Elisabeth Wautier et Gauthier de Fauconval

Comment est né le projet des « Abîmés » ?

Elisabeth : On était tous les quatre, Justine Plume (Caprice), Elisabeth Wautier (Rachel), Gauthier de Fauconval (Epinart) et Cédric Lombard (Truck), dans— la même classe en première candidature, on s’entendait bien, et dès la deuxième on a eu envie de monter un projet ensemble. On a commencé par rechercher des pièces à la Bellone, écrites pour deux hommes et deux femmes. Gauthier a trouvé le texte, ça a été tout de suite un coup de cœur pour tout le monde en plus elle était abordable. On a chacun lu la pièce de notre côté, et on a eu de la chance, on avait tous pensé à la même distribution.

Est-ce que le conservatoire encourage ce genre de projet en-dehors des cours ou avez-vous eu à le défendre ?

Elisabeth : Ce premier projet a été très bien reçu. Les profs disent souvent qu’il faut jouer, aller se confronter directement au plateau. Donc quand on leur a parlé du projet ils nous ont vraiment encouragés. Ils ont tout de suite été d’accord pour nous donner des conseils, notamment Michel De Warzée ainsi que des anciens élèves qui avaient déjà monté des projets. On ne savait pas comment commencer alors tous les conseils étaient les bienvenus.

Gauthier : Notre seul problème était par rapport au nouveau système du conservatoire, on a maintenant 35 heures de cours par semaine contre 20h dans l’ancien système ce qui complique les choses quand on veut monter un projet à côté des études. On est obligés de louper des cours et nos partenaires en subissent un peu les conséquences. Par contre en général ils sont contents pour nous et motivés car ça leur donne envie quand ils voient que c’est possible de monter un projet.

Avez-vous crée une compagnie à cette occasion ?

Elisabeth : On s’est renseignés, on pense former un groupe plus officiel quitte à y ajouter d’autres gens par la suite mais on verra ça l’année prochaine…

Gauthier : En attendant on ne veut pas travailler exclusivement entre nous. Au conservatoire il y a beaucoup de gens, donc beaucoup de projets. On a envie de monter plein de choses…

Comment de jeunes étudiants comme vous arrivent-ils à financer une telle création ?

Elisabeth : On a rien sorti de notre poche ! On a commencé par faire du porte à porte pour trouver des sponsors : cinq d’entre eux nous ont soutenus, dont certains de nos employeurs (dans nos boulots d’étudiants) et le restaurant « Les Foudres » qui ont tout de suite accepté. Avec cet argent on a pu faire nos affiches et nos flyers.

Gauthier : En plus le spectacle a aussi été acheté par des écoles car le sujet amène un débat qui touche les jeunes…

Comment se répartit le travail au sein du groupe ?

Elisabeth : Moi je m’occupe des finances, Justine s’est chargée des relations presses, Cédric a trouvé un manager pour nous expliquer les démarches pour la promotion, Gauthier s’est chargé des supports de communication. Tout le monde touchait un peu à tout, on travaillait vraiment ensemble. Ensuite on s’est séparés pour coller les affiches un peu partout.

Gauthier : On ne s’imaginait pas la masse de travail qu’impliquait un tel projet. Mais on a été bien soutenus, notamment par nos parents qui nous ont bien aidé.

Comment avez-vous abordé le travail pour les scolaires ?

Elisabeth : Dans les écoles, le public est beaucoup plus critique. S’ils s’ennuient ils le montrent tout de suite. Tu sens le public plus fort car ils osent réagir, tant mieux parce que tu sais tout de suite ce qui fonctionne ou pas. C’est comme un test. Jusqu’ici c’était vraiment positif, certains élèves sont venus nous féliciter.

Gauthier : Il y a un effet de groupe très fort. C’est impressionnant. Lundi c’était notre première. Je me suis retrouvé tout seul sur scène pour débuter le spectacle face à 120 élèves. On a eu du bol que la pièce fonctionne tout de suite auprès d’eux. On s’est aussi rendu compte que le fait d’avoir presque leur âge a entraîné un plus grand respect de leur part. Comme l’animation avant le spectacle était faite par nous quatre, ça a permis de démystifier le théâtre à leurs yeux. Ils se sont rendu compte que des jeunes pouvaient réaliser leurs rêves !

Quelques jours après le spectacle j’ai eu un e-mail d’une élève qui nous remerciait parce qu’on lui avait permis de concrétiser son envie de faire du théâtre. Elle m’a demandé des conseils pour entrer au conservatoire et je trouve ça bien si notre travail peut motiver certains d’entre eux.

Quel théâtre avez-vous envie de défendre plus tard ?

Gauthier : Ce qui me fait peur, c’est la séparation forte qui existe entre les différents théâtres. Les comédiens peuvent moins voyager entre les différents univers. Au conservatoire, on touche à beaucoup de choses et j’ai envie de toucher à tout dans différents théâtres.

Elisabeth : J’ai peur de m’enfermer dans un seul théâtre car ils ont tous un cachet différent. Ce serait bien de pouvoir alterner tout en gardant notre troupe à côté, car ça me semble important de continuer à monter ses propres projets.

Est-ce c’est votre première expérience ?

Elisabeth : J’ai fait deux figurations au théâtre de la Place des Martyrs, la première dans « Le conte de Monte-Cristo » et la seconde dans « Le Mariage de Figaro ». Ensuite, j’ai eu un petit rôle dans « Occupe-toi d’Amélie » mis en scène par Michel De Warzée à la comédie Voltaire.

Gauthier : Mon tout premier projet date de juillet dernier, je jouais Scapin dans « Le Capitaine Fracasse » d’après le roman de Théophile Gautier, à Namur. Ensuite j’ai fais de la figuration dans « Le Mariage de Figaro ». Puis j’ai eu un rôle dans « Occupe-toi d’Amélie ». J’ai aussi eu la chance de tourner pour le cinéma dans un film néerlandophone : « De Indringer ».

Que retenez-vous de cette première création professionnelle ensemble ?

Elisabeth : C’était hyper paniquant car tout était entre nos mains. Si ça ne marche pas, ce sera un énorme échec pour nous car c’est un premier projet. En plus si ça ne marche pas on pourra s’en prendre qu’à nous puisqu’on s’est occupé de tout du début à la fin. C’est super important que ça fonctionne.

Gauthier : Le fait d’être arrivé à mettre sur pied notre premier rêve a ouvert mon imaginaire. Une école nous a demandé si on avait une idée pour un projet de spectacle pour enfant ça m’a donné envie de continuer à créer.

En plus de nombreux lieux s’ouvrent à Bruxelles pour accueillir de jeunes compagnies alors c’est super motivant !

Propos recueillis par Anne Antoni, Elfie Dirand, Manuel Harauchamps et Alexandre Lévy.

 

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