Jeu de société

Scéno blanche, immaculée et inconfortable, salon design branché, promesse de soirées pincées et faussement enjouées. La parfaite illustration du « vide existentiel d’un couple aisé », selon la scénographe Renata Gorka. Plongée dans le monde stéréotypé de ceux qui ont tant de tout qu’ils ne savent même plus ni comment ni quoi désirer… Voilà la première image de la « Société des loisirs ». Avant la première phrase. « Oui, oui, nous sommes heureux. Vraiment très heureux ». Derrière cette phrase, le mensonge criant des « bien-dotés de la vie », ceux qui cachent un vide existentiel derrière une existence conforme. Bonne situation, belle maison, un enfant et demi et si je veux, vacances de rêve à température souhaitée et dosage de rhum désiré dans mojito convoité sur plage fantasmée et une piscine-mais-pas-le-temps-d’en-profiter-on-a-tant-de-boulot .

Ce soir, on organise un petit souper sympathique et convivial pour signifier à son meilleur pote qu’on met fin à une longue amitié pour cause de non compatibilité de chemin de vie. Lui, une amie « plus » (entendez « au lit »). Vous, mariage et désert sexuel….

Succession de poncifs sur la bourgeoisie nouvelle, le texte gagnerait cependant en efficacité si ces évidences de vide confortable (?) étaient suggérées plutôt que soulignées. Le trait est certes volontairement grossi, tant par l’auteur que par le metteur en scène, de cette richesse qui enferme et attriste, mais plus de légèreté aurait davantage pointé avec justesse les dérives d’une société qui se capitalise dangereusement, vidant par la même individus et relations de l’humanité un peu bordélique mais ô combien vivante des êtres qui souffrent et jouissent « en vrai ».

Reste le jeu superbe et juste d’Anne-Pascale Clairembourg, époustouflante dans ses failles et ses forces, ses crises d’alcool et de folle perdition. Restent les rires, nombreux et justifiés, d’un public qui en prend au passage pour son grade. Restent les interludes musicaux, choisis avec une finesse juste.

Et reste surtout le propos, nécessaire et suffisant, et le texte, cru et féroce, en adéquation violemment acerbe avec ce même propos.

Au final, reste donc un spectacle, certes perfectible, mais drôle et intelligent, porté par des comédiens à l’aise et généreux.

Isabelle Plumhans
 

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