Anne-Pascale Clairembourg

Dans une Hollande imaginaire, la guerre sépare la princesse Maleine du prince Hjlamar le jour de leurs fiançailles. Enfermée dans une tour, elle s’échappe et rejoint le prince au grand dam de la reine Anne. Les mauvais présages s’accumulent alors…

Ton interprétation de princesse Maleine semble très investie, est-ce que ça a été une évidence à la lecture, ou as-tu eu à faire beaucoup de recherches ?

C’est jamais une évidence à la lecture. Quand tu lis les pièces qu’on te propose, sans doute que tu comprends pourquoi on t’a choisi dans la distribution, il y a certainement des points communs entre le personnage et toi. Mais il y a forcément un travail de recherche, de construction du personnage pour ne pas tomber dans tes facilités… Maleine a une destinée, une trajectoire, dès le début elle connaît son destin, par moment elle lutte ou elle se pose des questions, mais quelque part elle sait où elle va. D’ailleurs on l’a travaillé comme-ça… Elle est presque morte d’emblée, déjà humus. Et c’est ça la difficulté pour moi, que ce ne soit pas linéaire, que ce ne soit pas lassant à regarder. Une fois que le personnage est trouvé il faut qu’il vive malgré tout.

Justement, comment Jasmina t’a t-elle fait travailler cette rencontre avec le personnage ?

Moi ce que j’ai proposé d’emblée, c’est la princesse victime de son destin, tout en sachant qu’il ne fallait pas trop tomber là-dedans. Jasmina m’a plus fait travailler sur la lutte contre ce qui lui arrive, être forte par rapport à son destin. Mais on est assez en connexion, ce qu’elle me dit me parle beaucoup. Parfois il y a des metteurs en scène qui n’ont pas le même langage que toi, avec lesquels il faut faire un travail de « traduction », mais avec elle ce n’est pas du tout le cas, on se comprend bien , je crois…

Le fait d’avoir le public comme décor implique-t-il un grand changement de jeu ?

Oui ! Bien sûr, le rapport est privilégié ! Cela crée une intimité, le spectateur est directement impliqué dans notre histoire, dans notre façon de la vivre et de la raconter, il fait partie de la représentation, nous dépendons énormément de lui et de son écoute ! Notre travail est de s’adapter, il y a des publics qui sont très vivants, mobiles, d’autre plus calmes, presque statiques, les silences prennent alors une ampleur immense.

On a fait tout un travail de préparation sur les respirations , le temps suspendu…

Par rapport au public, les autres comédiens le regardent beaucoup ils sont plus en contact avec lui. Pour Maleine c’est un peu différent, elle est un peu en retrait, plus dans son monde, pour elle, rien n’est vraiment concret. Moi j’ai très peu de contact avec le public, mais quand j’en ai, je les savoure.

Cette pièce a été montée par la troupe « Entre Chiens et Loups ». Comment t’es tu retrouvée dans cette troupe ?

Je ne connais pas bien toute leur histoire, Jasmina fait partie de la troupe et elle a fait appel à nous, c’est son projet, une envie qu’elle avait depuis longtemps.

Comment expliques-tu le fait qu’on ressente une telle harmonie entre tous les comédiens ? Est-ce dû à tout le travail effectué ensemble ?

C’est certainement parce qu’on se connaît bien, certains étaient dans ma classe à l’IAD et il y en a beaucoup que je connaissais, comme ça par relations. On est quelques uns à être des « éléments rajoutés », mais on est pas mal une bande de copains et c’est ça qui est gai !!! On peut se dire beaucoup de choses, on peut avancer tous ensemble. On a à peu près tous le même âge, il n’y a pas de grande différence d’expérience, ce qui fait que tout le monde est à égalité. Ce qui est intéressant, c’est qu’on a tous un parcours très différent.

Cette création s’arrêtera entre les murs du ZUT, ou envisagez-vous de la faire voyager ?

On espère que ça va tourner. Je sais que Jasmina met beaucoup de choses en œuvre pour que ça se refasse. Je ne pense pas que ce soit pour la saison prochaine, parce qu’on est quand même une grosse équipe, et c’est pas évident pour les dispos de chacun, mais j’espère… Après tout ce qu’on a fait ensemble, je trouve le travail cohérent, je trouve que ça tient vraiment la route et je suis sûre qu’avec ce groupe, on a encore pleins de choses à trouver, on est toujours en recherche pour que ça aille plus loin. Ca serait intéressant de le jouer ailleurs, il est adaptable. Je pense que si on reprend le spectacle, ça lui fera du bien !

Quelle est ta prochaine étape en tant que comédienne ?

J’aimerais bien le savoir (rires) ! J’ai une reprise de mi-décembre à mi-janvier au Théâtre des Martyrs : Le marchand de fables va passer, comédie « corborenardesque » co-écrite par Eric de Staercke, J-B Pouy, Amélie Nothomb, Pascale Fonteneau et Bruno Coppens avec MP Kumps, E.De Staercke, JL Danvoy ,E.Guillaume, B.Coppens et moi ! J’ai hâte !!!

On te voit de plus en plus sur les planches, est-ce que tu peux aujourd’hui choisir tes projets ?

Je n’ai pas encore eu la délicate situation de choisir !

Pour le moment, tout ce qui m’a été proposé m’a plu. Tous les projets auxquels j’ai participé depuis que je suis sortie de l’école, ont vraiment tous été importants pour moi. J’ai eu la chance de faire des choses très différentes : un spectacle pour les petits de 3 à 6 ans avec la compagnie de la Casquette, deux créations au Théâtre du Méridien mises en scène par M.Youssef,deux autres au théâtre de la Vie avec E.Brison puis je suis partie à Montréal l’année passée où j’ai joué Le moine noir de Tchekhov mis en scène par D.Marleau.C’était une co-production belgo-canadienne, ils sont venus chercher deux comédiens en Belgique.

Je crois que j’ai eu beaucoup de chance…

 

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