John Dobrynine

Hier, aujourd’hui et demain, il incarne les rôles les plus déjantés, avec ce même talent instinctif qu’on lui reconnaît...

En ce mardi 17 novembre à 17 heures , j’ai rendez-vous avec John Dobrynine un comédien haut en couleurs qui, dans 2 heures, va monter sur la scène du Théâtre des Martyrs pour une pièce de Samuel Beckett : En Attendant Godot [1]
-  Aujourd’hui tu es Vladimir, mais ce n’est pas la première fois que tu joues Beckett.
-  Oui ! Aujourd’hui dans En attendant Godot, mis en scène par Elvire Brison [2] Hier la même pièce était montée à La Valette dans une mise en scène de Walter Tillemans. J’étais alors Lucky, Léonil Mc Cormick était Vladimir, Frédéric Latin était Estragon et Michel Israël était Pozzo. C’était hier, mais ça fait quand même 15 ans !

Que du beau monde donc… Très belle distribution également aujourd’hui, avec le couple Pozzo/Lucky : Idwig Stéphane /Emmanuel Dekoninck. Ce dernier y est d’ailleurs époustouflant dans le célébrissime monologue de Lucky. C’est tellement absurde que ça doit être hyper difficile à mémoriser pour être débité d’une traite…
- Manu m’a demandé comment je l’avais joué, mais je n’avais que peu de souvenirs. Il y avait un mur noir et je crois que j’avais fait comme si j’étais un savant fou qui faisait une démonstration en écrivant sur un tableau noir. Évidemment la scène de La Valette n’est pas comparable à celle des Martyrs ! Ce qu’il en a fait est remarquable. Il a beaucoup bossé là-dessus.

Et depuis tu avais envie de jouer Vladimir ou est-ce plutôt une surprise ?

Oui c’est une bonne surprise, un très beau cadeau qu’Elvire m’a fait.

Et avant-hier, tu étais un Clov très remarqué dans Fin de Partie

Oui dans le théâtre inondé …

En effet, cette mise en scène très aquatique de Marcel Delval avec Claude Etienne dans le rôle de ton maître Hamm aura été un grand moment

Oui, on peut le dire. Un énorme moment ! C’était au Varia, qui n’était encore qu’un ancien lieu de spectacle avant guerre, transformé en une petit entreprise et redevenu un théâtre… c’était un énorme espace entouré de murs nus, avec un gradin monté dedans. Le sol avait été aménagé en une vraie piscine, y compris les coulisses. Jean-Claude de Bemels avait fait en sorte que les fauteuils des premiers rangs (inoccupés bien sûr !) baignent dans l’eau comme s’ils s’y enfonçaient. Il y avait un petit chariot dont le plateau était au niveau de l’eau et sur lequel se trouvait – à sec – le fauteuil de mon maître Hamm, donc tu avais vraiment l’impression que ce fauteuil à roulettes sur lequel Claude Etienne était installé flottait et glissait à la surface de l’eau quand je le poussais autour du plateau. Moi – en jaquette – j’évoluais à ses ordres et à ses pieds, constamment dans l’eau ou grimpant au sommet d’échelles de 5 mètres posées contre les murs à gauche et à droite où il y avait une porte avec une petite fenêtre et devant cette porte je mettais encore une échelle que j’avais sur mon épaule pour accéder à cette fenêtre. D’un côté c’était une vraie porte dans le mur, mais qui donnait sur les toits, de l’autre côté, ils avaient fait l’équivalent, mais c’était factice. Patauger dans l’eau pendant les 2 heures était plutôt fatigant, mais j’étais jeune et souple. Bref, quand je raconte cela, ça fait un peu ancien combattant. Je me plais aussi à préciser ici que – à l’époque – c’est cette Fin de Partie engloutie qui a sauvé le Varia du naufrage… En effet, les pouvoirs publics avaient décidé de fermer le Varia… Mais lorsque vint la dernière pièce de la saison – la nôtre... avec son succès retentissant – le mouvement de protestation public et dans la presse, les contraignit à changer d’avis. C’est donc grâce à toute l’équipe de cette illustre Fin de Partie qu’il n’y eut point de fin pour le Varia.

En 1983, Fin de Partie vous a valu 2 Ève du Théâtre, à toi celle de meilleur comédien, et celle de la scénographie pour Jean-Claude De Bemels.

Et ce n’est pas tout ! Imagine-toi la taille de mon cou cette année-là, lorsque j’ai également reçu le « Challenge Theatra » un prix décerné par Moët & Chandon. Les autres années c’était partagé, un pour le Rideau ou les Galeries ou le Parc, l’autre pour le National….Et puis, là, moi j’avais eu droit aux deux… Mais de fait, cette Fin de Partie a été un spectacle extraordinaire…

Il me faut aussi souligner que, ce qui avait joué en ma faveur pour décider le jury, c’est que la saison précédente j’avais créé en français Ella de Herbert Achternbusch, un dramaturge allemand en vogue, et que ce spectacle avait fait aussi beaucoup de bruit. Philippe Van Kessel avait pris l’initiative de créer ça en français à l’Atelier Saint-Anne et en assurait également la mise en scène. C’est l’histoire d’un type après la guerre, qui vit avec sa mère dans un poulailler et qui raconte l’histoire et la vie atroce de sa mère devenue muette ou qui a renoncé à parler. Il raconte cette histoire telle qu’il l’a entendue de la bouche de sa mère, mais il la raconte à la première personne et il la ressasse sans arrêt. Il faut dire que lui-même est un peu atteint … Et comme cela se passe dans un poulailler, tu imagines. Je ne sais pas si tu as connu le petit Théâtre Sainte Anne au Sablon ? Il y avait la cage de 5 mètres de haut au centre et les spectateurs sur 2 rangées tout autour, mais la salle était tellement petite qu’ils étaient vraiment collés contre le grillage de la cage dans laquelle je me trouvais avec les poules.

De vraies poules ?

Oui, parfaitement, vingt vraies poules … et qui connaissaient le spectacle par cœur ! Il y avait un moment où je cuisinais sur une vieille cuisinière à gaz et les poules se déchaînaient pour s’emparer de la nourriture… ça avait un côté vraiment… euh … C’était fascinant, vraiment fascinant.

Donc ces 2 événements théâtraux convergeaient pour que j’aie, entre guillemets, « mon heure de gloire » ! Pour autant qu’on puisse parler d’heure de gloire en Belgique, tu m’as bien compris ☺ !

Mais ça a été un moment unique qui a été filmé d’ailleurs. Il y a une intégrale de Ella pour la RTBF. Une captation faite en studio ! Je ne te raconte pas…

Avec les poules en studio ?

Toute la cage a été reconstruite dans le studio, tout le bazar. Et elle était très haute en fait. Au Sainte-Anne, il y avait une petite galerie sur un deuxième niveau et la cage allait jusqu’au plafond en 4 niveaux et elle faisait 3 m x 3 m avec des petites passerelles inclinées comme il y en a dans les poulaillers, si ce n’est que je devais les pratiquer moi-même jusque tout en haut.

C’est un bon souvenir ! En fait, j’ai toujours eu la chance de faire des trucs assez spéciaux.

Philippe Van Kessel dit qu’il monte des textes théâtraux et pas des textes littéraires. Parallèlement on dit de toi que tu es un comédien plus intuitif que cérébral. Tu es d’accord avec cela ?

Je ne suis pas assez cérébral pour te répondre ☺ !

En relisant Godot, j’ai vu qu’il y a beaucoup de didascalies dans l’écriture de Beckett... Elvire Brison les a toutes respectées.

Les ayant droit sont très stricts à ce sujet et l’écriture de Beckett est comme une partition, mais il y a la façon de dire le texte et bien évidemment, ça, ça n’est pas écrit ! Ce qu’Elvire dirige et maîtrise, c’est comment le personnage se construit au fur et à mesure des répétitions. Ce qui me séduit chez Beckett c’est son style et son écriture. L’évidence de ce qu’il écrit quand on doit dire son texte. S’écarter trop de l’écriture ne servirait absolument pas la pièce parce que tout est d’une telle évidence. C’est là que tu reconnais un grand texte, c’est quand tu dois le dire. Tu peux écrire de très belles choses mais si elles ne sont pas faites pour le théâtre, c’est injouable ! J’ai eu exactement la même sensation avec Bernard-Marie Koltès, lorsque j’ai joué Dans la Solitude des Champs de Coton [3]. Quand tu lis ce texte tu te dis que c’est injouable, rébarbatif et certainement très ennuyeux pour le spectateur. Mais quand j’ai dû l’étudier, j’ai été très surpris : le texte est entré tout seul, comme ça… alors que je craignais que ce ne soit la galère …et on le restitue de la même manière… Dans la plupart des pièces que l’on joue, (sauf quand ce sont des vers, et encore), il arrive parfois que l’on remplace un mot par un autre équivalent, mais avec Koltès, non, ça n’arrive pas. Et c’est un peu la même chose que j’ai eue avec Beckett. C’est un grand bonheur pour moi de pouvoir jouer cela.

Quel est ton regard sur le personnage de Vladimir ? C’est qui ce gars ?

D’abord je n’ai pas réfléchi à la question parce que ça ne m’intéresse pas beaucoup. En général. Pas parce que c’est Vladimir. Je m’interroge rarement sur le personnage que je dois jouer. Je suis plutôt à l‘écoute de ce dont le metteur en scène a envie, et puis je vais dans ce sens-là. Donc je n’avais aucune idée préconçue du personnage et je n’en ai toujours pas. Ça pourrait paraître bizarre, si ce n’est que je me fais quand même une idée sur la manière de le jouer. Maintenant ce qu’il pose est tellement désespérant, de même que pour Estragon, que ce n’est pas tellement enthousiasmant au niveau de la pensée qui est véhiculée… Sinon que te dire au sujet de Didi ? C’est un gars de mon âge ou même un peu plus vieux et qui n’est pas plus heureux que ça (rires !)

Tu vas très bientôt reprendre La Cuisine d’Elvis [4] Est-ce le même plaisir ?

Comme je te l’ai dit, j’ai eu la chance de jouer des trucs … souvent pas courants, La Cuisine d’Elvis est un autre exemple.

Combien de représentations jusqu’ici ?

Un mois au ZUT lors de la création en mai 2006, ensuite la reprise au Poche un an plus tard. Et maintenant on va le reprendre fin janvier d’abord à Ath, ensuite à Charleroi et on fera pratiquement tout le mois de février à la Toison d’Or.

Avec la même distribution ?

Ah oui, bien sûr ! Il y aura, bien entendu, Isabelle Defossé , Vincent Lécuyer, et Cathy Grosjean, qui avait créé le personnage de Jill et avait dû le céder à Laure Vauglaire pour la reprise au Poche, parce qu’elle était enceinte. Les deux fois c’était une magnifique distribution. C’était génial. Alors ça ! J’en ai un souvenir … Mais quelle pièce de génie ! Comment est-ce qu’on arrive à écrire des trucs aussi géniaux, décrire de telles situations ? Quelle cohérence ! Parce que ce qui se passe dans cette cuisine insensée est complètement fou, mais tout est crédible…

Et tu chantes vraiment ?

Ah, mais bien sûr ! Ça me déçoit si les gens croient que c’est du play back !

Et pour l’accompagnement ?

C’est une orchestration qui a été faite par ordinateur tout simplement, et la bande passe. Une fois que c’est parti, tu n’as pas intérêt à te planter parce que l’orchestre ne peut pas te reprendre…

Comment se fait-il que tu parles si bien l’anglais ??

Je parle bien anglais parce que je suis anglais, même si je suis né à Bruxelles. Voilà, c’est simple : quand j’étais petit je ne parlais qu’anglais. Mais quand on chante, ça ne veut rien dire. Curieusement les chanteurs d’opéra peuvent chanter dans toutes les langues et bizarrement, on ne remarque pas les accents.

Tu termines l’INSAS en 1968, c’est quand même une année qui a certaines résonances... Quelle était l’atmosphère dans les écoles de théâtre à l’époque ?

Oui, je sors de l’INSAS en 68. Il y avait une certaine agitation ou mobilisation, enfin à l’échelle belge … Il y avait des assemblées générales dans les théâtres… Je me souviens de Jacques Huisman disant d’un côté, “Mon théâtre c’est une usine” et de l’autre Pierre Laroche disant : “Prenons le pouvoir” (rires) et je me souviens aussi de Dimitri Balachoff – un des « hauts personnages » du monde culturel mis en cause – qui, disait à un moment donné, à un des jeunes contestataires que nous étions : “Monsieur je conteste la couleur de votre cravate”. (rires) Donc tout cela était complètement ridicule... Cela se passait sur la scène du National où se déroulait une de ces grandes Assemblées.

Il y a eu des grèves de cours, des grèves d’examens, ce genre de truc, mais il n’y a pas eu d’occupation, sauf peut-être à l’IAD ?

Et les profs ? …

Oui, il y en avait qui se remettaient en question, disant des trucs comme “Je me sens un peu coupable… ” etc.

C’était plus facile alors de devenir comédien ?

Oui. D’abord nous étions beaucoup moins nombreux. En plus c’était l’âge d’or du National, donc il y avait un boulot énorme : La création d’une douzaine de grands spectacles par an, … Tu pouvais faire tes débuts en sortant de l’école. Mais en tout cas, on ne parlait jamais de chômage, ce qui fait qu’en sortant de l’INSAS, de l’IAD ou du Conservatoire, on ne se posait même pas la question, et en général, tout le monde finissait par bosser. Maintenant est-ce que c’était plus intéressant, ça c’est une autre histoire. Mais l’avantage de 68, a été l’apparition des « compagnies » qui ont amené un peu de fraicheur dans un paysage théâtral belge assez conventionnel jusqu’alors…

À l’exception peut-être du Théâtre de Poche créé par Roger Domani dans les années 50 qui, dès le début, a fait des miracles. Le Théâtre de Poche était un théâtre expérimental d’avant-garde qui, à l’origine, se trouvait au fond d’un cul de sac dans les Galeries d’Ixelles. [5] Domani faisait venir des auteurs jusqu’alors inconnus. Je ne sais pas comment il faisait pour s’en sortir... sinon qu’on disait qu’il ne payait pas ses créanciers à temps. C’est d’ailleurs de là que venait son surnom, car il leur disait toujours : « domani, domani…. » Je le sais d’autant mieux que j’y ai travaillé quand j’avais une quinzaine d’années : je vendais les tickets. Et j’ai remballé plus d’un créancier, en disant qu’il n’était pas là et qu’il fallait qu’ils reviennent.

15 ans ?

Oui, peut-être 16. J’avais quitté l’école et très vite j’ai trouvé ce boulot. Je ne suis retourné à l’école que pour préparer l’examen d’admission de l’INSAS, parce qu’à l’époque ça pouvait encore se passer comme cela.

L’amour du théâtre dès le plus jeune âge ?

C’est peut-être un mot excessif, mais j’ai toujours voulu être comédien. Au départ c’était peut être inconscient, mais à 16 ans, oui c’était très clair et si j’avais été au Poche pour trouver du boulot, ce n’était pas innocent.

En 1999 tu es de nouveau récompensé comme meilleur comédien de la saison à la fois pour ton interprétation de Glenngary Glen Ross de David Mamet et Caprices d’Images de Paul Emond.

Ah, j’avais un rôle génial dans Glenngary, et encore une fois, Marcel Delval en avait assuré la mise en scène. Cette pièce, par ailleurs très bien construite autour de rôles masculins incisifs, relate une belle arnaque montée par des vendeurs qui s’affrontent autour de 2 projets immobiliers de terrains pourris : Glengarry Highlands et Glen Ross. [6]

Quel rôle aimerais-tu jouer ?

Rien de particulier. Je vois ce qui m’est proposé au fur et à mesure.

Tu as déjà refusé un rôle ?

Non, pas que je me souvienne. En général on me propose des choses intéressantes J’ai eu cette chance-là d’avoir le plus souvent des trucs plus spéciaux. Ce qui ne veut pas dire que c’était bien joué ☺

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Dans le cabinet de curiosités qu’est ton CV, on trouve que tu as également joué un texte d’Alain Van der Biest... "le" Alain Van der Biest ?

Précisément ! N’oublions pas que cet ancien Ministre PS était aussi un écrivain, et pas seulement celui qui fut inculpé d’avoir commandité l’assassinat du Ministre PS André Cools. Emprisonné pendant de nombreux mois à Lantin sur base de ces suspiscions, il y a écrit La Nuit, la Vie qui raconte sa vie pas banale en prison (1997), ses rapports avec les autres prisonniers et les gardiens, ceux d’un prisonnier "différent" . C’est un journaliste et politicien (cdH) liégeois, John Erler, qui en a fait un monologue, que j’ai créé au Festival de Stavelot en 1999 et qui a été repris au cours de la saison suivante au Théâtre de l’Étuve à Liège. Bien évidemment il y avait souvent des politiciens dans le public... Dire ce texte, alors qu’Alain Van der Biest était encore en vie a été une expérience de plus dans ma carrière. [7]

Au fil du temps, – réaction en chaîne ?– tu es devenu ce comédien atypique, recherché par les metteurs en scène pour cette spécificité de pouvoir endosser des rôles de personnages assez déjantés …

Certainement. Et avec cela, je n’ai jamais eu de mauvaise surprise ! Pour moi c’est un tout. Il faut que les répétitions soient un plaisir Absolument. J’attends d’un metteur en scène que ce soit quelqu’un de présent, quelqu’un de cool, de disponible, qui sait ce qu’il veut et qui n’est pas un malade du travail. Parce que si tu dois répéter 12 heures par jour, tu ne vas pas faire du bon travail, en tout cas, certainement pas meilleur. Ça il ne faut pas me le demander car je ne vais pas consacrer ma vie à ne faire que ça.

Justement, j’allais te demander quels sont tes hobbies ?

J’adore lire, l’informatique, la création de bijoux, les jeux vidéo, le travail du cuir, la sculpture, je trouve toujours à m’occuper. Voilà, j’ai ma vie privée, ma famille et pour moi ceci passe avant tout.

Des envies d’écriture ?

Non, et d’ailleurs c’est pareil pour la mise en scène : cela ne me tente pas. Pour ça, il faut avoir quelque chose à dire… Faire la démarche et être l’instigateur, non. Je peux collaborer et donner mon avis, mais ça s’arrête là, parce que je ne vois pas pourquoi je monterais cette pièce-là plutôt qu’une autre...

Et du point de vue cinéma ?

J’ai fait pas mal de films et de TV. J’ai tourné avec Delvaux, Jean-Daniel Verhaeghe, Gilles Behat , Yves Boisset, Josée Dayan, entre autres. Autant j’ai pu avoir envie d’en faire à une certaine époque parce que ça faisait miroiter des choses, autant je me suis dit que ça me priverait peut-être d’une certaine liberté. Mais à l’époque, qu’est-ce qu’on pouvait attendre du cinéma belge ? Il offrait très peu de retombées, n’ayant alors que très peu de reconnaissance internationale. Vingt ans plus tard , j’ai participé au premier long métrage des frères Dardenne – Falsch – dont je regrette qu’ ils ne parlent jamais, comme si La Promesse était leur premier film…

Y a-t-il des choses que tu aimerais changer dans le monde ?

Non, il est parfait ! Non, je rigole, comme dit ma fille... Ce n’est pas vrai ! J’aimerais que le monde change. Je trouve que le système économique dans lequel nous vivons est une abjection absolue, le capitalisme est un rouleau compresseur sans état d’âme qui ne connaît qu’une loi, le profit et après moi le déluge ! Mais je n’ai pas LA solution pour résoudre le problème… Dans les années 68 et celles qui ont suivi, on pouvait se bercer d’illusions. Mais aujourd’hui le capitalisme est au pouvoir dans le monde entier et y dicte sa loi sans que rien ni personne ne lui fasse obstacle.

Mais je n’ai pas envie de parler de politique, une autre fois peut-être ! Ou alors après que “Godot” soit venu...

C’est un peu Vladimir qui parle là ?

Non, je ne sais pas. Il n’est pas tellement désespéré, ou alors si c’est le cas, le personnage ne m’en a pas parlé ! Moi j’ai l’impression qu’il ne se donne même pas la peine de penser encore à ça. Il y a peut-être pensé dans le temps, mais il est arrivé à un point où il lui suffit juste de survivre.

Merci pour ce plaisir que tu nous donnes lorsque tu es sur scène. On peut aller t’applaudir dans En attendant Godot jusqu’au 15 décembre et puis on pourra te voir ou te revoir dans La Cuisine d’Elvis :

- le 23 janvier 2010 - Ath : Centre Culturel Réservations : 068/26.99.89 mca@ath.be

- du 25 au 29 janvier 2010 - Charleroi : L’Eden Réservations : 071/20.29.99 ccrc@skynet.be

- du 3 au 27 février 2010 - Bruxelles : Théâtre de la Toison d’Or Réservations : 02/510.05.10 info@theatredelatoisondor.be


Interview Nadine Pochez


[1] jusqu’au 15 décembre

[2] Elvire Brison dirige Le Théâtre du Sygne : http://www.theatredusygne.be

[3] 1996-97 et 97-98 au Théâtre de la Vie m.e.s Herbert Roland

[4] mise en scène de [Georges Lini

[5] Les Galeries d’Ixelles qui, prolongées, sont devenues par la suite les Galeries de la Toison d’Or qui abritent actuellement le Théâtre éponyme, désormais connu comme TTO

[6] Cette pièce a reçu le Prix Pulitzer et 10 ans plus tard, on en a tiré un film

[7] Pour mémoire, après avoir été libéré, mais devant encore comparaître sur base de nouveaux éléments, Van der Biest s’est suicidé le 17 mars 2002 en clamant son innocence.

 

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