Charlie Dupont

Entre ses rôles sur petit ou grand écran, Charlie Dupont reprend Squash sur les planches de deux festivals : Avignon et Spa. Entre Bruxelles et Paris, Charlie a du « Thalys » (sic) à revendre. Et où qu’il aille, ça vaut toujours le « d-tours ».

Tu as fait des études de droit…

… oui Madame !

…mais alors, comment es-tu devenu comédien à partir de là ?

Tu ne penses pas si bien dire ! C’est en débutant mes études à Saint-Louis que j’ai fait une première pièce qui m’a donné envie de faire ce métier. J’étais candidat en droit quand, sous la bonne houlette de Jean-Daniel Nicodème, j’ai joué Scapin dans Le Capitaine Fracasse. Je ne l’en remercierai jamais assez. C’est à ce moment-là que je me suis dit que c’était quand même beaucoup plus chouette que d’étudier le code civil par cœur de A à Z, même si, finalement, je l’ai fait [1]. La véritable certitude de mon envie d’être comédien, je l’ai acquise en 1ère licence, en jouant la première pièce - Le Dernier des Yuppies - d’Albert Maizel. C’était une sorte de copie du Père Noël est une Ordure … C’est cette pièce qui m’a fait rencontrer en une seule fois : Michel de Launoit [2] Manu Thoreau, Odile Matthieu, Alice Ley, toute une bande d’amis qui sont restés les indécrottables de ma vie.

Toute cette bande de comédiens, alors amateurs qui avait fait un mémorable Silence en Coulisses....

Je n’en faisais pas encore partie à l’époque ; par contre j’ai vu ce spectacle où il y avait en effet une belle énergie d’ “amateurs“. Cette énergie, cet enthousiasme qu’on retrouve chez les amateurs est salutaire car elle donne de belles leçons aux soi-disant professionnels dont je fais partie aujourd’hui. Lorsque La Haine de Kassovitz a remporté le César du meilleur film en 1996, j’avais été frappé par les paroles de ce jeune acteur béninois Hubert Koundé nominé meilleur espoir masculin avec ses camarades Vincent Cassel et Saïd Taghmaoui. Il a dit “Je suis un comédien amateur, mais je suis fier de l’être, parce que la racine du mot amateur, c’est quand même le verbe aimer. Et à ce compte-là, je préfère être amateur plutôt que professionnel !“ Et ces mots continuent de résonner en moi. Je préfère continuer à aimer mon métier plutôt que de devenir un aigri de la profession. Bref, ce sont ces 2 coups de pied au cul qui m’ont donné la certitude que dès que j’aurais fini mes études de droit, il me faudrait commencer autre chose !

Et cela a été ?

La « Kleine » (NDLR : De Kleine Academie) Mais les écoles ne sont que des boîtes à outils. Le vrai chantier ne démarre qu’après.

Et l’impro ?

Mes débuts d’impro, c’est Michel de Launoit qui me tape dans la main au cours d’un dîner et qui me demande : “Les matchs d’impro, tu sais ce que c’est ?” “Non”. “Ben on en fait un demain et il nous manque quelqu’un, tu veux bien… ?” Et le lendemain, sans avoir jamais suivi aucun entraînement, je faisais un match dans leur équipe amateur : les Pépins ! J’ai découvert les règles 10 minutes avant le match et j’ai adoré ça. J’y ai trouvé tellement de plaisir que par la suite, je me suis même retrouvé à la Ligue professionnelle où je ne suis resté que 2 ans. À la fin de la 1ère saison j’avais le Prix du Public et celui du Jouteur le plus étoilé, et ça n’a pas plu à tout le monde.

Le regretté Manu Thoreau s’était retrouvé avec toi sur les patinoires avant vos débuts en télévision : une collaboration étroite, tant pour l’écriture que pour le jeu où tu es devenu son lieutenant dans la série culte des Faux Contact. Est-ce cela qui a orienté ta carrière vers la comédie ?

Ça c’était il y a 15 ans et l’envie de comédie ne m’a jamais quitté. Même si les 3 derniers télé-films que j’ai faits étaient carrément des drames. Par exemple, il y a 2 semaines, TF1 a présenté le téléfilm Panique qui est une adaptation des Oiseaux de Hitchcock. Ici, les oiseaux sont remplacés par des abeilles… Richard Anconina , Alessandra Martinez et moi-même, y sommes envahis par les abeilles dans le Sud de la France. Je meurs dans d’atroces souffrances piqué et étouffé par des abeilles.

Et la série Faux Contact a certainement orienté ma carrière .. Jusqu’ici, j’ai joué dans 20 films, dont 2 sont à l’affiche en ce moment ! J’adore le cinéma et je suis très heureux de jouer dans le prochain film écrit par Christophe Honoré, une comédie (justement !) intitulée Let my People go dans laquelle je joue le mari goy d’Amira Casar juive. Le tournage a lieu en octobre. Mais mon premier vrai rôle au cinéma a été dans un film carrément noir de Francis Girod : Mauvais Genres avec l’excellent Richard Bohringer qui m’avait pris sous son aile.

Il est vrai qu’on te voit plus souvent sur les petits et grands écrans qu’au théâtre, mais après une longue absence, te revoici dans Squash, de l’Anglais Andrew Payne. C’était une envie de remonter sur les planches ? C’est une envie de dire OUI aux choses qui se présentent. Je n’ai jamais été vraiment sollicité par le théâtre belge et je n’ai jamais été frotte-balle comme il faut pour jouer au théâtre en Belgique. Il y a des gens que je trouve fantastiques et qui m’ont donné envie de faire ce métier, comme par exemple Yves Hunstad à l’époque sa fameuse trilogie … qui d’ailleurs tourne encore si je ne m’abuse ? [3] Il y a des gens comme ça que je n’ai jamais rencontrés, mais qui sont des piliers incontournables de ma culture théâtrale belge. Et pour la longue absence tu as raison. La dernière fois que j’ai joué dans une pièce en Belgique, c’était à Villers-la-Ville dans Macbeth… Ensuite j’ai été happé avec plaisir par la télé et le cinéma, ce qui m’a beaucoup amusé… Et je n’ai plus eu de projets théâtraux qui m’auraient motivé.

Cet été vous allez reprendre Squash au Festival Royal de Théâtre à Spa qui a eu d’excellentes critiques au moment de sa création l’hiver dernier. [4] Dans cette pièce, tu es Ryan, le frère de Greg, joué par Clément Manuel, qui assure également la mise en scène. Et c’est Tania Garbarski - ton épouse - qui est chargée de la direction d’acteurs

Oui on a joué cette pièce pendant trois semaines à bureaux fermés à L’Arrière-Scène en janvier et la bonne surprise c’est que nous allons également la présenter au Festival off d’Avignon au Théâtre des Béliers. C’est un fantastique petit théâtre qui est entre les mains du sémillant Arthur Jugnot [5] qui est un fou de magie et de théâtre Il y a 3 mois, alors que nous tournions Vidocq ensemble pour TF1, je lui avais parlé de Squash que je venais de terminer. Il m’a rappelé un mois plus tard pour me demander si nous en avions un dvd du spectacle ; il voulait le voir parce qu’un créneau venait de se libérer au Théâtre des Béliers dans le cadre du festival off. Cela s’est fait comme ça.

C’est une comédie ?

Oui, mais une comédie grinçante, une comédie à l’anglaise… et une comédie qui fait mal ! Les émotions y sont à tout moment tangibles et le rire n’est là que pour ne pas pleurer. J’aime beaucoup ces rires-là. J’aime bien un public qui rit pour se défendre. Je suis de ceux qui rient pour ne pas pleurer.

Il m’a semblé que pour tes projets filmés, tu te trouves souvent en France, alors que beaucoup de Français viennent tourner en Belgique

Je ne vais pas spécialement plus en France qu’en Belgique. Beaucoup de choses que j’ai faites ont été tournées en Belgique. Ce sont souvent des coprod’ françaises parce que des films uniquement belges, je te mets au défi de m’en citer une seul sur les dix dernières années. Je suis un acteur de coproductions…

…de talent !

… plutôt de Thalys ☺ ! Ceci dit, j’aime beaucoup le grand écart Paris-Bruxelles. Paris est une pute, mais Bruxelles est ma femme. Paris est très agréable pour 1, 2, 3 jours et puis je deviens fou. Je n’arriverais pas à y vivre. Je suis quand même un Wallon de fond de jardin. Je vis dans les prairies. Il me faut des animaux, de la verdure et de l’espace. Donc j’adore Paris, Bruxelles, New York, tout ce qu’on veut mais pas pour y respirer longtemps l’air vicié. J’aime bien avaler Paris pendant 3 jours, je prends ça comme un Red Bull. Bref j’aime le bouddhisme bruxellois et l’excitation parisienne.

Sur quoi travailles-tu pour l’instant ?

On est en train de tourner pour Canal+, la 2ème saison d’une série qui s’appelle Hard. C’est très joliment réalisé par Cathy Verney qui est pour moi, la Bertrand Blier du 22ème siècle. Le pitch, c’est qu’à la mort de son mari dont elle ignorait les activités, une bourgeoise hérite et devient de facto la directrice d’une boîte de production de films porno ! Et le miracle c’est que Cathy fait un truc qui, à chaque seconde, menace de déraper vers le gros et le vulgaire, mais qu’elle arrive à tenir une ligne « Pinterienne », à la fois absurde et de comédie romantique. Et c’est ça qui est fort chez elle. Dans cette série, je joue Corrado, un acteur porno espagnol. youtube

J’ai également tourné un très beau court métrage avec cette même réalisatrice, mais alors dans un tout autre registre ! Cela s’appelle : Comme le Temps Passe et c’est l’histoire d’un couple de Parisiens en visite à la campagne chez des amis qu’ils n’ont plus vus depuis longtemps. Ce choc des cultures Paris-Province est très subtilement filmé et d’ailleurs, le film vient d’être doublement primé au tout récent Festival International du Court-Métrage de Clermont Ferrand (2010) : il a obtenu le Prix du Public et le Prix du Rire Fernand Raynaud !

Parle-moi de tes projets plus personnels. Par exemple de ton premier court métrage Pierre-Papier-Ciseaux qu’on peut visionner sur You Tube. Je crois que tu y as pris un pied terrible.

Oui, terrible est le mot ! Je l’ai fait il y a 2 ans et depuis peu, il est en effet possible de le voir sur You Tube. Ceci dit, dans une qualité d’images, bien sûr, tout à fait déplorable… quoique regardable. Et j’ai tout fait moi-même : je l’ai conçu, je l’ai écrit, je l’ai produit et réalisé moi-même et j’y joue également les 2 rôles principaux. Il faut savoir que rentabiliser et faire voir un court, c’est l’horreur. Heureusement que mes potes Nicolas Fransolet, Kris Debuscheere, Bruno Degraeve , Philippe Vandendreissche, Rudy Kris, sont venus me prêter main forte, je les en remercie… même avec beaucoup de bénévolat, ce film m’a rapporté encore 20 fois moins que ce qu’il m’a coûté. Pourtant, ce court métrage, a été programmé en Festivals : Paris, Toronto, Namur, Valenciennes et Bruxelles [6]. Il ne faut pas espérer gagner d’argent en produisant un court métrage , même si tu vends ton film à une télé, c’est super génial, tu es très content qu’il soit vu, mais ce n’est pas ça non plus qui le rentabilise. Mais c’est fantastique comme école pour apprendre à avoir un autre regard sur les gens pour qui tu travailles.Tu apprends ce que c’est que d’être à la place du réalisateur ou du producteur. C’est génial d’avoir un peu de compassion pour ces gens-là. Et si ton film peut te servir de carte de visite, tant mieux.

Ton actualité ?

Pour l’heure, vous me retrouverez dans Vestiaires, des capsules humoristiques diffusées par la RTBF pendant la coupe du monde de foot. J’ai le plaisir de partager les vestiaires d’une équipe de foot miteuse composée d’Olivier Massart, Damien Gillard, Rico Salamone, Thierry Decoster, Bertrand Crasson et Stéphane Pauwels. J’y joue un footballeur homosexuel exhibitionniste.

Il y a le film de mon beau père Sam Garbarski Quartier Lointain dans lequel je joue un contrôleur. Ce très joli film-fable nostalgique - adapté d’un manga japonais est sorti sur les grands écrans en Allemagne et ne devrait pas tarder à venir en Belgique. C’est l’histoire d’un homme de 50 ans qui se réveille dans le corps qu’il avait à l’âge de 7 ans, et qui va revivre la semaine durant laquelle son père a quitté le foyer familial, 43 ans plus tôt. Et bien entendu, avec son mental de 50 ans, il va voir ces événements d’un tout autre œil.

D’autres projets ?

Eh bien, je prépare tout doucement une petite aventure théâtrale avec ma femme qui est quand même une valeur sûre du théâtre belge et du cinéma français. On a cette envie de monter sur scène ensemble et donc je ne vois pas la raison pour laquelle ça ne se ferait pas. Nous ne sommes pas encore fixés, mais il y a quelques belles idées qui fusent de part et d’autres.

Comme je le disais, à côté de sa carrière théâtrale, Tania a une très belle carrière au cinéma En 2003, il y a eu, bien sûr, le 1er long métrage de son père Sam Garbarski : Le Tango des Rashevski, dans lequel elle est magnifique. La saison passée, elle avait le 1er rôle (Natacha) dans une série événement sur TF1 Vive les Vacances qui lui a valu une belle carte de visite. Elle a également joué dans le 1er film de Bernard Campan La Face Cachée où elle était la femme de Jean-Hugues Anglade. Et prochainement, elle va jouer dans un film de Miel van Hoogenbemt

Et avec tes enfants, ça va ?

Je viens justement de faire un court métrage avec Lily – mon aînée (7 ans) – qui était toute contente de pouvoir jouer avec Aylin Yai et moi. Le Grand Jeu est un film de Sylvestre Sbille, coécrit avec Gilles Dal. Il est en fin de montage et sortira très bientôt.

Charlie Dupont est très présent sur le net (MySpace, Facebook, Twitter etc.), et en surfant, on tombe assez rapidement sur d-tours – un site momentanément en reconstruction. Peux-tu nous en parler ?

Cela fait 6 ans maintenant que ça existe. J’ai lancé ça avec un camarade : Valéry Lippens. En fait, on crée un univers sonore qui accompagne pendant une balade dans la ville. Et cet univers sonore est synchronisé en permanence sur un rythme de pas que tu entends avec ce que tu vois. Donc tu marches et au mètre près, ce que tu vois correspond à quelque chose que tu entends. Tu as une petite voix qui te dirige et qui te mènes dans le labyrinthe de la ville. En clair cela veut dire que d-tours crée une bande-son pour le film que tu te fais toi-même en te baladant dans la ville.

Tout ça c’est très bien, mais en pratique comment fait-on ?

Pour Bruxelles, par exemple, soit on a un iPod ou un MP3 qu’on peut télécharger sur internet (et cela coûte actuellement 5 € la balade en anglais, en français ou en néerlandais), soit si on n’a pas son matériel propre, on peut se rendre à l’Office du Tourisme Grand’ Place et alors avec le matériel cela revient à 7 €. Pour le moment on a 3 balades sur Bruxelles, mais on a aussi Barcelone, Londres, Ahmedabad et on est en train de faire Soho à New York qui sera prêt d’ici 2 mois.

Et tu vas faire les prises de son, toi-même à New York ?

Bien sûr, on ne peut pas enregistrer les sons d’une ville sans y être, ce n’est pas possible. Là, en l’occurrence, on y était il y a 6 semaines. Une plongée, micro en mains, comme toi, à interviewer tout ce qui était susceptible de nous amener de jolis sons entre Grand Street et Union Square sur toute la longueur. C’est vraiment un documentaire sonore sur la ville.

En français ? (je veux dire pour les touristes francophones ?)

Non ! En anglais !

Tu parles anglais ?

Oui

Comment tu l’as appris ?

Dans la musique. En écoutant des chansons que j’ai adorées. Ma culture musicale est rock et j‘ai eu envie de comprendre ce que disaient mes chanteurs préférés. Et puis, j’ai une famille assez anglophile, j’ai toujours baigné dans l’anglais.

Quels sont tes chanteurs préférés ?

C’est vaste. Pour l’instant je suis un grand fan de Miles Davis, même si ce n’est pas un chanteur et le dernier album que j’ai acheté c’est XX, un groupe anglais qui n’a rien à voir non plus avec le rock ☺ ! Je suis très éclectique. Il y a aussi Ghinzu et les 4Tops qui se retrouvent sur la bande-son de mon court métrage. Ces deux-là, c’est déjà un grand écart.

Ta moustache a une histoire…

Tout à fait. Elle ne me quitte plus depuis presque 2 ans, car j’ai fini par comprendre que les réalisateurs me trouvent plus intéressant ainsi. C’est Pierre Joassin, qui en a profité le premier. J’avais à jouer un petit rôle de flic belge pour un épisode de la série Sauveur Giordano avec Pierre Arditi dans le rôle titre. Tous les flics belges ont une moustache ☺, donc j’ai mis une moustache… Et depuis j’ai enchaîné tout en étant toujours raccord sur les films que j’étais en train de tourner.

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Avec la série Seconde Chance dont un épisode passait chaque jour sur TF1 pendant 1 an et demi, pas question de l’abandonner, ma moustache … Et pendant tout ce temps-là, à chaque nouveau casting, ils me voyaient moustachu … bien entendu. C’est ainsi qu’avec cette moustache j’ai joué des rôles aussi différents que un peintre du 19ème [7], un acteur porno espagnol, un flic belge, un directeur de pub parisien... Cette moustache cache un peu mon visage, me donne un air un peu plus mystérieux et un peu moins belge moyen… C’est dans Seconde Chance que je jouais ce directeur d’agence de pub, une sorte de Frédéric Beigbeder [8] ex-publicitaire très « Parisien/tête de chien ». Ce qui était assez drôle vu que cela avait été le vrai métier de mon beau-père qui portait moustache dans les années ’80. Le pitch : c’est l’histoire d’une gentille belle campagnarde des champs – interprétée par la toute bonne actrice belge Caroline Veyt – qui débarque à Paris pour travailler dans cette agence de pub, mais sans aucune formation. Et elle va tomber amoureuse de son directeur, c’est à dire de mon personnage : Vincent. On a fait 165 épisodes et c’était une usine à films ; Dallas, quoi. Ceci dit, il y a un an que c’est terminé ; TF1 a vendu la série et elle est diffusée au Japon, en Russie et en Allemagne… Je ne me suis pas encore vu doublé en japonais, mais j’attends ça avec impatience !!!

Si vous voulez en savoir plus sur ma moustache, je peux vous parler du documentaire de Henri de Gerlache Magritte : le Jour et la Nuit [9] Henri était le seul réal qui me voulait sans moustache, alors que je jouais sur la même période dans d’autres films avec moustache ! Donc je passais mon temps à raser, laisser pousser et ainsi de suite. Et puis il y a un plan où tout d’un coup, au milieu du documentaire, j’apparais avec une moustache. Finalement, on s’est dit qu’on s’en foutait de ne pas être raccord puisqu’on est quand même dans le surréalisme.

J’ai tourné il y a deux semaines avec Sharon Stone pour Largo Winch. Je joue son amant et la question de la moustache a de nouveau été soulevée : l’amant de Sharon pouvait-il avoir une moustache ? Heureusement que la réponse a été « oui » parce que je ne pouvais de nouveau pas la raser à cause de Hard que je tournais en même temps. C’est amusant comme les choses se recoupent : Sharon Stone est fan de Magritte et on en a beaucoup parlé. Vous me direz « tout le monde aime Magritte » sauf que quand on en parle avec Sharon Stone c’est pour entendre « J’adore Magritte. . . J’ai deux tableaux de lui ! » et ça c’est moins banal !

Est-ce que tu te vois comme quelqu’un parmi les people ?

Ça ce sont les autres qui te cataloguent ainsi. Je ne me sens absolument pas people. Ça ne veut rien dire pour moi.

Il me semble qu’on se retrouve plus vite people en tant qu’acteur de cinéma ou de télévision qu’en tant que comédien de théâtre, non ?

Pas le cinéma, mais la télé, C’est le regard des autres qui crée cela. Quand je prends le métro à Paris, je vois que les gens me reconnaissent… mais ce n’est rien du tout, c’est l’effet Seconde Chance.

Le cinéma fabrique des stars tandis que la télévision crée des people. Quand on fait ce métier, ce serait absurde de dire qu’on n’a pas envie que le public nous reconnaisse un talent. C’est juste fantastique d’avoir des gens qui vous disent qu’ils aiment ce que vous avez fait. Mais la notion de « people » n’a rien à voir avec ça ; elle n’a rien à voir avec le talent, c’est juste une question de médiatisation : tu fais une émission de téléréalité, tu te grattes les c… pendant 2 mois à la télé, tu es un people mais ca ne fait pas de toi une star.

Charlie, j’aurais besoin d’une bonne photo pour mettre en tête d’article.

Celle-là ? Ou alors celle-ci ?

Non merci Charlie... J’ai besoin d’une photo en format paysage. Mais pourquoi cette salade sur ta tête ?

C’est un clin d’œil en hommage à Serge Gainsbourg, L’Homme Á Tête de Chou ! , son meilleur album à mon avis.

Merci Charlie. Bonne continuation et surtout bonne partie de squash en Avignon et à Spa.

Squash :
- En Avignon au Théâtre des Béliers, du 8 au 31 juillet 2010 à 19 heures
- A Spa les 13 et 14 août à 19 heures aux Anciens Thermes


- Crédit photos pour SQUASH : Nicolas Schimp
- Interview Nadine Pochez, 2 juin 2010

[1] Licence en droit (1993)

[2] Michel de Launoit est à l’origine de Impro-session et de Aka Music

[3] Hello Joseph - Gilbert sur Scène - (1985) - La Tragédie Comique (1988), cette dernière bientôt reprise au Théâtre de Namur

[4] Notamment sur 50° Nord par un chroniqueur enthousiaste et dans La Libre Belgique

[5] fils de Gérard Jugnot

[6] à Wolubilis

[7] dans Chez Maupassant sur France 2 - voir photo logo de cet article

[8] Prix Renaudot 2009 pour Un Roman Français chez Grasset, ex- de Laura Smet, la fille de Johnny, un pipl quoi !

[9] Ce documentaire est projeté dans le nouveau Musée Magritte, Place Royale à Bruxelles ou l’acheter sur internet en DVD

 

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