Chloé Struvay

Aujourd’hui active, tu as commencé au théâtre toute jeune déjà puisqu’on avait pu te voir en 2002 et en 2003 dans des mises en scène de Pascale Binnert au théâtre Marni. Peux-tu nous raconter ton enfance théâtrale et ce qui t’a poussé aux devants des projecteurs ?

J’ai commencé le théâtre à treize ans, étant une enfant réservée et timide, ma mère m’avait inscrite aux cours de théâtre pour adolescents de Parallax. Cette année-là elle montait au Marni un spectacle mêlant « Hamlet » de Shakespeare et « Roberto Zucco » de Koltès dans lequel j’ai pu jouer cinq dates. L’expérience m’ayant énormément plu, j’ai surtout découvert une écriture, celle de Koltès ; l’année suivante, je recommençais avec « Quai ouest » ! Aujourd’hui j’éprouve toujours autant l’envie de monter sur scène, que je considère comme une très belle manière de rencontrer les gens et de se rencontrer soi.

Durant tes années de conservatoire tu as joué dans un important nombre de spectacles au sein de l’ULB et tu as notamment effectué ta première mise en scène, « Gremlin’s Digression » avec Bernard Brandes. La première d’une longue série ?

Ma première mise en scène était « Dans la solitude des champs de coton » (encore Koltès !) dans des conditions très limitées, je m’attaquais à un chef-d’œuvre, les circonstances m’ont conduite à interrompre un peu prématurément le travail. Plus tard, Bernard Brandes m’avait demandé d’être son assistante. Au fur et à mesure, nous avions co-mit en scène. Je ne me sens pas encore prête à mettre en scène, j’estime avoir encore beaucoup à apprendre.

Tu es sortie du conservatoire en 2009 et la même année, tu foulais déjà les planches du théâtre royal du Parc dans une mise en scène de son actuel directeur, Thierry Debroux. La transition entre l’école et le métier n’as donc pas été trop dure ?

Il est certain que c’était très agréable de sortir de l’école et d’avoir du boulot tout de suite ! Je ne sais pas si c’était dur ; je sors d’une école avec une certaine esthétique et j’ai tout de suite dû composer avec une vision du jeu et du théâtre qui était tout autre. J’ai beaucoup appris en observant les autres comédiens qui avaient plus de bouteille que moi et qui s’en accommodaient bien. De manière générale, j’essaye de me mettre à l’endroit où je peux apprendre le plus possible, où je peux être le plus surprise ; c’est une des choses qui m’amuse le plus dans la vie ! (rire)

En plus du théâtre, on peut te voir à l’écran. Après plusieurs courts métrages, tu as fait une entrée remarquée dans le monde du cinéma dans « Maternelle » de Philippe Blansband où tu joues aux côtés d’Aylin Yay et d’Anne Girouard. Ce rôle t’a valu une nomination aux Magritte en 2011 comme meilleur espoir féminin. Te prévois-tu une carrière dans le 7ème art ?

Je ne prévois pas grand-chose, je suis déjà bien contente de pouvoir jouer tous les jours ! (rire) C’est un art que je connais très peu - puisque pour « Maternelle », je n’ai tourné que six jours – mais qui m’attire très fort. Même si le travail est autre et que je n’ai pas de formation cinéma à proprement parler, il y a une similarité dans le sens où on cherche ensemble.

Depuis un an, on peut te voir briller sur les plateaux du Public, puisque tu fais partie de l’équipe des jeunes du Public. Peux-tu nous parler du travail au sein de cette structure inédite ?

C’est beaucoup de boulot ! Mais c’est très gai ! Tout d’abords, on se fait des mini-auditions pour savoir qui va jouer dans quoi. Ensuite une journée-type c’est : on joue le spectacle au soir et on répète la journée pour le spectacle suivant. La façon dont se déroule le travail diffère évidement d’un spectacle à un autre ; de manière générale, je me mets au service du metteur en scène et je trouve mon espace de liberté là-dedans. Ce qui est très agréable dans cette structure, c’est que nous avons de très longues séries de représentations.

Comment abordes-tu le travail de manière générale ?

Tout dépend toujours de ce que tu travailles et avec qui. Je m’adapte en fonction des gens et en général je prends plaisir à aller là où je n’ai encore jamais été ou très peu, à être surprise par l’autre.

Quelles sont tes attentes quand tu te lances dans un projet ?

Qu’on m’emmène plus loin.

Selon toi, comment un jeune artiste peut-il tracer sa route dans la circonstance actuelle ? Quelle place y a-t-il pour son identité ?

En étant intéressé et curieux. Il faut avoir la soif d’apprendre et de rencontrer les bonnes personnes intelligemment pour faire naître des choses de soi mais ensemble.

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

Je termine cette année où j’ai enchaîné les projets sans « vraiment » les choisir. Maintenant je me pose les questions « qu’est-ce que je choisi ? Vers quoi je tends » ? Et là, il y a quelques pistes qui se dessinent. Comment vivre la démocratie ensemble au sein d’un projet ? J’ai envie d’aller explorer dans cette direction.

Que penses-tu de la situation de l’artiste aujourd’hui ?

Si je me base sur ma propre expérience, j’ai tendance à considérer la précarité menaçante comme normale, que l’instabilité financière est un des acquis de l’artiste. Je crois qu’il y a aussi ce problème-là, où je porte en moi la vision qu’a la société de l’artiste. Et cette inconscience collective n’est pas normale !

Robert BUI

Photographie : Géraldine Jacques

 

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