralement par les comédiens, ils ont touché au théâtre jeune public, au théâtre des ombres, aux marionnettes, aux adaptations de romans. Avec Mensuel, leur 6e projet, ils s’attaquent à la revue de presse. Renaud Riga nous en dévoile les rouages…

Comment se travaille l’écriture de Mensuel ?

C’est un défi, une course contre la montre : tout est écrit en une semaine ! On lit quotidiennement la presse pendant trois semaines. Le lundi de la dernière semaine, on fait une revue de presse et on dispatche les évènements dans la grille des séquences, qui est fixe. Il nous arrive de choisir un sujet et puis de le délaisser quand le propos qu’on défend derrière est trop faible. Parfois, le sujet n’est qu’un prétexte pour développer un point de vue subjectif, selon le personnage incarné (cynique, noir, populaire, etc.). Ensuite, on passe les commandes à nos auteurs et vidéastes, qui sont Nicolas Ancion, Patrick Delamalle et Sébastien Waroquier. Ce sont eux qui nous concoctent les séquences telles que « Tonton Nicolas » ou « la chanson du suicidé », qui est en vers. Le jeudi et le vendredi sont consacrés à l’écriture proprement dite. L’essentiel du travail se fait à table, il y a très peu de répétitions plateau car nous n’en avons pas le temps !

Et enfin, arrive le lundi…

Oui, le lundi, nous donnons une première représentation test devant un public scolaire, qui nous suit pendant toute la saison dans le cadre d’un projet pédagogique. Après, il nous reste encore 36 h pour réajuster et resserrer le texte pour le « vrai » public.

Sur quoi vous basez-vous pour effectuer ce dernier resserrage ? Sur la réaction du public ?

Non, on se base sur notre propre avis car il s’agit d’un public jeune, il n’a pas les mêmes réactions ni la même connivence face à l’actu qu’un public adulte…

Pourquoi vous imposer un timing aussi serré ?

Pour coller à l’actualité au plus près, histoire de ne pas être dépassé à dès la première représentation, et aussi parce que nous sommes une compagnie de comédiens, nous n’avons pas de metteur en scène donc nous devons nous chapeauter et nous mettre la pression nous-mêmes, pour être sûrs d’avancer.

Parlez-nous du décor de scène…

Il a été imaginé par nous et conçu par Claudine Maus, notre scénographe. La saison dernière, nous avions un décor plus coloré (et beaucoup plus lourd !), mais cette fois, nous voulions, outre quelque chose de plus pratique, quelque chose de plus radical. Nous avons donc opté pour ce mur blanc, qui recèle toutes ces portes et fenêtres secrètes qui s’ouvrent au fil des séquences. Ce minimalisme nous oblige à avoir une ligne de propos plus nette, plus rentre-dedans.

Quid d’une saison de plus avec « Mensuel » ?

Non, ce sera la dernière. D’abord parce que c’est épuisant : on joue deux semaines, on se repose une semaine et on écrit une semaine. Et pendant la semaine de relâche, on fait de la prod’ ! Mensuel ne nous laisse donc pas de temps pour d’autres projets. Ensuite parce qu’au bout de trois saisons, vient l’envie de passer à autre chose, nous n’avons pas envie d’être définitivement étiquetés « revuistes ». De plus, nous avons décidé de nous concentrer sur notre Liège natal pour y créer du mouvement culturel et de l’emploi, car nous sommes frustrés de voir qu’il s’y passe si peu de choses…

Il y aura tout de même Liège 2010 !

(rires) C’est vrai ! On s’en moque gentiment dans le spectacle mais on y participera !

Vous n’avez jamais pensé à « vendre » « Mensuel » à la télévision ? C’est pourtant un spectacle qui se prêterait bien au petit écran…

On a en effet eu des contacts à ce sujet avec la RTBF, mais cela n’a finalement pas abouti car le ton que nous employons n’est pas transposable dans aucune émission diffusée actuellement par la chaîne. Mais nous sommes un peu trop caustiques et certains sujets restent sacro-saints, comme par exemple la royauté – qui est assez malmenée dans notre séquence « Laeken-sur-Mer »…

Beaucoup de séquences sont en effet très noires…Vous a-t-on déjà reproché d’en faire trop ou d’aller trop loin ?

Oui, c’est déjà arrivé, mais le spectacle est divisé en 17 séquences, et elles ne sont pas toutes « too much », on édulcore ! On se lâche juste plus dans certaines parties, comme le dialogue des grands patrons, qui est volontairement cynique à 100%. On essaie de donner un instantané de ce qui s’est passé pendant le mois, sans être complaisant, mais sans pour autant tomber dans le poujadisme ; ce qu’on cherche, c’est de ramener le débat politique sur le devant de la scène. Mais tout en étant teinté d’humour, notre point de vue est assez noir, c’est vrai.

Pourquoi faut-il venir voir « Mensuel » ?

Parce que c’est cathartique ! (rires)

« Mensuel », de la compagnie PI 3,14

Episode 6 : 08-09/04/10 Episode 7 : 13-14/05/10 Au théâtre de l’Ancre, à 6000 CHARLEROI.

Cindya Izzarelli
http://www.capitaleminuscule.com
 

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