Anne-Marie Cappeliez

Avec sa première pièce La Belle-Mère, la comédienne Anne-Marie Cappeliez nous ballade au pays de ses souvenirs à Bruxelles ou Avignon, avec entre autres Bernard Damien ...

Dans quelques jours ce sera la Grande Première de La Belle-Mère. C’est la première fois que tu écris ?

Oui c’est la 1ère fois. Je ne peux pas dire que ce soit vraiment un choix. Je n’ai jamais pensé écrire et puis tout d’un coup ça m’est venu comme ça... C’était pendant les vacances... on peut dire que ma main a écrit pour moi... c’est qu’il devait y avoir depuis un petit moment quelque chose à l’intérieur qui s’est mis en route. L’idée m’est venue un soir alors que je discutais avec Jacqueline Nicolas, qui sera d’ailleurs ma comparse dans ce spectacle... Il faut dire que lorsqu’on se voyait – c’était devenu une habitude ! – on aimait prendre les accents qu’on avait quand on a joué Les Belles-Sœurs [1], elle l’accent ardennais et moi celui du Hainaut Un soir, au Grand Midi, je la regarde et tout d’un coup me viennent à la fois, et le titre - La Belle-Mère - et la première image du spectacle. Une première image que je ne vais pas vous dévoiler ici ... Et à partir de cette première idée, je peux dire que ma main a écrit toute seule .. C’est un mélange de souvenirs d’enfance, d’adolescence, de choses qui m’ont sans doute choquée, bousculée . Il y a aussi une critique d’une certaine hypocrisie de la religion... Je ne peux pas dire que j’ai voulu écrire quelque chose contre la religion, je n’ai pas pensé cela. C’est un peu comme si, tout d’un coup, il y avait en moi un besoin d’exprimer mes expériences de vie. Attention, je ne voudrais pas choquer les croyants fervents – j’en ai dans ma famille et j’ai été baignée dans ces milieux-là – mais en grandissant j’ai été amenée à me poser certaines questions. Dans le fond je suis assez mystique, mais est-ce que je crois en un Dieu ? Je sais que je crois surtout en l’Homme. Ceci dit, j’ai écrit pendant des heures et des heures. Et puis il a bien fallu retravailler tout cela. Alors on s’est vu de façon régulière, Jacqueline et moi. On s’apportait mutuellement des choses, on se corrigeait, on essayait de rendre les choses plus claires. J’ai voulu confier la mise en scène à Victor Scheffer qui fut un de mes élèves. Je me suis rappelé de son humour qui allait certainement fonctionner avec ma pièce. Victor a du talent, il travaille beaucoup : il a travaillé entre autres avec Virginie Hocq et, en tant que comédien, ce n’est pas n’importe qui ! J ‘ai assisté à une représentation de Noces de Vent et je l’ai trouvé excellent dans son rôle de psychothérapeute coincé.

Nous commençons à jouer La Belle-Mère le 17 mars pour une série de 10 représentations au XL Théâtre du Grand Midi [2] et on verra ce que cela donnera. (rires).

Puisse La Belle-Mère avoir autant de succès que Les Belles-Sœurs jouées une 60aine de fois en 3 saisons successives ! [3] C’est d’ailleurs assez remarquable d’avoir pu mobiliser les mêmes 15 comédiennes sur un plateau pour toutes les reprises. !

Cela n’a été possible que parce que nous étions à la participation. Sinon c’est impossible. Il ne faut pas se leurrer, lorsqu’ils doivent payer 15 comédiens, les petits théâtres n’y arrivent pas et s’ils le font comme le Théâtre du Grand Midi, ils prennent beaucoup de risques. Il se fait que Les Belles-Sœurs ont eu beaucoup de succès, mais on n’a pas eu beaucoup dans notre poche ; ce qui ne nous a pas empêché de le reprendre mais toujours à la participation (rires)

Comment ce spectacle québécois des Belles-Sœurs est-il arrivé en Belgique ?

C’est un de nos anciens élèves au Conservatoire qui a proposé à Bernard Damien de monter ce spectacle. On a commencé avec un premier metteur en scène qui s’est avéré complètement inefficace et incompétent. Pour commencer, ce spectacle pour une quinzaine de comédiennes était écrit en québécois (joual)... et ledit metteur en scène aurait voulu nous le faire jouer toutes avec l’accent québécois ! Là on s’est dit qu’il y avait déjà de l’eau dans le gaz... Ça ne pouvait pas fonctionner comme ça... et avec l’aide de Bernard Damien qui a aussi repris en charge la mise en scène nous avons décidé de tout retranscrire dans les accents de nos régions natales tout en essayant de rester le plus fidèle possible à l’écriture de Michel Tremblay.

À quand remonte ta rencontre avec Bernard Damien ?

C’était en 1978, au Rideau de Bruxelles sur Il faut que le Sycomore Coule de Jean-Michel Ribes. Ça fait donc 31 ans et c’est une longue histoire faite d’amitié, de complicité... et puis il est le père de notre enfant, ce qui n’est pas rien (rires)

Vous êtes tous deux professeurs au Conservatoire ?

On était d’abord à Bruxelles, puis nous avons été mutés à Mons. Bernard Damien est professeur principal dans l’ Option des Arts oratoires : déclamation et techniques du « Seul(e)en scène » et moi j’ai été depuis sa chargée de cours... Je dis cela car depuis peu j’ai la fonction de « Chargé d’Enseignement » : une promotion (rires).

Donc Bernard et toi, vous formez une sorte de package ☺ qu’on prend en bloc ?

Oui et non... Si on voit les spectacles auxquels j’ai participé à l’XL Théâtre par exemple, on s’apercevra que j’y ai relativement peu joué. J’ai toujours voulu conserver mon indépendance en tant que comédienne et Bernard respecte mon désir de jouer ailleurs. Au Conservatoire c’est pareil : il respecte tout à fait ma façon de travailler et il ne s’ingère pas du tout dans ma façon de donner cours. C’est indispensable pour moi, ce respect mutuel car sinon c’est voué à l’échec vu qu’on a quand même tous les deux une personnalité assez forte .. (rires). Bernard est quelqu’un qui donne beaucoup de sa personne. Il a aidé beaucoup de gens, même s’ils ne le savent pas toujours ou l’ont oublié... Bernard est quelqu’un que j’estime beaucoup pour sa droiture. Il est un grand humaniste, à l’image de ce Candide qu’il a monté au début du Minuscule Théâtre.

Ce qui me plait aussi dans notre relation au théâtre, c’est qu’au fil des années nous avons gardé l’un comme l’autre, beaucoup de contacts et de liens d’amitié avec nos anciens élèves. C’est devenu en quelque sorte comme une grande famille.

Quelles sont les choses sur lesquelles tu insistes lorsque tu donnes cours de déclamation à tes élèves ?

J’insiste sur ce que j’appelle la base. C’est-à-dire que je remarque de plus en plus, et avec beaucoup de tristesse et d’inquiétude pour l’avenir de nos scènes, que nos Académies et Conservatoires prennent de moins en moins de temps pour enseigner la manière classique de conduire un texte, de l’appréhender. Mon avis est que la technique y est un tout petit peu lésée. Donc avec mes élèves, je travaille beaucoup la base ; c’est à dire que j’essaye de leur faire lire le plus possible de vers, ce qui pour moi est comme les gammes pour un musicien. C’est une excellente manière pour apprendre à dire un texte, car il faut se faire comprendre avec le vers et malgré lui. Et puis ça me permet aussi de leur apprendre la littérature, parce que ce qu’ils ont eu dans le secondaire, ce n’est pas terrible. Que veut dire un texte ? Combien de fois ne savent-ils pas lire une virgule, un point, un point d’exclamation. C’est incroyable. Je suis souvent déçue de constater que c’est comme s’ils n’avaient encore rien appris. En tout cas, ils n’arrivent pas à décoder un texte Ce que je dis peut paraître ahurissant mais pour une grande majorité des élèves, il faut recommencer par le B-A-BA de la lecture. Pour moi, s’ils ne comprennent pas ce qu’ils disent, ce n’est même pas la peine d’ouvrir la bouche. Car enfin à quoi ça sert de dire un texte si on n’en comprend pas la signification ou si on en contourne le sens parce qu’on ne sait pas quoi dire ou pire parce qu’on n’a rien à dire ? Je n’aime pas du tout les revisitations des textes … Oui je suis très ringarde à ce niveau (rires).

Je crois savoir qu’avant l’XL-Théâtre du Grand Midi Bernard Damien dirigeait déjà un autre Théâtre ?

C’est une longue histoire ! Bernard a décidé de créer sa propre troupe en 1978. Il voulait avoir son propre théâtre et il l’a installé à Saint-Josse dans une cave, rue du Chalet, non loin de la Rue Potagère... Cela s’appelait « Le Minuscule Théâtre ». C’est là qu’il a créé Candide d’après Voltaire, Vie de Moravagine Idiot d’après Blaise Cendrars, il a monté Crime et Châtiment, Cérémonie pour un Noir Assassiné d’Arrabal. C’est à ce moment-là qu’on s’est rencontré : le Rideau, la création du « Minuscule Théâtre », tous ces événements se sont passés en même temps.

Le coup de foudre ?

Oui, on peut le dire, le coup de foudre.

Et quand Bernard n’a plus pu avoir cette cave – devenue une bibliothèque dès 1982 – il a fait le théâtre dans son appartement ! On jouait dans son salon. Il y avait une petite trentaine de places. On vivait dans la chambre, parce que la cuisine était occupée par la régie. On jouait dans les couloirs… Les Lèvres à nu de Mademoiselle Surréaliste avec Hélène Gailly s’est créé là et vient d’ailleurs d’être repris dans le Festif Festival avec une de nos élèves. On a aussi joué La Maison de Rêve écrit par Michel Jamsin- auteur, sculpteur et peintre montois – . Quelques années après, Bernard a pu louer tout un vieil hôtel de maître près de la Place Rouppe, Rue du Midi. La salle se trouvait au rez-de-chaussée, et dans la cave il y avait un bar avec une petite salle aussi. C’est devenu le « Théâtre du Grand Midi » qui a quand même vécu une dizaine d’années à cet endroit : près de 50 spectacles y ont été montés. Bernard Damien y a créé, accueilli ou coproduit des pièces de Strindberg, Liliane Wouters, André Baillon, Maurice Fanon, Sénèque, Racine, Berkoff, Tchékhov, Marguerite Duras, Peter Handke …

C’est là qu’il a notamment créé sa première Mouette – reprise aux Galeries en 2001 – et là aussi qu’il a monté Le Horla de Maupassant...

Suzy Falk nous avait déjà raconté qu’un de ses meilleurs souvenirs est d’avoir pu décorer toute la maison pour son spectacle Ni Chair, Ni Poisson de Rudy Geldhof dans une adaptation de Liliane Wouters.

En effet... Et lorsqu’ en 1994, le propriétaire a voulu vendre cette grande maison, il a bien fallu chercher ailleurs... Jacques De Decker a alors parlé à Bernard d’un lieu appartenant à la Commune d’Ixelles et qui s’appelait le « Théâtre Banlieue »…et qui est devenu l’actuel « XL Théâtre du Grand Midi ». Il a été inauguré le 27 septembre 1995.

En préparant cette interview, je n’ai pu trouver nulle part un CV complet reprenant toutes les pièces et les films dans lesquels tu as joué ...

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C’est bien simple, le nombre de pièces dans lesquelles j’ai joué est énorme. Je suis en route depuis 1971. Cette année-là, avec Jacques De Bock et Dolores Oscari (qui étaient mes camarades de classe au Conservatoire de Mons) on a dû participer si pas au premier Festival Off d’Avignon mais certainement à un des tout premiers : Michel Jamsin, l’auteur de la pièce –“The Bloody Nonne” – avait démarché pour trouver un vieux café à Avignon : ça s’appelait le Café Léon. C’était vraiment le tout début du Off et je m’en rappellerai toujours ; il n’y avait personne ou à peu près ...mais attention ! On a quand même été filmés par FR 3 si mes souvenirs sont bons ! Pendant qu’on jouait on avait en fond sonore Johnny Hallyday et Sylvie Vartan qui chantaient “Dis-moi que tu m’aimes, doudou..., moi je t’aime aussi” (rires) Même si on n’a eu personne comme public, ça a été une expérience formidable.

Tu as fait beaucoup de Festivals d’Avignon.

Après cette première fois en 1971 il y a eu un long moment sans, et puis pendant une dizaine d’années Bernard y a présenté pas mal de spectacles mais moi j’y ai peu joué !

Toujours dans le Off ?

Oui, c’était au « Théâtre Le Funambule »

Est-ce que La Belle-Mère va être présentée à Avignon ?

En tout cas j’espère que ce spectacle va avoir du succès, mais en ce qui concerne Avignon, je ne suis pas du tout sûre d’avoir envie d’y retourner ! Il y a de plus en plus de spectacles… de n’importe quoi fait par n’importe qui ! Je crois qu’ils en sont à 880 si pas 900 spectacles. Ce n’est plus possible. Je ne pense pas qu’Avignon soit la panacée universelle ! Et pour ceux qui ne sont pas invités au « Théâtre des Doms », c’est-à-dire dans des conditions idéales sans investissement financier personnel, l’expérience peut se révéler très décevante si pas catastrophique. Il faut savoir que tout est extrêmement cher et c’est déjà bien si tu peux rentrer dans ses frais, ce qui n’est hélas pas toujours le cas, que du contraire. C’est une pompe à argent, je te jure..... En tout cas celui qui a un vieux garage à Avignon et qui en fait un théâtre pour le Festival, gagne sa vie pour toute son année ! Pour un seul spectacle pendant la durée du Festival on payait de150 à 200.000 BEF : tu imagines ce que se met dans la poche le directeur d’un lieu où il se joue 5 spectacles ... En résumé, si tu as de l’argent tu peux y aller. C’est pour ça qu’il y a tant de troupes, c’est parce qu’ils douillent, mais ce n’est plus de la qualité... Et ceci dit, je n’ai rien contre des spectacles amateurs, mais tu peux avoir un spectacle d’un collège de filles de New York parce que les parents ont de l’argent.... c’est tout et n’importe quoi. Et puis c’est aussi faussé car il y a des gens qui ont déjà joué leur spectacle un très grand nombre de fois et qui viennent le remontrer à Avignon alors que ce Festival est censé présenter des créations... En 2003 Bernard était parti avec 3 spectacles : L’Opéra des Gueux, 24 heures de la Vie d’une Femme et Le Horla. Chaque comédien avait 2 spectacles à jouer sur la journée.... on était crevés, je ne te dis pas ! L’Opéra des Gueux un grand succès à Bruxelles et en tournée n’a pas marché !... Parce que l’auteur Bernard Damien ? Connais pas ... Par contre le Maupassant a bien marché, Zweig aussi, parce que les gens viennent pour des auteurs connus. Il ne faut pas se leurrer, ceux qui viennent à Avignon ont déjà fait leur petit programme. Les auteurs connus ça marche bien – même si ce n’est pas bon et je dirais même très mauvais, ça draine toujours un certain public - Donc pour L’Opéra des Gueux de Bernard Damien [4] ... Au début on faisait les cartons nous-mêmes, on allait coller les affiches, on distribuait des tracts.... Puis avec les années on s’est rendu compte que ça ne servait à rien... il y a tellement d’affiches que la tienne, on ne la voit même pas. Tracter, jouer c’est très fatigant car il fait très chaud à Avignon dehors et dedans ... Côté finances, pour nous, l’un dans l’autre – le lieu pour loger les 14 comédien(ne)s, régisseur, petites mains …, la nourriture, la location du théâtre ça a été souvent des opérations blanches. Ça n’a pas rapporté d’argent. On a très peu vendu de spectacles ... À quoi ça sert d’aller à Avignon si ce n’est pas pour vendre les spectacles... De plus en 2003, la grève des Intermittents français – même si elle se justifiait – n’arrangeait pas les choses : le public et les tourneurs éventuels – découragés par la presse annonçant que seul le « In » jouait – se demandaient si oui on non les troupes non françaises allaient jouer ??? Bernard, écœuré par la situation a dit : “Stop, maintenant le “Off” ça suffit !” Il avait été un pionnier du théâtre belge au Festival d’Avignon, mais il fallait passer à autre chose !

Donc pour en revenir à La Belle-Mère , j’espère tourner en Belgique et aussi en France. Et pourquoi pas au Québec ? De toute façon, si ça marche, ça tournera !

Tu t’es déjà risquée à la mise en scène ?

Disons qu’avec les élèves du Conservatoire, j’en fais un tout petit peu, mais non cela ne me tente pas pour le moment. Mais assistant metteur en scène, ça j’aimerais bien. Peut-être un jour... Par contre j’ai envie de refaire un spectacle chanté !

En tant que quoi ?

Chanteuse. Mais ça se fera. Je ne mourrai pas sans l’avoir fait . J’avais déjà chanté dans La Vie Parisienne au National lors de la dernière année de direction de Jacques Huisman. J’en avais déjà fait un au Grand Midi qui s’appelait La Fermeture Éclair de l’Aube, autour des chansons de Maurice Fanon écrites pourPia Colombo dans les années 70. En fait cela parlait de la révolution de 68 avec les pavés et tout cela… c’étaient de magnifiques chansons... et plus tard il y a eu L’Opéra des Gueux où l’on poussait la chansonnette...

Tu as fait du cinéma ?

Très peu jusqu’ici. La chose la plus importante que j’ai faite a été Faut-il aimer Mathilde ? : un long métrage de Edwin Baily tourné dans le Nord de la France avec la talentueuse Dominique Blanc. J’ai eu des rôles dans quelques courts métrages et aussi dans 2 téléfilms réalisés par Jean-Louis Colmant pour les télévision belge et française : Dancing avec Ronny Coutteure et Coup de Bol. On a aussi fait un film de la pièce de théâtre La Salle des Profs de Liliane Wouters, où j’interprétais un jeune prof plein d’idéalisme.

Tu aimerais faire plus de cinéma ?

Oui, ça me plairait. Je ne suis pas une folle de la caméra, mais j’adore cette synergie entre tous les métiers sur un plateau de tournage J’ai joué beaucoup de rôles très différents – j’ai eu cette chance-là et je me dis qu’avec mon expérience d’actrice et la maturité acquise, ce ne serait pas mal le cinéma ! Jusqu’ici, pour les quelques rôles que j’ai eus, ça s’est toujours passé par des contacts directs, rarement via des castings. Je crois cependant que si on veut tenter sa chance en cinéma, il faut un agent, on ne peut pas se débrouiller seul ! Je suis les bons conseils de 2 de mes anciennes élèves : Isabelle de Hertog et Christelle Cornil qu’on voit de plus en plus sur les écrans !

On va dire qu’en arrivant ici, tu as rencontré un mage qui va exaucer 3 vœux, que lui as-tu demandé

1) Un vœu pour toi

Ce sera d’abord un vœu pour nous 3 – car j’y associe Bernard et Robin – c’est à dire que d’ici pas trop longtemps Bernard et moi souhaiterions pouvoir nous installer dans une maison en Provence car c’est une région qu’on adore mais mon plus cher souhait est que notre fils Robin qui finit sa rhéto, trouve sa voie et se réalise dans ce qu’il choisira. Alors disons un vœu plus personnel : faire un spectacle chanté

2) Un souhait pour l’XL Théâtre du Grand Midi ?

Qu’il continue à exister, parce que c’est un lieu qui a révélé et fait travailler beaucoup de jeunes et moins jeunes ! J’aimerais qu’il reste dans la continuité de ce que Bernard en a fait : un théâtre de liberté, un théâtre humaniste à la manière dont Voltaire concevait cela. Bernard est un grand humaniste. Je le répète parce que de ça je suis sûre !

3) Un vœu pour le théâtre en Belgique ?

Que l’argent alloué au Théâtre soit partagé équitablement : il y a de grosses boîtes qui raflent tout l’argent et puis les autres rament. Il y a trop de jeunes troupes qui sont obligés de travailler à la participation quand ce n’est pas pour rien parce qu’on ne les aide pas à financer leurs créations .Et tant d’autres choses…pas justes !

Moi, si j’ai des élèves dans mon cours qui ont du talent et une certaine aura, je leur dis quand même de foncer à Paris s’ils veulent percer plus particulièrement dans le cinéma ou la télévision Les grands rôles joués par des Belges dans les coproductions, c’est quand même encore assez rare ... même si les comédiens belges sont de plus en plus appréciés …Enfin !

Pour le théâtre aussi cela devient difficile pour les jeunes, ils sortent trop nombreux des écoles chaque année, pour tous trouver du travail dans la seule voie théâtrale. Dans ma promotion, du temps de Claude Etienne on était 7, donc on a eu du travail tout de suite au Rideau. Si on en est là aujourd’hui c’est parce qu’on a commencé tôt et qu’à ce moment-là il y avait beaucoup de travail. Aujourd’hui, même s’il y a plus de théâtres, la concurrence est énorme... De nos jours, les jeunes n’ont peur de rien ; ils y vont, et tant pis s’il n’y a pas d’argent... ils foncent quand même ! C’est dur. Personnellement, je trouve que c’est un peu compliqué quand il faut travailler pour la moitié du prix normal parce qu’il n’y a pas d’argent, même s’il m’arrive encore de le faire. Mais je n’ai plus 20 ans... et pour accepter de travailler gratuitement ou presque, il faut vraiment que je flashe sur la pièce et que ça me plaise de travailler avec la personne qui met en scène et ceux et celles qui y participeront

Est-ce qu’il me reste encore des vœux ? À propos de metteurs en scène, un de mes désirs serait de retravailler avec Thierry Debroux mais comme je suis du genre timide, je ne vais pas aller le lui dire. J’avais déjà travaillé avec lui dans Aglavaine et Sélysette de Maeterlinck, mais il y a de nombreuses années de cela [5].

Et c’est avec lui que tu aimerais faire de l’assistanat ?

Oui ou bien de nouveau comme actrice. Et puis j’aurais voulu être mise en scène par Adrian Brine mais …

Des projets plus concrets au théâtre pour la saison prochaine ?

Oui, il y en a. Par exemple on reprend Théâtre sans Animaux de Ribes en décembre 2009-janvier 2010, ce qui ne sera pas vraiment une reprise puisque l’équipe ne sera pas la même, à l’exception de Alexandre von Sivers et moi.. J’ai adoré ce spectacle fait de saynètes très déjantées ; d’ailleurs par la suite, Ribes en a repris quelques unes dans sa pièce Musée Haut, Musée Bas.

Où cela va-t-il se jouer ?

Aux Martyrs, en tournée et à Namur.

Merci pour l’interview et longue vie à ta Belle-Mère !

- Interview : Nadine Pochez 3 mars 2009 Crédits Photos : Pierre Bodson, Serge Daems, C assandre Sturbois ...

[1] du Québécois Michel Tremblay

[2] 7a Rue Goffart 1050 Bruxelles / Info / Contact : 02 / 513 21 78 theatre.grand.midi@skynet.be

[3] de 1995 à 1998

[4] très librement inspiré du "Beggar’s Opera" de John GAY

[5] 1989-1990

 

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