Gaëlle Swann

A l’occasion de la réouverture du café-théâtre du TTO, la comédienne et musicienne Gaëlle Swann nous raconte son histoire et son arrivée à la gestion de ce projet. Débordante d’idées et de dynamisme, cette trentenaire ne mâche pas ses mots et entend bien transmettre sa passion des planches au plus grand nombre. Tête-à-tête avec une jeune belge qui a plus d’une corde à son arc.


Quel est votre parcours ? Comment êtes-vous arrivée dans le monde du spectacle ?

J’ai fait beaucoup de musique quand j’étais adolescente, de la percussion principalement. J’ai participé à de nombreux spectacles en tant que musicienne avant de faire le choix de me diriger vers des études de théâtre. C’est assez drôle parce qu’à la base, je voulais faire des études de philo. Mais lorsque je suis allée m’inscrire à l’université, il y avait trop de monde dans la file, donc je suis partie (Rire). Je me suis donc inscrite au Conservatoire de Bruxelles en art dramatique. J’en suis sortie en 2006. Après quoi, j’ai réalisé pas mal de doublage. Ensuite, j’ai participé à l’initiation d’un spectacle qui a reçu les subventions de la CAPT (Conseil d’Aide aux Projets Théâtraux) de la communauté française. Nous étions 5 dans le projet et nous avons eu la chance en tant que jeunes comédiens d’obtenir très agréable pour monter un spectacle. En même temps, je rentrais à la ligue d’improvisation, tout en continuant à faire du doublage et de la musique. Je suis comédienne avant tout, mais mon deuxième métier, c’est musicienne. D’ailleurs, je suis dans plusieurs groupes.

Vers quoi vous dirigez-vous plus facilement ? Quel « style » de théâtre ?

Je me sens un peu divisée, parce que j’aime beaucoup ce théâtre où on se jette contre les murs, le théâtre « cérébral », un peu prise de tête. Ça me plaît. D’un autre côté, j’aime beaucoup l’humour et je ne peux pas m’imaginer dire que je ne ferais jamais de spectacle humoristique. Je m’imagine assez mal choisir l’un ou l’autre. Naturellement, je vais vers des choses humoristiques.

En 2010, vous avez créez la compagnie du « Scopitone », un petit mot ?

Avec le Scopitone, on n’a fait qu’un spectacle pour l’instant, mais on a réussi à lier théâtre et musique ce qui nous permet de ne pas être frustrées, de pouvoir faire un peu de tout. Fondamentalement nous sommes 5, même si on ne se retrouve que très peu au complet sur les plateaux. Mais ce n’est pas exclusif. Au contraire, on veut travailler en compagnonnage, c’est-à-dire que ceux qui sont dans la compagnie auront la priorité pour participer à un spectacle, mais ça ne nous empêche pas de travailler avec d’autres personnes. J’avais envie de monter un projet où je pouvais allier mes disciplines : chanter, faire de la musique et jouer. Nous sommes parties sur l’idée de créer un spectacle complet, car nous trouvons ennuyeux les spectacles où les comédiens ne savent pas bouger, ne savent pas chanter,… J’aime voir quelque chose où l’on m’emmène. On avait envie de se lancer ce défi. La compagnie est née de cela, mais aussi de l’envie de travailler avec certaines personnes.

Votre premier spectacle a été représentatif de vos attentes et envies...

J’avais envie de traiter une thématique qui m’obsède, la mort. C’est une grande angoisse. j’ai donc écris un spectacle qui traite de la mort mais de façon très légère et ludique. On y danse, on chante, on rigole. Il y a une énergie de malade dans ce spectacle. Ça court tout le temps. 80 minutes où tout le monde s’agite. La pièce s’appelle « Un cas barré » et on la rejoue à la Vénerie les 3,4,5,10,11 et 12 octobre 2013. Le spectacle suivant sera lui aussi dans cet esprit interdisciplinaire et musical, mis en scène par Antoine Guillaume qui travaille au Théâtre de la Toison d’or.

En parlant du TTO, vous avez pris en main la réouverture de leur café-théâtre. Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de participer à ce projet ?

Pourquoi nous on est là ? Eh bien, quand j’étais étudiante au conservatoire, j’étais ouvreuse au TTO et j’ai continué à le faire même après car je m’y sentais bien. Mon fantasme de jeune comédienne, c’était qu’un jour je joue au Théâtre de la Toison d’or. (Rire) J’y ai joué l’année dernière et dans mon texte de présentation, j’ai dit que j’avais beaucoup traîné dans les couloirs du TTO pour rencontrer Nathalie Uffner. Maintenant le mythe est passé, parce que j’ai grandi mais adolescente c’était bien présent. Aujourd’hui, Nathalie aime ce que l’on fait et on est suffisamment présentes dans la maison pour qu’elle ait confiance en nous et croit aux projets qu’on lui propose.

La programmation du café-théâtre suivra votre lignée artistique : musique, chant, chorégraphie ?

Complètement. On a tenu à ce qu’on puisse faire des concerts. On fait tout de même très attention à ce que Nathalie Uffner et Sylvie Rager soient en accord avec ce qu’on propose. Quand on a dû faire la programmation de saison, on leur a montré et on leur a demandé ce qu’elles en pensaient. Mais attention, pas d’amalgame entre notre compagnie et le café-théâtre.

C’est-à-dire ?

Notre compagnie est programmée au café-théâtre comme les autres qui y sont programmées. C’est-à-dire qu’en général, on ne fait pas forcément que des spectacles humoristiques. Alors qu’ici pour rester dans la lignée du TTO, on ne fait que de l’humour. Du coup, on veut vraiment dissocier ces deux choses.

Vous allez être bien occupée cette année si je comprends bien !

C’est sûr, il y a évidemment le café-théâtre qui me prend du temps et qui va m’en prendre énormément, mais j’ai accepté. (Rire) J’étais très honorée qu’on me propose le poste. Mais en même temps, ma compagnie vient d’avoir deux ans. Pour moi, c’est un bébé que je veux faire évoluer. Encore à côté, j’ai un projet qui me tient à cœur, un spectacle assez noir avec des comédiennes renommées : Valérie Lemaitre, Ingrid Heiderscheidt et Janine Godinas. Ce ne sera pas pour cette saison mais on travaille dessus. On attend qu’une chose, répéter.

La réouverture du café-théâtre est un beau et grand projet, pas trop stressée ?

Pour ma part, là on se lance dans une vraie aventure. On est hyper impatient d’y être. Le 22 septembre, c’est la première pièce que je mettrai en scène. On espère du monde et on fera tout pour que ça se remplisse bien.

Quelle moyenne d’âge voudriez-vous attirer pour cette saison du café-théâtre ?

Avant, le café-théâtre était tenu par des étudiants et ça visait surtout un public jeune. Le prix était (et restera) raisonnable pour eux, mais l’on a aussi envie de aux 20 à 35 ans, voire plus. Avec cette programmation, l’idée est de viser un large public. Nous voulons attirer des gens qui viennent aussi en semaine au TTO et qui puissent se sentir concernés par les thématiques, malgré le fait que ce soient des jeunes comédiens sur scène. Les jeunes ne sont pas les seuls à pouvoir rentrer. C’est ça notre démarche.

Propos recueillis par Céline Brut.

 

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