Fabrice Gardin

Avec l’adaptation de L’Assassin habite au 21 de Stanislas-André Steeman, pour le Théâtre Royal des Galeries - où il est également Attaché de presse -, avec sa pièce Une Vie d’Infortune, qui débute pratiquement en même temps à l’Arrière-Scène, et un roman policier Davies, la Mort qui tue qui sort également en octobre, Fabrice Gardin méritait bien d’être notre invité du mois. Passionné, jovial et bon enfant, Fabrice rit beaucoup, aussi faut-il s’attendre à une certaine forme d’humour décalé dans son œuvre.

Ça fait beaucoup tout ça… Par où commençons-nous ?

Eh bien par le début ! J’ai toujours été attiré par le théâtre et j’ai toujours été attiré par l’écriture. J’ai donc orienté mes études sur ces deux axes-là : j’ai fait des études de journalisme et de communication parce que ça m’intéressait d’écrire. Je n’ai jamais rêvé d’être grand reporter ou présentateur à la télévision. Par contre, cela m’intéressait de faire des reportages d’ambiance et j’ai commencé à faire des reportages pour Vers l’Avenir. À côté de cela, j’ai toujours continué à faire du théâtre en académie, mais j’ai aussi toujours su que je n’étais pas bon comédien (rires) – c’est déjà pas mal… Donc je n’ai jamais eu la volonté d’entrer au conservatoire ou dans une école pour apprendre la comédie. Arrivé à l’ULB, je me suis intéressé et impliqué dans les ateliers de théâtre de l’Univ et puis j’ai découvert un cursus qui s’appelait à l’époque Le troisième cycle en art du spectacle vivant. Ça se faisait après la licence et c’était un cycle de 2 ans où on prenait tous les cours dont on avait envie… Quand je suis arrivé là-dedans, c’était la 2ème année que ça se faisait. L’idée était de prendre un maximum de cours en rapport avec le théâtre. En un an, je m’étais fait un cursus avec tous les cours que j’aimais - littérature québécoise, littérature polonaise, écriture de scénario… et avec tous les profs que j’aimais (rires). Et pour la deuxième année, on devait se choisir 2 semestres à l’étranger, qui étaient tous frais payés (!), ce qui, bien sûr, m’avait motivé…

Ça existe encore ?

Je crois, mais pas dans la même formule C’est ainsi que je suis parti six mois au DAMS à Bologne En fait dans certaines universités européennes – ce qui n’est pas le cas en Belgique – il y a, dans les sections dites « artistiques », autant d’ateliers pour la pratique que de cours théoriques. C’est le cas en Angleterre, en Allemagne, en Italie… et aussi à « Paris VIII » que j’ai d’ailleurs choisi avec Bologne. Pendant un an, j’ai vécu sur un petit nuage à faire des ateliers par-ci, par-là. Là où les étudiants italiens faisaient 1 atelier par semaine, moi j’en faisais 4 ! J’ai fait un atelier sur Shakespeare, un sur Henri IV de Pirandello. Outre le fait de transmettre un savoir, le but des profs était aussi d’arriver à monter un spectacle. J’ai travaillé sur un Phèdre italien où j’étais sur la scène du début à la fin, participant au choeur – sans dire un mot – parce que mon italien euh… (rires) . C’était passionnant… Et dans l’avion qui me ramenait d’Italie, j’ai lu que Dominique Haumont avait été nommé co-directeur du Théâtre des Galeries. Pour moi, à l’époque, il était une sorte de dieu : c’est lui qui avait monté le premier Barabas à Villers-la-Ville et Amadeus à Namur. Ce gars m’interpellait. Quand je suis rentré en Belgique, la première chose que j’ai faite, c’est de lui écrire. Et une semaine après, il m’appelait et il m’engageait au Théâtre des Galeries… où je n’avais jamais mis un pied. (rires) Tout ce que j’avais fait jusque là était axé sur du théâtre de recherche…

C’était ton premier emploi ? En quelle année ?

Oui, c’était en 1995. C’était un défi complètement fou puisque le théâtre était en faillite virtuelle à l’époque : il y avait 30 millions BEF de dettes, le théâtre était au Tribunal de Commerce… Après quelques mois, Dominique est parti et comme je trouvais qu’il y avait un travail intéressant à faire ici, moi je suis resté avec Jean-Pierre Rey et son adjoint David Michels. Petit à petit s’est construit le tandem : David Michels - le Directeur actuel - et moi. On a reconstruit le théâtre en faisant revenir les gens d’une manière bien meilleure qu’espérée puisque aujourd’hui, on est, en terme de public, le plus grand théâtre de Bruxelles. [1], Et quand je parle des gens revenus aux Galeries, c’est à tous les niveaux : c’est également la presse, les comédiens et les metteurs en scène. Voilà ! C’était passionnant à construire, maintenant il faut maintenir. En fait, je travaille à la production. Je participe à la programmation des saisons avec David, tout en étant bien conscient que c’est lui le Directeur et qu’en définitive, s’il y a divergence, c’est lui qui tranche. Outre une secrétaire-gestionnaire, on n’est que deux.

Justement, je vois que tu es aussi en charge des activités pédagogiques  [2] et en plus de cela, il y a ton écriture, alors je ne sais pas comment tu fais ?

Pour le timing, je ne me pose pas de question de temps, j’ai vu mon grand père et mon père travailler en usine… Quand j’ai envie d’écrire, je me mets à écrire. Je n’écris jamais d’une traite et d’ailleurs j’ai plusieurs choses en chantier en même temps.

Mais ici vous avez des heures fixes, bien souvent tu es à l’accueil

Oui, pas tous les jours heureusement. En plus des premières, je m’arrange pour venir ici 1 fois par semaine et puis, en général, 1 ou 2 fois par semaine, je vais dans les autres théâtres, non seulement pour voir le travail des comédiens et metteurs en scène, mais aussi parce que c’est une façon de se nourrir et de rester au courant.

Pour en revenir à ton actualité, comment avez-vous décidé d’adapter L’Assassin habite au 21 ? Était-ce parce qu’on fête le 100ème anniversaire de la naissance de Stanislas-André Steeman ?

Non, pour être tout à fait honnête, nous ne le savions pas. Au départ on avait voulu monter La Souricière d’Agatha Christie, mais on n’a pas eu les droits en temps utile, donc ce sera pour la prochaine saison. Comme il nous fallait annoncer la saison 2008-2009, nous avons été pris de court. Parmi quelques options, revenait L’Assassin habite au 21 que je n’avais jamais lu jusqu’ici. Je l’ai lu et le lendemain, puisque c’était moi qui devais adapter La Souricière, j’ai dit à David que je voulais bien adapter. Peut-être qu’entre temps nous avions appris qu’on allait fêter son centenaire, ce qui était une bonne raison de plus de faire ce choix. Mais ce qu’il y a de plus amusant, c’est que – ce qui ne nous était jamais arrivé – on a choisi le metteur en scène, Claude Enuset, avant que la pièce ne soit écrite ! Je connaissais bien Claude et cela a facilité le travail. J’écrivais quelques pages, on se voyait, on en discutait en on a construit la distribution là-dessus. Et quand les comédiens pressentis ont demandé à lire le texte – qui n’était pas encore écrit ! – on leur a donné à lire le roman en leur disant quel rôle ils auraient. Depuis la décision début décembre, le projet s’est construit comme ça jusque fin janvier où j’ai eu la première mouture du texte ! Après cela on l’a encore retravaillé 2 ou 3 fois car L’Assassin habite au 21 est un grand roman, mais un roman très bavard ! Beaucoup de choses ne sont plus tout à fait actuelles : il a fallu travailler le rythme, les enchaînements... Pour impliquer d’avantage les spectateurs – par rapport au roman – et qu’ils rentrent sur le plateau, j’ai retiré plusieurs personnages et j’en ai inventé un. Un journaliste ! Pourquoi un journaliste ? On se le demande, hein ! (rires)

Tu avais déjà adapté le Candide de Voltaire pour la tournée des châteaux et aussi Le Tour du Monde en 80 Jours de Jules Verne.

Pour Candide, c’est différent. C’était une idée qui me trottait en tête et que j’ai proposée à David pour la « Tournée des châteaux ». Je savais au départ que je devais faire un spectacle pour 7 comédiens, je savais que c’était un tréteau et du plein air, pas de décor et très peu d’accessoires puisqu’on changeait tous les x jours de lieu et – point très important – je savais que c’était Bernard Lefrancq qui mettrait en scène. Bernard a une créativité et une inventivité extraordinaires. On peut lui dire de monter un spectacle sans rien. Je me souviens par exemple, qu’il a transformé un tabouret en bateau, et les gens y croyaient… Je savais qu’à certains endroits de mon texte il y avait des vides qui seraient comblés pat l’invention de Bernard. Ce fut à nouveau une aventure passionnante, bien que, à ce qu’on m’a dit, j’étais quand même très très blanc lors de la Première (rires). Pour toute expérience, je n’avais alors écrit que 2 petits textes pour Marc De Roy dans La Revue, mais ce n’étaient là que de petits moments dans un grand spectacle. Ce n’est pas pareil. Cette écriture de textes pour La Revue est une excellente école : cela ne dure que 2 minutes 30 et ça doit tenir la route, ça doit faire rire ou au moins sourire. J’ai participé à 3 « Revue des Galeries » et Candide c’était au milieu de cette période-là.

Et Le Tour du Monde en 80 Jours ?

Cela n’a jamais été joué. L’adaptation existe, la prend qui veut… Elle est là.

Après Candide j’ai écrit Les Inconsolables qu’on a fait en lecture-spectacle au Théâtre du Parc. L’idée d’une lecture-spectacle est de donner l’envie au public d’en savoir plus, mais surtout à un producteur l’envie de monter la pièce. Le problème c’est qu’il n’y a pas beaucoup de producteurs qui viennent aux lectures-spectacles. (rires)

Tu as eu d’autres lectures-spectacles comme L’Hôtel Idéal lors de la « Semaine sans TV » à Louvain-la-Neuve l’an dernier ou encore Anna.

Oui, Je sais que ce n’est pas le cas de tous les auteurs, mais personnellement, je demande à pouvoir assister aux ateliers et répétitions avec les comédiens et comédiennes car cela m’aide dans l’exercice d’écriture. C’est pour moi un excellent exercice qui m’apporte beaucoup. Je sais par exemple maintenant, que je n’ai pas l’envie de retravailler Anna. Par contre, j’ai pu reprendre dans une pièce plus récente, certaines choses qui ont été dites pendant Anna notamment en parlant avec Aylin Yai.

À côté des adaptations et des lectures-spectacles il y a les pièces écrites à partir d’une feuille blanche d’un crayon ou d’une plume…

Un clavier ! J’écris toujours sur mon ordinateur, mais cela ne m’empêche pas de remplir des tonnes de carnets (rires)

Et pour relire ? Aussi sur l’ordinateur ?

Non, non

Imprimer et corriger à la main …

Voilà.

Dans le cadre de son Festival « Pour Seul Bagage », L’Arrière-Scène a programmé ta 3ème pièce : Une Vie d’Infortune à Je suis sans doute idiote, mais je ne comprends RIEN à leur pub. Qui joue quoi et quand ? En tout cas sur notre site demandezleprogramme ce n’est vraiment pas clair non plus !

C’est normal. En fait, l’Arrière-Scène organise ce Festival de 4 semaines. Trois auteurs ont écrit chacun un monologue [3] – disons A, B et C – qui seront joués chacun une semaine entière et il y a une semaine du 12 au 15 novembre durant laquelle le public pourra assister à 2 monologues soit A&B, soit B&C, soit A&C

Si ce n’était pas du tout clair pour moi au départ, j’espère que cela le sera d’avantage pour nos lecteurs. Merci pour eux, Fabrice.

J’ai écrit ce monologue Une Vie d’Infortune pour Marc De Roy et j’en assure la mise en scène avec Frédéric Clou. Mais je voudrais d’abord parler de ma première pièce : Destin qui a été jouée au Méridien (2005) mise en scène par sa Directrice Catherine Brutout.

Dans Les Inconsolables, cette lecture-spectacle faite au Parc, il y avait 5 personnages : tous les 5 des croque-morts, lors d’un enterrement devant un presbytère sous la pluie … bref c’était un truc de mecs, un peu potaches. Pour Destin, j’ai voulu faire dialoguer 2 personnages féminins, et j’ai construit cette pièce qui est un dialogue entre une dame d’une 50aine d’années, jouée par Patricia Houyoux et une très jeune fille interprétée par Anaëlle Snoeck.

Et puis j’ai écrit Une Rencontre (comme une autre) qui raconte la rencontre d’une femme de 52 ans avec un homme beaucoup plus jeune (Daniela Bisconti et Fabrizio Rongione, m.e.s. : Claude Enuset) Cette pièce a été jouée à la Samaritaine l’année suivante en 2006.

Et j’en suis arrivé à un moment à me pencher sur la forme du monologue, comme une espèce d’exercice… Il y a 5 ou 6 ans j’avais écrit une dizaine de pages restées dans mes tiroirs depuis. Lorsque Marc De Roy m’a demandé de lui écrire une pièce j’ai lui ai écrit Compartiment Non-Fumeurs qui n’a pas été jouée… je veux dire pas encore jouée…(rires) parce qu’on n’a pas trouvé de producteur et qu’on n’avait pas envie de la produire nous-mêmes en jeune compagnie … Suite à cet « échec ? », Marc m’a dit qu’il voulait vraiment une pièce. J’ai donc repris cet ancien monologue que j’ai retravaillé en ayant cette fois Marc dans la tête. Voilà comment on en est arrivé à Une Vie d’Infortune qui est en fait l’histoire d’un tueur à gages sur le retour, lequel se trouve embarqué dans une histoire qui le dépasse complètement, ce qui l’oblige à faire une introspection sur ce qu’il est, comment il en est arrivé là… mais le problème c’est qu’on ne peut pas résumer sans déflorer le spectacle (rires)

Donc il faudra aller à l’Arrière-Scène pour en savoir plus…

Je crois que j’ai beaucoup de chance, parce qu’étant plongé dans le paysage théâtral belge depuis 1995, j’ai appris à bien connaître certains comédiens, des metteurs en scène... Cela facilite les choses : après une première période d’écriture, en a succédé une autre où j’ai pu retravailler le texte avec Marc. Ce genre de collaboration est tout à fait passionnant.

Je pense qu’on a fait le tour pour ce qui est du théâtre…

On me dit toujours que je suis taiseux (rires)

Peut-être que je t’inspire ? Cependant on ne va pas se quitter sans que tu me parles encore de ton activité purement littéraire. Après un premier roman paru aux Éditions Le Cri  : "Peut-être rencontrerons-nous des pintades en route" - quel titre ! - voici déjà qu’un nouvel ouvrage : "Davies, la Mort qui tue" va sortir de presse incessamment. C’est encore ta barakka ou est-ce mektoub ☺ ? [4]

Attends, pour être tout à fait honnête, il n’y a pas photo quand on sait que j’ai co-écrit ces deux livres avec Christian Lutz, le patron des Éditions Le Cri ! (rires) Alors j’explique : Christian est venu voir Destin, a adoré ce texte et m’a proposé de l’éditer … Entendons-nous ce n’est pas un gros tirage, hein ! Une cinquantaine d’exemplaires, quelque chose comme ça… Faut pas se faire d’illusions, le théâtre, ça ne se vend pas… Suite à cela on s’est rencontré, on est devenu potes et de fil en aiguille, Christian, qui avait déjà publié tout seul, m’a dit un jour : « J’aimerais écrire un roman avec toi » Ça m’a bien fait rire sur le moment. Il a lu une autre pièce que j’avais écrite, et puis un jour, il m’a envoyé un mail avec : « Voilà le début d’une histoire ». J’ait fait : « Bon, OK, voilà la suite » …Et voilà la suite … Et voilà la suite … et de suite en suite, on est arrivé à quelque chose comme 200 pages en se renvoyant des mails. Notre première règle a été de 15 lignes en 15 lignes, plus tard de chapitre en chapitre et la 3ème règle a été d’amener des blocs précis. Il faut quand même préciser qu’on se voyait tous les midis à la terrasse de l’Arcadie pour manger et pour discuter de ce qu’on était en train de construire. Lorsqu’on a eu une histoire qui tenait plus ou moins la route, avec des personnages plus ou moins solides, on a décidé de retravailler cette matière et on a sorti ce roman complètement loufoque : Peut-être rencontrerons-nous des pintades en route…Les prodigieuses aventures de Marx et Engels et ça a eu un succès assez intéressant puisqu’on en a vendu 1500 exemplaires en Belgique. Moi, je ne sais pas, c’est lui qui dit.

Forts de cela – pas du tirage, on s’en fout – mais du plaisir qu’on a eu, on a mis un 2ème en chantier, sauf qu’on s’est donné comme règle que ça devait lorgner vers du policier-espionnage. On a créé ce personnage de Davies, un ex-CIA sur le retour qui se retrouve en Belgique et qui vit une aventure un peu loufoque, décalée, surréaliste… Voilà ça va sortir sous peu, et avec l’idée qu’il y en aura au moins un 3ème, mais toujours avec Davies… Je crois qu’on s’est attaché à ce personnage et qu’on a envie de le faire vivre un peu plus longtemps. Parce qu’à la fin des « pintades », on a promis un second aux gens, mais je crois que pour ça, ils vont devoir attendre un moment …

Parce que vous aimez trop Davies !

Oui (rires)

Ton roman culte ?

Manhattan Transfer de John dos Passos

L’Assassin habite au 21 : du 22 octobre au 16 novembre 2008 - Théâtre Royal des Galeries + DATE SUPPLEMENTAIRE LUNDI 10 NOV !

Une Vie d’Infortune à l’Arrière-Scène : dates ci-dessous.

Interview Nadine Pochez au Théâtre Royal des Galeries, le 8 octobre 2008. Photos de Fabrice Gardin seul © N.Pochez

[1] Il y a 880 places, 9.500 abonnés c’est 1000 de plus que la saison dernière et 43% de la salle sur une production

[2] Les activités pédagogiques se font à la demande. Mais en gros, tout peut être réalisé : envoi d’un intervenant dans les écoles pour préparer la classe au spectacle, introduction avant la représentation, visite du théâtre en journée couplée à une représentation le soir, … On crée l’activité suivant la demande du professeur et nos possibilités car équipe réduite ! Contact : Fabrice Gardin – fabrice.gardin@trg.be

[3] Une Vie d’Infortune de Fabrice Gardin 29/10>1/11 à 20:30h + le 12/11 à 20:30 et le 13/11 à 22h – Louis l’Éveillé d’Odile Ramelot 5>8/11 à 20:30+ le 12/11 à 22h et les 14-15/11 à 20:30 – J’ai mangé mon Bonheur d’Anne-Bénédicte Bailleux le 13/11 à 20:30, les 14-15 à 22h et 19>23 à 20:30

[4] la chance ou le destin

 

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