Didier Colfs

Pour la 24ème fois, les Ruines de l’Abbaye de Villers-la-Ville accueillent un nouveau spectacle : cette année, ce sera MILADY mis en scène par Pascal Racan. C’est la quatrième fois que tu joues dans ce merveilleux décor naturel.

Petite précision, si l’on compte une figuration dans Faust en 1993, alors que j’étais encore étudiant, c’est la cinquième fois, et Villers était déjà une expérience magique.

Six ans plus tard, en 1999 pour Dom Juan, tu as dû vivre une expérience peu banale, puisque le tenant du rôle titre, Jean-Marie Pétiniot a fait un malaise cardiaque et a dû être remplacé... Que gardes-tu comme souvenirs de cette expérience-là ?

C’est une expérience magnifique évidemment, surtout que, à la base, je jouais le plus petit rôle, celui de Dom Alonse, un des 2 frères d’Elvire qui vient pour trucider Dom Juan. Et puis 3 jours après, voilà qu’Armand Delcampe me demande de faire Dom Juan pour remplacer Jean-Marie. Alors ce sont des souvenirs de représentations incroyables parce que c’était un défi de fou dans le sens où j’ai réalisé ce qui est le cauchemar de tout comédien… Et je me revois encore très bien le jour de « ma première » avant d’entrer en scène, juste derrière les ruines, conscient de ne pas connaître la moitié du spectacle. J’avais une oreillette et j‘entrais sur le plateau en me disant : OK je connais 50 % de la pièce, pour la suite je serai totalement dépendant de ce qu’on me soufflera à l’oreille. Je savais ce que j’avais à jouer, mais je ne savais pas ce qui allait suivre. Je garde surtout un souvenir magnifique de l’équipe, parce que tout d’un coup quand une telle chose arrive, l’équipe est encore plus soudée. Tout le monde m’encourageait « Tiens le coup. Vas-y, c’est super … » C’est à la fois un souvenir merveilleux pour moi, pour ce que cela m’a apporté, mais nous étions tous triste pour Jean-Marie…

Toujours à Villers – en 2006 – tu as été successivement Videbolle dans La Danse du Grand Macabre, et puis, 2 ans plus tard, tu te retrouves en Peyrolles dans Le Bossu, dans une première mise en scène de Pascal Racan à Villers, lui qui y a joué maintes fois ! Et cette fois c’est Michelangelo Marchese qui a dû reprendre le rôle titre à Philippe Résimont par suite d’un stupide accident en coulisses. Il sera encore ton partenaire cette année-ci

Je voudrais d’ailleurs saluer Mickey d’un grand coup de chapeau, parce qu’en plus du texte, il a dû apprendre en 2 jours et demi tous les combats d’escrime ! Et c’est vrai que parfois il me regardait comme pour me dire Comment t’as fait ? par rapport à l’oreillette... mais il s’en est magnifiquement bien tiré… Et pour Milady, il sera Richelieu, tandis que moi je serai Rochefort, son plus proche collaborateur, tandis que Natacha Amal sera Milady.

L’auteur – Éric-Emmanuel Schmitt – s’est-il fort écarté du texte de Dumas en adaptant Les Trois Mousquetaires ? Que peux-tu déjà nous dire de cette réécriture ?

La grande différence c’est qu’il a axé l’histoire sur une femme : Milady de Winter. Du coup, comme tout tourne autour d’elle, les autres personnages comme les trois mousquetaires, Richelieu, Rochefort etc. qui sont importants et bien présents dans le roman, passent ici en filigrane. Ils doivent donc être bien campés dès leur première apparition L’auteur s’est plutôt intéressé à cette femme devenue espionne et assassine et il s’est demandé comment elle en était arrivée là, et quelles seraient les causes atténuantes s’il en est ? Il est parti de ce qui est vraiment écrit dans le roman de Dumas mais il a aussi précisé qu’il avait écrit la pièce avec ses souvenirs, vu qu’il n’avait pas relu le roman depuis longtemps. Donc il y a parfois des divergences.

Tu as lu ce roman ?

Je ne l’avais pas lu étant jeune et je suis en train de le terminer.

Comment appréhendes-tu le rôle de Rochefort ?

En fait Rochefort est le chef des gardes du Cardinal, le chef de la Police de l’état. Mais il y avait alors deux polices je crois, celle des rois – les mousquetaires du roi – et celle du Cardinal. Rochefort est le bras droit du Cardinal de Richelieu. Il est toujours à ses côtés, jamais très loin en tout cas, et dès que Richelieu a besoin de faire une (sale) besogne, c’est pour Rochefort. Il est vraiment son homme de confiance.

Tu as déjà pris le look, moustache et barbichette...

Oui, et ce qui est amusant aussi, c’est de pouvoir jouer un personnage à la fois en retrait, mais en même temps on peut sentir qu’il peut être dangereux et qu’il a des gars qu’il commande, un côté mi espion, mi chef de la police d’aujourd’hui. Ce serait peut-être le garde du corps d’un haut fonctionnaire d’aujourd’hui.

On a pu te voir dans de nombreux théâtres bruxellois. Y a-t-il un lieu que tu as aimé plus particulièrement ? J’entends par rapport au lieu lui-même, à l’atmosphère qui s’en dégage ?

Il n’y a pas un lieu en particulier, il y en a eu plusieurs. J’ai beaucoup aimé le Poche, un lieu que j’adore, j’ai adoré le ZUT au tout début, qui était un lieu complètement fou et j’ai adoré le Théâtre du Parc aussi. En fait, là où je suis le plus heureux dans ce métier, c’est quand genre je répète dans un théâtre comme le Poche et que je joue au Parc le soir. J’adore les trucs qui sont complètement aux antipodes du point de vue théâtral. Quand je reste dans un même lieu tout le temps, j’aime moins.

Cette expérience-là c’était en 1996 lorsque tu jouais Lorenzaccio au Parc tout en répétant Trainspotting au Poche

C’était un vrai bonheur. Là j’avais vraiment l’impression de faire mon métier, de pouvoir passer d’une pièce à l’autre de style complètement différent.

D’autres souvenirs parmi tes meilleurs ?

En fait mon tout premier spectacle. Très très grand souvenir ! C’était Tu ne Violeras Pas [1], au Poche avec cinq comédiens tout fraîchement sortis de leurs écoles qui sont devenu des amis : Cyril Bacqué, Marine Haulot, Fred Hamaide, Thierry Janssen, et c’était mis en scène par Wajdi Mouawad ! : une belle première expérience. Et puis sublime souvenir quand même que ce Trainspotting pour l’avoir joué pendant longtemps avec une super équipe et avec un Derek [2] super sur ce spectacle-là. Et Lorrenzaccio aussi, quel cadeau !

Non seulement tu fais du doublage, mais tu as déjà joué dans plusieurs films, dont quelques longs métrages. Le fait de faire du doublage t’aide-t-il pour faire du cinéma ou inversement ?

Je dirais que cela aide un petit peu pour la voix. C’est à dire qu’au doublage comme au cinéma on apprend à porter beaucoup moins la voix, c’est à dire qu’on peut se permettre de ne pas forcer nécessairement, parce que les micros viennent chercher énormément et à ce moment-là, on peut même chuchoter et c’est au perchman à faire son travail.

Donc tout le contraire de ce que tu dois faire à Villers.

Effectivement. C’est l’opposé total de ce qu’on demande à un acteur jouant en plein air.

Tu as la réputation d’avoir une diction excellente. Or, je trouve qu’au cinéma – que soit dans les films ou téléfilms – on comprend de moins en moins bien les acteurs. De ce point de vue, quels conseils donnerais-tu à un plus jeune qui voudrait se lancer dans le cinéma ?

Je ne sais pas si on peut vraiment lui donner un conseil, parce que pour des raisons propres au cinéma – j’ai pu encore le constater cette année sur le tournage d’un long métrage – ce problème n’est pas toujours dû au comédien. Tu sais, j’avais deux, trois phrases à dire et je parlais comme je te parle ici, mais on me disait de parler beaucoup plus bas.

Je trouve que ce n’est pas seulement parce que les comédiens parlent bas, je trouve qu’ils articulent de moins en moins.

C’est parce qu’à un moment donné, tu joues tellement bas, et forcément tu n’articules quasi plus. Et si tu articules , à l’écran, tu vas en faire trop, et tu ne vas pas être juste. Et donc ils sont obligés de suivre la tendance d’aujourd’hui. C’est malheureux parce que moi aussi, j’entends ça et ça m’énerve, et je trouve que les Anglais ne le font pas. S’ils ont une voix qui porte, les perchmans vont les prendre plus loin peut-être je ne sais pas, mais ils portent la voix si la scène se passe dans une rue bruyante. Ici pour une telle scène, on a l’impression que les acteurs susurrent et c’est évidemment très dérangeant pour le spectateur. Mais je ne sais pas si les comédiens ont du pouvoir là-dedans. Je crois plutôt qu’il faudrait dire aux jeunes réalisateurs qu’il y a un réel problème de ce côté-là… Maintenant si à cause de la qualité de prise de son que vous avez, vous ne permettez plus aux acteurs de jouer convenablement… cela devient insupportable pour le spectateur. Et ce n’est pas gai pour les comédiens non plus quand le réalisateur leur demande de s’énerver et qu’on ne peut pas parler fort, ce n’est pas crédible, il y a un truc qui ne va pas ! Quand on voit les films de Ken Loach, ils y vont. Ils mettent le micro un peu plus loin ? Quant à mes conseils pour un jeune ? À la limite je lui dirais de faire ce qu’on lui demande, parce que sinon il ne va pas se faire aimer. Ils n’aiment pas qu’on parle trop fort et c’est la raison pour laquelle ils n’aiment pas toujours les acteurs de théâtre qu’ils jugent trop classiques.

Outre un Premier Prix en Art Dramatique (dans la classe de André Debaar) en 1995 et un Premier Prix en Déclamation (dans la classe de Charles Kleinberg), tu as obtenu le Prix « Bernard de Coster ». C’est quoi exactement ?

Le Prix Bernard De Coster récompense le premier lauréat des concours d’Arts Dramatiques du Conservatoire de Bruxelles, où il fut professeur.– Ou récompensait car je crois que ça n’existe plus.

Tu as également un Graduat en Sciences Sociales et Communication, ce qui t’aide probablement lorsque tu as fait du théâtre en entreprises. Tu continues à faire cela ?

Oui, je fais ça depuis un certain temps, et ce n’est pas inintéressant. D’abord tu utilises ton métier, c’est à dire ta formation, pour tout d’un coup servir à faire passer des messages, à expliquer des choses, à révéler des choses dans l’entreprise que peut-être les directeurs ne savaient pas et ainsi on met le doigt sur des choses intéressantes. C’est le but. Maintenant, parfois, tu te retrouves tout d’un coup dans des situations où tu n’avais pas compris que tu jouerais un rôle dans un petit spectacle qui sert à faire comprendre aux employés qu’ils vont peut-être perdre leur emploi… mais que ce n’est pas très grave !… Cela m’est arrivé une fois et ça je ne veux plus…

Qui écrit le texte ?

Ce sont des auteurs qui font partie de la société à laquelle les entreprises font appel, comme par exemple A HERMES avec laquelle j’ai travaillé. Ils vont dans les entreprises pour des brainstorming et discussions (quel message voulez-vous faire passer etc.) sur base de quoi, ils écrivent un petit scenario qui fait en général entre 15 et 45 minutes. Ensuite ils font appel à des comédiens pour les jouer et on fait vraiment des saynètes qui sont comme une petite pièce de théâtre, mais uniquement sur les sujets qui concernent l’entreprise où l’on va les jouer. Et ça marche bien parce que ça délie les langues. Un gars qui n’ose pas s’exprimer au sujet d’un problème, lorsqu’il voit cela sur scène, il peut dire : voilà exactement le genre de problèmes que je rencontre ici...

Avec quel metteur en scène rêverais-tu de pouvoir jouer ?

Il y a encore plein de gens avec lesquels je n’ai pas travaillé. Parfois on croise des gens et on reste un temps avec ces gens-là, mais il y a aussi des gens avec lesquels on aimerait travailler et qui ne vous connaissent pas. Cet hiver, j’avais vu Le Cocu Magnifique mis en scène par Vincent Goethaels

Son travail de mise en scène est super. Donc c’est un gars avec qui j’aimerais bien travailler. Il y a des gens comme ça, comme Michaël Delaunoy dont j’ai adoré le Blackbird au Rideau de Bruxelles qui avait emménagé dans un local industriel Ou alors si un jour j’ai l’occasion ou la chance de pouvoir travailler avec lui : Declan Donnellan ! Depuis de nombreuses années j’admire son travail. Je suis épaté de voir comment il clarifie tout. Il travaille sur un plateau nu et on n’a pas l’impression qu’il vient avec des choses complètement novatrices au niveau de la mise en scène, mais waouw, quel plaisir de jeu ! J’adore voir comme ses comédiens sont libérés. Quelle clarté, quelle évidence dans ce qui est joué, dans ce qu’il a fait du texte et deux fois je me suis dit : Ah eh bien voilà, cette scène, je ne l’avais jamais vue jouée aussi simplement et avec autant d’évidence !

Aurais-tu envie de faire toi-même de la mise en scène, ou de l’écriture par exemple ?

L’écriture, non. J’en suis totalement incapable. ça ne fait pas du tout partie de ce que je suis capable de faire. Quant à la mise en scène, je ne sais pas. Je me suis déjà posé la question.

Tu le ferais si on te le demandais ?

Je pense. Parce que forcément je m’intéresse beaucoup au jeu. J’aurais probablement moins d’idées novatrices au niveau de la mise en scène à proprement parler, mais par contre j’adore voir travailler les acteurs et j’ai toujours eu envie de sentir ce que l’on peut faire et comment, pour aider un acteur… Ça c’est passionnant évidemment.

Donc plutôt la direction d’acteur

Oui, la direction d’acteur me plait beaucoup. Maintenant est-ce que ça suffit pour être un bon metteur en scène, c’est une autre question. Bref, je ne sais pas si je serais capable de devenir metteur en scène. Peut-être qu’un jour ça viendra.

Parle-nous de tes projets pour la prochaine saison ? Je vois qu’il y a une reprise de L’Éducation des Jeunes Filles et ça m’intrigue...

L’Éducation des Jeunes Filles est un spectacle qu’on a joué à l’Espace Delvaux et c’est Karin Clercq et Gabriel Alloing qui en sont les auteurs. Karin s’est souvenue d’un petit livre que lui avait donné sa grand mère précisément sur l’éducation des jeunes filles en 1800. Ce qu’elles doivent apprendre, comment se tenir, etc. Avec son compagnon Gabriel – également metteur en scène du spectacle – ils ont flashé sur ce parcours assez dingue qu’ont fait les femmes depuis 2 siècles, ce qui leur a donné l’idée de faire ce spectacle patchwork à partir de passages de livres ou de lettres… Ils ont même eu accès au prêche d’un curé de l’époque. Il y a beaucoup d’humour et de clins d’œil. Ça se passe très bien, les gens rient beaucoup ... Donc voilà, on reprend cela avec bonheur.

Je vois aussi que tu vas jouer 2 fois sous la houlette de Georges Lini

Oui, tout d’abord Georges va mettre en scène Britannicus de Racine à l’Atelier 210 Le rôle titre sera joué par Itsik Elbaz …

Nous avons programmé son interview pour octobre…

… et je suis ravi de le retrouver sur le plateau. On avait déjà joué ensemble notamment dans Incendies et dans Littoral. C’étaient de super spectacles qu’on avait adorés. On parlait aussi des rôles que j’aimerais jouer et là justement je vais avoir la chance d’interpréter Néron. Et pouvoir faire cela avec Itsik en Britannicus, c’est évidemment magnifique !

En début d’année 2011, il va monter : Lebensraum (espace vital) d’Israël Horowitz au Théâtre du Méridien

Est-ce que tu lis beaucoup et si oui, quelles sont tes lectures préférées ? Oui, je lis beaucoup et surtout beaucoup de romans. Curieusement peut-être, je ne lis pas énormément de pièces de théâtre, car je trouve que le théâtre est fait pour être lu à haute voix. Donc comme je te l’ai dit j’en ai profité pour lire maintenant les Trois Mousquetaires parce que je n’avais pas eu l’occasion de le lire avant ça. Alors pour mes goûts : j’aime beaucoup Haruki Murakami – entre autres Les Chroniques de l’Oiseau à Ressort – ou alors j’ai recommencé à lire Henry Miller … Waouw. Il n’est plus trop à la mode, mais je suis sûr que cela va revenir car c’est un auteur colossal. Il parle du tréfonds de l’humain d’une manière hyper touchante.

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J’ai été très intéressée par une interview que tu as accordée il y a 3 ans à PSY.be (titrée : Didier Colfs, comédien, l’art et l’émotion) au cours de laquelle tu parles en profondeur de ton métier de comédien. Alors pour terminer, peux-tu me décrire l’idée que tu te fais aujourd’hui du bonheur ?

(une pause) C’est être en paix avec soi-même, se connaître et s’accepter comme on est et c’est déjà 40 ou 50% du bonheur … et puis après jouir de petits moments de la vie au jour le jour et peut-être aussi renoncer à une certaine image du bonheur qu’on a voulu nous imposer et qui souvent s’avère n’être que des chimères. Le bonheur ça devrait se vivre au quotidien.

Ça me fait vraiment plaisir de voir que tu serais assez d’accord avec ton ami Henry Miller qui disait : « CHAQUE INSTANT EST BONHEUR à qui est capable de le voir comme tel. » Je te souhaite beaucoup de bonheur et de succès, avec pour commencer ton rôle dans Milady.


- Interview Nadine Pochez : 11 juillet 2010
- Photos des spectacles à Villers-la-Ville : DEL DIFFUSION


On pourra applaudir Didier Colfs dans :
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-  Milady : du 14 juillet au 13 août 2010 à l’Abbaye de Villers-la-Ville (Renseignements Milady)
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-  Britannicus : du 12 au 30 octobre 2010 – à l’Atelier 210 – Réservations : 02/732.25.98 ou info@atelier 210
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-  L’Éducation des Jeunes Filles
-  Le 19 /11/ 2010 : au CC de Leuze – ccleh@skynet.be
-  Les 26 et 27 /11 / 2010 à La Vènerie-Espace Delvaux – info@lavenerie.be
-  Le 11 /12 /2010 au CC des Roches à Rochefort – ccr.rochefort@skynet.be
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-  Lebensraum : du 18 janvier au 12 février 2011 – au Théâtre du Méridien – Réservations : 02/663.32.11 ou administration@theatredumeridien.be

[1] 1995

[2] Derek Goldby, pour la mise en scène de Trainspotting (1996/97/98)

 

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