Cherche l’amour de Myriam Leroy

Une histoire d’amour. Comme une brûlure de désir, comme un mystère qui nous dépasse. Le hasard crée la rencontre. L’hésitation s’installe au cœur de la scène, entre ce qu’on cherche et qu’on croit chercher. Myriam Leroy est un petit animal nocturne, une bourgeoise tatouée, une poète du banal, une timide nébuleuse qui rit des autres pour encore un peu mieux rire d’elle-même. Et si elle signe sa première pièce avec Cherche l’amour, c’est pour être à nouveau là où personne ne l’attend.

Quand on tape Myriam Leroy sur Google, les premières propositions de recherches sont “Myriam Leroy couple” et “Myriam Leroy et son compagnon. Tu penses que c’est un hasard ou une coïncidence ?

Aucun des deux, je pense qu’il y a des gens qui tape le nom de mon ex-copain pour essayer de savoir si nous étions bien ensemble, ce qui déplait fortement à mon mec actuel ! Ce sont des fétichistes de couples de stars mais de notoriétés de niche.

Tu est née à Ottignies. Tes premiers pas dans la vie amoureuse, c’est au Collège du Christ-Roi ?

J’y ai roulé ma première pelle ! Je ne sais pas si ça intéresse encore quelqu’un, mais il s’appelait Maxence. Moi je pensais que c’était un nom de famille et j’étais folle amoureuse de lui. Il avait un an de plus que moi et je trouvais ça hyper prestigieux d’avoir été élue par un mec plus vieux que moi. Ivre de joie, je rentre chez ma grand-mère comme tous les mercredis et j’entreprends de feuilleter l’arbre généalogique familiale. Et je découvre qu’en fait ce type était mon cousin et que notre relation avait déjà les ailes brisées en plein vol ! Il m’a plaquée le lendemain donc finalement on a même pas eu d’enfant.

Est-ce que tu vas rechercher si loin des détails pour écrire “Cherche l’amour” ?

En fait, je ne sais pas ce que j’écris, c’est complètement inconscient. Nathalie Uffner me dit que tous les personnages féminins me ressemblent. Elle dit même que j’ai peut-être des comptes à régler avec les hommes. Je la crois, mais je ne pense pas que j’ai d’œuf à peler avec la gente masculine. Je n’intellectualise pas mon écriture et je ne sais pas vraiment sur quoi je me suis basée. Il y a une histoire vaguement vécue que j’ai insérée dedans, sinon pour le reste j’ai surtout observé mes amis et écouté leurs histoires. Aujourd’hui, j’adopte un style ennuyeux-bourgeois qui est essentiellement dû à un manque de temps pour travailler ma garde-robe. J’aimerais bien revenir à quelque-chose d’un peu plus punk quand j’aurai un peu plus de temps. ce qui était grotesque, c’est que je m’habillais en skateuse pour m’intégrer aux groupes de beaux mecs de mon école alors que j’étais incapable de tenir une demi seconde sur une planche, ce n’était qu’une imposture !

Tu te souviens comment tu voyais l’amour à cette période-là ?

C’était une libération, une manière de m’extraire du milieu familial et d’aller rêver ailleurs et de vivres des émotions rebelles parce que c’était interdit d’avoir un petit ami dans la famille à cet âge-la. Le sexe aussi était interdit. Tout était interdit en fait !

Tu prends la voie du journalisme à l’Université catholique de Louvain. Est-ce que c’est une passion ou est-ce que tu fais partie de cette génération qui choisi de faire des études en Communication pour ne pas rester sans rien faire ?

Je savais que je ne voulais pas faire de la communication. j’ai toujours écris quand j’étais petite et j’ai toujours fais de fausses émissions de radio. C’était plutôt un plaisir, un loisir, un passe-temps. ce que je voulais être, c’est chanteuse ! j’ai longtemps pensé que j’étais promise à un grand destin comme Madonna ou Beyoncé, et je trouvais que Pour la gloire était trop bas pour moi. j’étais persuadée qu’un producteur allait me remarquer sans que je doive batailler pour. A 18 ans, j’ai passé une audition pour entrer dans une école de chant et je me suis lamentablement vautrée ! Je voulais absolument faire un métier d’expression, par le chant ou par la presse et l’écriture. J’étais fan des articles de Nicolas Crousse dans Le Soir et je me voyais bien essayer de faire la même chose. J’avais envie de faire de l’écriture de fiction et j’avais envie de faire de la radio parce que chez moi on avait pas la télé. j’étais fan de Fun Radio et de l’émission de Max ! A 12 ans, c’était la liberté d’écouter ce genre d’émission transgressive ! Ce qui me passionne, c’est observer et témoigner, et ça continue à m’allumer. J’ai l’impression d’avoir vu tous les bords du journalismes en Belgique et je ne sais pas comment on pourrait faire quelque chose de qualitatif et d’audacieux aujourd’hui avec le peu de moyens dont on dispose et le peu de visions des gens qui dirigent les médias. “J’avais envie de montrer des personnages féminins en lutte, qui ne sont pas dans l’attente, qui sont aussi dans la conquête et la tromperie, dans le mensonge et la dissimulation.”

C’est quoi cette passion pour les origamis ?

Comme toute semi-autiste, j’ai de drôles de passions. J’en ai placés un peu dans le spectacle. Et comme j’ai de longs doigts, c’est plus pratique pour faire des pliages. Et puis ça me détend. J’ai une obsession pour les boîtes en forme d’étoile !

Ta plume est rare dans le monde du journalisme. Est-ce que le théâtre est finalement la suite logique des choses ?

Pour moi oui, mais je ne sais pas si c’est le cas pour tout le monde. C’est la suite logique à cette impossibilité d’écrire des formats longs nulle part. Et si on a envie de s’amuser un peu on doit aller vers ce genre de formes et essayer la fiction et le scénario. Mais ce n’est pas du tout la même chose d’écrire pour des corps en mouvement que d’écrire pour soi-même. Dans cette pièce, j’ai vraiment pris mon pied ! Personne ne savait si ça allait plaire ou déplaire. Et ce qui me manque, c’est le terrain et l’immersion dans une réalité.

La femme et le droit des femmes sont des thèmes récurrents pour toi. Est-ce que c’est un sujet que tu veux encore approfondir ?

C’est un thème qui me passionne, et plus on le creuse et plus on se rend compte que c’est un terrain gigantesque d’investigation. Dans Cherche l’amour, j’aborde le thème de la domination sans trop le souligner car il n’y a rien de plus agaçant que de vouloir à tout prix faire passer un message. Quand je regarde des films qui mettent en scène des histoires d’amour, les femmes sont toujours coincées dans des rôles de princesses oisives qui attendent qu’un homme se déclare pour les arracher à leur triste quotidien. Et quand j’observe ce qui se passe autour de moi, ce n’est absolument pas la réalité. Les femmes sont tout aussi consommatrices que les hommes, ou tout aussi passives que les hommes, et les rôles ne sont pas du tout normés comme ce qu’on nous montre dans la fiction. J’avais envie de montrer des personnages féminins en lutte, qui ne sont pas dans l’attente, qui sont aussi dans la conquête et la tromperie, dans le mensonge et la dissimulation. Plutôt que d’éviter le cliché à tout prix, je préfère m’engouffrer dedans et le détricoter en cours de route. C’est compliqué de trouver l’amour, et ce qu’on voit sur scène c’est peut-être la partie la plus facile. Le plus compliqué c’est de l’entretenir, le garder, réinventer ses idéaux, lutter contre le temps qui passe et les habitudes, contre l’usure et l’ennui. C’est après que le film de guerre commence !

Ton texte est soutenu par quatre bons comédiens, mais le vrai coup de cœur de ta pièce c’est Myriem Akheddiou.

Je suis fan d’elle depuis longtemps ; je voulais vraiment qu’elle joue dans ma pièce. Elle a une sorte de classe internationale, elle a l’étoffe de ces comédiennes qui sont capables d’avoir une carrière internationale. Elle a une beauté candide malgré son hyper sexualisation. J’avais aussi très envie de travailler avec Pierre Poucet et puis c’est Nathalie qui a proposé Sandy et Marc. Et elle avait raison de me les proposer, ils font partie des meilleurs de leur génération.

Le 12 juin 2009, c’est la date de ton premier tweet : “Je fais mes premiers pas sur Twitter. je ne comprends pas tout ! Drôle de truc. J’espère que ça me fera du bien à l’égo, au moins.” Est-ce que ce n’est pas le meilleur résumé de ta pièce finalement ?

Alors ça voudrait dire que l’amour c’est avant tout une question d’égo ? Confidence pour confidence c’est moi que j’aime à travers vous. Mais tout s’éclaire ! C’est assez clairvoyant. Et en même temps, ça veut dire ça et son contraire, parce qu’être à la merci du public c’est aussi être fragilisé.

 

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