Clément Laloy

D’abord, présente-nous l’endroit, l’Ecurie, l’ancienne Maison Communale de Jette, visité par une série d’artistes depuis le 25 septembre.

Entre le moment où les fonctionnaires communaux ont quitté l’ancienne maison communale de Jette et le début des travaux pour faire de ce lieu un ensemble de lofts chics, City Mined (qui organise notamment le PleinOpenAir) a proposé que le lieu soit habité par de jeunes artistes en mal d’atelier. Le projet de City Mined, c’est de faire vivre des endroits inhabituels ou inhabités, de créer des manifestations à caractère socio-culturel qui favorisent les rencontres. Concrètement ce sont de jeunes plasticiens et de jeunes troupes de théâtre qui occuperont les lieux jusqu’à février 2006. Nous avons promis aussi de rendre visible nos activités. Le 15 octobre, ce sera l’occasion du vernissage d’une exposition d’œuvres de plusieurs artistes en résidence. Il y aura L’Appartement, mon projet et aussi une performance dansée. En novembre, il y a le projet d’organiser un grand festival centré autour de la musique expérimentale. L’idée est de créer des ponts, des rencontres fortuites, de ne pas se contenter, de s’ouvrir. Tout ça est à la fois rassurant et très excitant.

Tu vas mettre en scène tes écrits. Il y a L’Appartement, qui sera montré le 15 octobre puis Le Mariage, le 5 novembre. Qu’est-ce que cela implique ? Sachant que pour les deux textes, tu ne répéteras qu’une seule fois avant la représentation ?

Je suis très confiant pour ’l’Appartement’ parce que là c’est surtout des comédiens que je connais. On a déjà fait une lecture et il y aura une deuxième répétition. Tous les comédiens sont sur la même planète, en même temps il y a des personnalités très différentes, il y a beaucoup de richesses.

Ce qui me fait le plus peur pour’ le Mariage’ c’est la distribution. Je me suis tourné vers des comédiens que je connais moins. Il y en a qui ont peur vu qu’on va vers quelque chose d’inconnu ;pourtant le texte est très construit et donc on ne va pas perdre le public ; il y a une histoire ;c’est très dramatique. C’est comme du Feydeau quoi. Auquel il faut ajouter un élément musical. En même temps, je suis très impatient, très curieux ; c’est une aventure qui moi me plaît terriblement. Le fait de mettre en scène mes propres textes me rend extrêmement nerveux surtout quand le public arrive. Avec ‘ l’Appartement’ ça va être la 4ème ou 5ème fois que je mets en scène mes textes ( ou des adaptations qui sont des réécritures). Comme je ne suis pas perfectionniste et aime être surpris par les comédiens, il n’y a pas de déception par rapport à ce que je me suis représenté en écrivant. Avec les comédiens, c’est une communication plutôt que l’imposition de visions.

Est-ce que tu as une méthode pour dire ces textes ?

J’ai une méthode qui a fait ses preuves, assez classique, je dirais inspirée de Bob Wilson et de Claude Régy, quelque chose d’assez lent , assez immobile. Des phrases qui viennent dans le silence. Mais moi ce que j’attends beaucoup ici du fait qu’il y ait peu de répétitions, c’est que les comédiens ne s’approprient pas tout à fait cette méthode mais qu’il y ait une place pour de la maladresse, pour la poésie personnelle des comédiens. Ce que j’attends vraiment c’est que la mise en scène soit d’une certaine façon bâclée et qu’aussi le jeu des comédiens ne soit pas tout à fait intégré. C’est ça que j’ai envie de rechercher : de travailler vite sans répétitions. Et aussi de ce fait là, de travailler vite, (d’ailleurs tous les spectateurs, tout le monde sera au courant), il y a une liberté assez grande, les gens disent ‘ah oui c’est un exercice, c’est un peu n’importe quoi, c’est de l’expérimentation et donc ça nous permet d’être très, très cool par rapport à d’autres situations où il y a un décor qui a mis du temps à se faire construire, où il y a une sorte de pression sur le comédien, sur le spectateur et sur le metteur en scène. Cette expérience est propre à ce lieu et liée à l’ennui que j’ai éprouvé progressivement dans les mises en scène où on répète et répète. Dans le temps je donnais beaucoup plus d’impulsions personnelles.

Peux-tu évoquer ton parcours, ta rencontre avec le théâtre ?

A 12 ans j’ai été mis en scène par J.H. Marchant et j’ai complètement mordu. J’ai étudié la psychologie à l’université, ce qui m’intéressait un peu. Au théâtre universitaire, j’ai joué et j’ai mis en scène. Puis est venue l’écriture. Aujourd’hui je me considère plus comme un auteur que comme un metteur en scène.

Comment caractériserais-tu ton écriture ?

C’est une écriture minimaliste, musicale où les éléments se répondent, se répètent, s’interpénètrent dans des images inspirées du symbolisme (Maeterlinck). Mes conflits intérieurs sont la matière-même de ces pièces, leurs moteurs profonds. La musique m’a fortement nourri.

Si tu dois parler de ce que tu fais, que dirais-tu ?  [1]

Il y a quelque chose de très fragile et de la violence. Et un humour bizarre. Il y a un côté franchement naïf. Des histoires naïves.

Tes références ?

En littérature, Thomas Bernhard, pour la mise en scène Claude Régy et oui, Jan Fabre.

Lieu des différentes activités évoquées : L’Ecurie au 18-20, rue Henry Werrie à 1090 Bruxelles

Propos recueillis par Florence Schennen

Cet entretien a été réalisé le 5 octobre, avec un enregistreur défectueux et ne reprend donc pas mot pour mot les dires de la personne interrogée. Il y reste fidèle grâce aux bienfaits de la mémoire et de quelques notes prises au vol.

[1] Note : question à laquelle il est peu aisé de répondre…

 

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