Gaëtan Bayot

Gaëtan Bayot, dans « Souffleurs aux gradins » au Théâtre de la Toison d’Or jusque’au 1 octobre 2005

Ce concept simple mais percutant veut redynamiser le spectacle d’improvisation. Le spectacle est une véritable bouffée de fraîcheur dans un univers aux thèmes interactifs, sans préparation collective, sans arbitre ni pantoufle.

Le spectateur est ainsi entraîné dans le tourbillon de ses propres folies, décortiquées par 4 improvisateurs, sous la conduite d’un présentateur qui s’amuse à leur compliquer la tâche.

Comedien.be est parti à la rencontre d’un de ces improvisateurs, Gaëtan Bayot.

Quel est ton parcours personnel, comment es-tu arrivé dans ce monde de l’impro ?

Gaëtan Bayot A 14 ans j’ai eu envie de faire du théâtre et j’ai commencé de manière un peu traditionnelle. J’ai pris des cours à l’Académie de Nivelles ; en diction, déclamation et art dramatique. C’était une très bonne formation parce qu’on apprend les bases. Cela t’apprend à travailler dur car c’est évidement en plus de l’école et que, quand tu as 15- 16 ans, il faut être motivé !

Le théâtre m’inspirait beaucoup et le fait de découvrir, grâce aux différents cours, des pièces ou des genres littéraires qui m’étaient encore inconnus m’attirait énormément.

Tu as donc terminé ces six années de cours et puis tu t’es dirigé vers le Conservatoire ou l’une de ses « grandes écoles » théâtrales ?

Non, je n’ai pas fais d’étude théâtrale. J’ai fait une licence en droit et puis après j’ai encore étudié le journalisme. Mais pendant mes candis, j’ai continué à faire du théâtre à l’unif.

J’ai fait aussi des stages d’été à Paris, au Cours Florent. C’était chouette de découvrir une autre ville, d’autres gens, une autre manière d’enseigner et surtout de faire du théâtre du matin au soir. D’autant plus que ces cours rassemblaient des gens d’univers très différents. Il y avait une cantatrice allemande ainsi que des débutants, c’était assez varié ! Mais c’est vraiment lors de ma 3ème année d’unif que j’ai découvert l’impro. Il y avait un projet qui s’appelait l’ « Impro kot », qui proposait des matchs régulièrement. Et là, j’ai vraiment accroché !

Je me suis retrouvé au milieu de joueurs qui avait plusieurs années d’expérience. Du coup, j’ai pu profiter de leurs expériences grâce aux entraînements et à mes premiers matchs. C’était très motivant et j’ai appris énormément.

J’ai continué l’impro et me suis retrouvé en équipe nationale. J’ai fait partie de cette équipe pendant neuf ans. Nous avons gagné sept fois les championnats du monde ainsi qu’un grand tournoi avec la Belgique, le Québec, la Suisse et la France. Au cours de ma huitième année, j’ai voulu arrêter, mais notre équipe n’a pas remporté la victoire et je ne voulais pas terminer ma carrière sur une défaite. C’est à ce moment là que les « souffleurs aux gradins » sont venus me chercher pour faire partie de leur spectacle.

Après autant d’années dans le monde de l’improvisation, as-tu ressenti le besoin d’en modifier les règles de bases ?

Quand on a créé « Souffleurs aux gradins », c’est parce qu’on commençait à en avoir marre du même concept, des équipes qui s’affrontent, des pantoufles, des thèmes tirés en longueur… On a voulu redynamiser tout ça ! Et le concept a énormément évolué. Cela fait 10 ans qu’on joue le spectacle et on a fait plus de 500 dates. On a commencé à jouer au Cercle Sainte-Anne, puis au Bouche à Oreille et à l’Acte 3. Pour nos 10 années, Nathalie Uffner nous a proposé de jouer au théâtre de la Toison d’or.

Parallèlement à ça, j’ai eu toute une série de projet d’impro qui ce sont concrétisés. On a eu des déclinaisons au sein de notre compagnie, on a fait « Studio Impro » et puis « Random 2.0 » et d’autres projets, notamment avec Benoît Verhaert, qui allaient du kitch au délirant en passant par des commandes pour des festivals médiéval qui ce passait au sud de Grenoble (France).

Il y a également d’autres spectacles qui ont fait leur apparition comme l’Improsession et l’Impromusique classique. Je trouve que c’est une très bonne chose car cela donne aux gens le goût d’aller dans les spectacles d’impro. En plus il n’y a aucune concurrence entre nous. On remarque que le public revient souvent nous voir parce que c’est un moyen sympa, interactif et attractif d’aller au théâtre, surtout pour les jeunes.

Pense-tu, par ton expérience, qu’il y a des comédiens professionnels qui seraient incapables de faire de l’impro ?

Un bon comédien de théâtre et un bon comédien d’improvisation sont deux personnes tout à fait différentes. Il y en a qui passe très bien de l’un à l’autre. Et je suis persuadé qu’il y a de très bon improvisateurs qui sont de mauvais comédiens et vice-versa ! Mis à part le fait de se tenir sur une scène face au public, ce sont des disciplines qui utilisent des techniques très différentes.

Quel doit être la qualité principale d’un bon improvisateur ?

La grande qualité d’un improvisateur, c’est l’écoute de ses partenaires. Souvent, quand tu as un texte, tu as tendance à moins écouter. Mais en impro, si tu n’écoutes pas ce que l’autre dit, tu ne sais pas continuer. Je pense donc que les deux disciplines sont différentes et tout à fait complémentaires. Certaines mauvaises langues diront qu’ils font du « vrai théâtre » et que nous ne sommes que des amuseurs publics. Pourtant la ligue d’impro a été pendant très longtemps une magnifique vitrine pour les comédiens qui sortaient du Conservatoire.

Tu as l’impro dans la peau, bientôt tu feras du coaching, et tu es aussi animateur radio sur VivaCité. Tu es assez polyvalent ! Y a-t-il d’autre chose qui te tenterait si tu en avais l’opportunité ?

J’ai la chance d’exercer un métier qui me permet de gérer mon temps comme je le veux et de ne pas être en demande de projet pour des raisons financières. Ma seule demande, c’est l’envie ! J’aimerais bien faire du cinéma…

Dans quel genre de films aimerais-tu jouer ?

J’aime bien les comédies britanniques ou un film en costume d’époque, parce que je n’ai jamais porté de costume (je suis toujours en pantalon noir et chemise blanche !). Et si Corbiau me téléphone je ne dirai pas non (rires). J’aimerais réaliser de beaux projets au théâtre, en radio, en télé, ou au cinéma, parce que j’ai la chance de faire pour le moment exactement ce qui me plait. Mais comme dans toutes les envies il faut que cela se renouvelle régulièrement.

Je suis tout à fait ouvert à d’autres projets. Je sais que beaucoup de choses voient le jour grâce à des rencontres. Que ce soit par la radio, où j’interview pas mal de gens, ou par mes performances sur scène, tout est un moyen de se faire reconnaître. Et par apport à la Belgique, est-ce que ce pays t’inspire, ou comme beaucoup de comédiens tu penses mieux réussir ailleurs ?

Ces 5 dernières années, en Belgique, il s’est passé plein de choses. Il y a une énergie en ce moment. Il n’y a qu’à voir le nombre de théâtres ou de lieux de spectacles qui s’ouvrent, c’est hallucinant ! Il y a l’Atelier 210 qui s’est ouvert récemment, l’Arrière-scène… Je souhaite que ces lieux perdurent, ainsi les gens prendront l’habitude d’aller au théâtre. Les Belges ont la cote en France. Au début, c’est parce qu’ils étaient moins chers ! Mais maintenant les Français se rendent compte que les comédiens belges n’ont pas d’accent et qu’ils sont très imaginatifs. Ils sont en général très créatifs car ils ont grandi dans un pays où 3 langues se côtoient et où il y a un véritable brassage culturel. C’est bien différent d’un comédien qui a vécu à Paris et qui prend sa capitale pour le centre du monde !

Oui, en Belgique et à Bruxelles on est en train d’assister à un essor culturel et je suis content avoir l’âge que j’ai et vivre ce changement.

As-tu un conseil à donner aux comédiens qui liront cette interview ?

J’aimerais faire tomber les a priori qu’ont les comédiens sur les improvisateurs. Par définition un comédien devrait être ouvert à tout et justement aux spectacles qui cumulent comédie, danse, acrobaties… Ne soyez pas coincés dans votre discipline.

Si il y a un conseil que je donnerais, c’est de surfer sur cette vague de polyvalence, de s’intéresser au spectacle dans les autres langues, de ne pas rester cloisonné. Il faut surtout ne pas hésiter à se bouger, à monter des projets ; et ne pas rester à côté de son téléphone espérant qu’un réalisateur nous contacte !

Il faut de toute façon une base, une spécialité qu’on acquiert grâce aux écoles ou aux expériences de la vie. Pour moi le théâtre était un métier de passion et le Conservatoire est un des moyens pour arriver à faire du théâtre. Mais ce n’est pas le seul et unique moyen, je connais plein de comédiens qui tournent bien et qui n’ont jamais été dans ces écoles-là. Oser les rencontres, la découverte… Si vous allez au resto, prenez le plat que vous ne connaissez pas, si il n’est pas bon vous n’allez pas en mourir !!!

Interview et photos de Christy Evenepoel

 

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