Alexis Goslain

Alexis Goslain est acteur, metteur en scène et auteur. Aujourd’hui, il signe la mise en scène de "Dieu habite Düsseldorf "aux Riches-Claires. Demain...il sera partout ! Les confessions d’un boulimique du travail fan des Beatles

Alexis GoslainVous travaillez en ce moment à la mise en scène de « Dieu habite Düsseldorf » de Sébastien Thiéry (Les Riches-Claires du 2 au 20 octobre) De quoi parle le spectacle ?

Ce sont neufs petites séquences de la vie quotidienne. Il y a deux personnages complètement inaptes que l’on pourrait qualifier d’irréels : Monsieur n°1 et Monsieur n°2 (Alexandre Crépet et Michel Hinderyckx ). Mais, ce sont des représentants de toutes les classes sociales. Le spectateur peut retrouver une part de lui-même à travers ceux-ci. Les situations dans lesquels ils évoluent sont des transpositions du quotidien. Soudain un vendeur de téléphone portable devient un vendeur de zizi !

Cette pièce est-elle un choix personnel ?

Non. Michel Hinderyckx et Alexandre Crépet me l’ont proposée.

Est-ce angoissant, après la mise en scène du génial « Musée haut, Musée bas » de recommencer autre chose. J’imagine que l’on pourrait en attendre plus de vous ?

En fait, j’ai peur à chaque fois. J’essaie de ne pas me prendre la tête avec ça !

A quoi pensez-vous quand vous commencez un travail de mise en scène ?

J’ai envie de monter des spectacles comme j’ai envie de les voir. Je me mets aussi à la place du spectateur. J’aime qu’un spectacle ne dépasse pas 1h 30, qu’il soit rythmé, dynamique et dans lequel le spectateur puisse s’identifier. Au théâtre, tout est signe. Tout raconte quelque chose. Rien ne doit être hasard.

Très souvent votre travail est axé sur le genre humoristique.

L’humour oui, puisque j’ai commencé par travailler à la Toison d’Or mais je n’y étais pas forcément prédestiné. Ce genre me convient car le rire est une technique particulière, il y a des tas de choses à apprendre. Mais, ce n’est aucunement une fin en soi. Je n’ai pas envie de rester enfermé la dedans.

Vous êtes comédien, metteur en scène et auteur. Avez-vous une préférence pour l’une de ces trois activités ?

Je suis sorti du Conservatoire Royal de Bruxelles en 2000 avec une envie irrépressible de jouer. J’ai donc envoyé mes C.V. dans les théâtres bruxellois et parallèlement, Nathalie Uffner nous propose, avec Sylvie Perederejew et Olivier Francart, la création du Café Théâtre de la Toison d’Or. Pendant 4 ans, nous montions des spectacles que nous jouions les dimanches et lundis. Cette période reste pour moi une leçon d’apprentissage parce que nous faisions tout : de l’élaboration des décors en passant par la régie, la promotion… et le jeu d’acteur. Je jouais de temps à autres au Parc, au Galeries ou à l’Abbaye de Villers-la-Ville notamment. Ensuite, je suis parti en tournée à Paris avec un spectacle. Là bas, j’ai perdu mon envie de jouer : je m’ennuyais sur scène ! Au bout d’une année, je suis revenu à Bruxelles et je n’avais pas de boulot. Les employeurs oublient très vite leurs employés et cela est justifiable vu le nombre élevé de comédiens sur le marché du travail. J’ai alors rencontré Dominique Breda avec qui j’ai écrit « Intérieur Jour » qui m’a donné un nouveau souffle.

Alexis GoslainActuellement, je ne ressens plus le besoin de jouer qui me caractérisait plus jeune. J’ai 31 ans, un enfant et je regarde ce que je fais. Je suis conscient que je ne serai jamais un grand acteur. Mais, j’ai vraiment envie de privilégier la mise en scène.

En ce qui concerne l’écriture, je persévère.

Avec ma compagne Delphine Ysaye, nous avons écris « Boomerang », un road movie sur fond de Gainsbourg que nous rejouerons à Namur cette saison (Du 8 au 10 et du 15 au 17 mai 2008 au Théâtre Jardin Passion). J’ai adoré faire tout ce travail car, Delphine et moi, nous nous comprenons très vite. De plus, j’y ai mis des choses vraiment personnelles. Écrire me permet de m’ouvrir et c’est pourquoi je continuerai. Mais, je suis également conscient d’être un novice dans le domaine donc j’écris toujours en duo.

Comment se passe l’élaboration d’une pièce en collaboration ?

Pour écrire à deux, il faut mettre son orgueil sur le côté. Il faut sans cesse se remettre en question. C’est exactement ce qu’il se produit avec Dom. Nous procédons toujours de la même manière. Après avoir choisi une idée, nous élaborons un plan de toutes les actions, une sorte de canevas. Puis, nous construisons les dialogues. Ensuite, nous aimons déstructurer la chronologie de l’histoire.

L’équipe est une notion importante pour moi. Il est important, au sein d’une production, que tout les corps de métiers soient sur la même longueur d’onde.

Vous écrivez aussi pour les autres ?

Effectivement. J’ai écrit « Intérieur jour, page blanche » pour les jeunes comédiens qui s’occupent aujourd’hui du Café Théâtre de la Toison d’Or.

Catherine Decrolier et Julie Duroisin nous ont demandé à Dom et moi de leur écrire « Les dernières volontés » (ndlr l’histoire de deux sœurs se retrouvant pour l’enterrement de leur mère. A l’XL Théâtre pour le Festif’Festival entre le 29/01 et le 23/02/08).

Avez-vous des projets d’écriture ?

J’écris avec Delphine pour l’instant une pièce sur l’assassinat de John Lennon. Je suis un grand fan des Beatles. Ce groupe représente l’intemporalité. D’ailleurs, je ne peux m’empêcher d’insérer dans chacun de mes spectacles un de leurs morceaux ! Dans cette histoire, il y a deux personnages : Marc Chapman et Un journaliste qui évoluent à la fois dans les années 80 et aujourd’hui, une sorte de confessionnal pour le tueur qui s’est emparé de la vie de John Lennon le 8 décembre 1980. J’aimerais beaucoup qu’ils soient interprétés par Alexandre Von Sivers et Didier Colfs.

De quoi rêvez-vous artistiquement ?

Je voudrais monter « Roméo et Juliette » de Shakespeare et « Crime et châtiment » de Dostoïevski. Ce sont deux grands textes qui requièrent de la maturité. Roméo et Raskolnikov sont des personnages splendides que j’aimerais jouer. Mais si ça ne se fait pas je ne vais pas m’ouvrir les veines !

Quels seraient vos conseils aux jeunes comédiens ?

Le secret est de perdurer en s’accrochant, de ne pas faire la fine bouche et de prendre ce qu’il y’a à prendre. Si on vous propose une pub où on vous explique la dramaturgie de la pastille pour la gorge, il faut foncer même si c’est emmerdant. Il faut mettre un maximum de chances de son côté. Il faut travailler, ne pas compter ses heures, s’entourer de personnes de confiance et se nourrir des nouvelles rencontres. J’ai eu cette chance avec Nathalie Uffner, mon pote Olivier Massart, sans oublier « les Ex » (avec lesquels il a joué l’excellent « Tortilla de Patatas » la saison dernière à l’Atelier 210). J’ajouterais naïvement qu’apprendre est le travail de toute une vie et que si un jour je devais faire autre chose, j’aurai eu le recul nécessaire pour changer du jour au lendemain.

Micel Hinderyckx

Interview : France Pinson

OÙ ET QUAND RETROUVER ALEXIS GOSLAIN ?

- « Dieu habite Düsseldorf » Les Riches-Claires, du 2 au 20 octobre 2007
- « Musée haut, Musée bas » au Théâtre Jardin Passion à Namur, les 24,25 et 26 janvier 2008
- « Les dernières volontés » à l’XL Théâtre, entre le 29 janvier et le 23 février 2008
- « La Grange » (Lecture spectacle) au Théâtre de la place des Martyrs, le 17 mars 2008
- « Après la pluie » à partir du 12 décembre au Centre Culturel Bruegel
- « Garde à vue » au Public, du 5 mars au 26 avril 2008
- « Boomerang » au Théâtre Jardin Passion à Namur en mai 2008

 

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