Espace critiques

Critique test numéro 1

Audacieux mais réussi !

Lors de la présentation à Mons et à Paris , "Africare" a été salué par des critiques enthousiastes. Je ne peux que leur emboîter le pas devant ce spectacle radieux, tonique et très audacieux.

En effet, de nombreux pièges guettaient Lorent Wanson : le misérabilisme suscité par l’évocation des drames vécus par les Congolais, l’exotisme dégagé par les danses et les rites africains ou encore le simplisme de dénonciations politiques. Eh bien ! Le maître d’oeuvre (terme qui , dans ce cas, me paraît préférable à celui de metteur en scène) les a intelligemment déjoués, en construisant avec les nombreux participants au projet ( habitants de Kinshaha , Bukavu , Kinsangani , danseurs , chanteurs , choristes) " un spectacle impur, aussi moderne qu’archaïque , aussi compliqué que simple , aussi insensé que limpide " (L. Wanson).

Silence ! On tourne !

Les Fines bouches est une pièce jubilatoire qui invite à une renaissance par le silence. Le silence au théâtre ? Périlleux !

Une fiction ordonne la pièce. Dans une ville, les pouvoirs publics ont mis à la disposition des citoyens un lieu où jouir du silence et du temps qui passe. Le décor dessine habilement un sanctuaire dépouillé, forme moderne et non mystique du zen. Il nous situe quelque part entre la cabine de bateau, d’UV et le cocon. C’est alors tout le théâtre qui devient ce lieu protégé du monde, microcosme idéal, île édénique.

When a man comes around...

Unité de temps : un soir après le travail ; unité de lieu : un entrepôt de recyclage de papier ; unité d’action : deux ouvriers trentenaires et alcooliques nageant en plein désert culturel, contraints à affronter la noirceur de leur passé à l’occasion du retour au pays et de la visite intrusive de leur amie d’enfance Betty. Le huis-clos du « Baiser de la Veuve » , d’autant plus étouffant que la facture en est classique, trouve un refuge adéquat dans l’espace confiné de l’Arrière-Scène : au sens figuré comme au sens propre, on est contents, après un corps-à-corps d’1h30 plein d’une violence ambiguë et malsaine, de retrouver l’air frais du patio intérieur.

Marche ou rêve...

Laurence Vielle et Jean-Michel Agius sont aux commandes de ce voyage au travers des mots et des émotions, tout en lenteur et sentiments. Au départ, une envie commune, celle de la liberté de création en « itinérance », loin d’un temps et d’un espace quotidiens. Laurence et Jean-Michel s’aiment. Lui habite à Paris, elle vit à Bruxelles. Elle se perd dans un temps derrière lequel elle se sent courir sans cesse, lui se trouve enfermé entre les quatre murs de son studio qui lui semblent se rapprocher un peu plus chaque jour.

Démarrage en beauté

Si le théâtre du Méridien, cette année, ne peut miser sur l’abondance, il mise en tous cas sur la qualité, en présentant, en début de saison, A un jet de pierre de Pristina, de Philippe Beheydt. Certes, le texte n’évite pas, au début, les écueils qui peuvent guetter un pareil sujet (une famille en temps de guerre) ; il cède au mélodrame et au didactisme. Mais très vite, il gagne en intensité, et s’il se laisse encore traverser de quelques clichés, ceux-ci se font vite oublier. L’écriture déploie alors une poésie âpre, la trame s’épaissit, certains dialogues transpercent littéralement la salle obscure. Les duos qu’on souhaitait voir se former surgissent ; le thème de la guerre s’entrelace à celui des relations familiales, de la solitude, de la liberté, de l’amour.

Une pièce flamboyante

Il ne faut pas manquer la pièce de Mayenberg qui se joue actuellement aux Tanneurs. D’abord parce qu’on a rarement l’occasion d’entendre un vrai beau texte. Et quand ce texte est servi par une mise en scène intelligente et de bons acteurs, c’est un régal.

Le frère et la sœur se rebellent contre les parents. Et l’un d’eux est malade, ou les deux. A moins que ce ne soit les autres…

wild wild jazz

L’atelier 210 est un lieu multiple, qui accueille un riche mélange de théâtre, mais aussi de concerts en tout genre. Le spectacle « The Wild Party » est donc la plus pure illustration de sa programmation, puisqu’il mêle avec bonheur ambiance de concert et mots bien balancés. Le résumé du programme indique que ce spectacle légèrement déjanté est en réalité du « jazz-théâtre »… Mais kesako, le jazz théâtre ?

Menus plaisirs mais grande jubilation

En 1970, François-Régis Bastide écrivait dans ses chroniques théâtrales : "Un jour viendra, pas si lointain, je le parie, où l’on verra qu’en ces années bizarres que nous vivons, il y avait peu, vraiment peu de voix aussi neuves que celle de Jean Tardieu." En concoctant intelligemment ces "Menus plaisirs", Vincent Dujardin lui donne entièrement raison.

Quand les jeunes s’en mêlent

Anne a réussi à convaincre sa mère Irène d’inviter à dîner son ex-époux Emile, afin que ses parents réapprennent à se parler, alors qu’ils ne se sont plus rencontrés depuis quinze ans. Simplement pour faire bonne figure lors de son prochain mariage avec Philippe. Pierre , le frère d’Anne, trouve cette initiative ridicule et menace de boycotter les retrouvailles conjugales. C’est dire que le repas de famille risque d’être électrique.

Un Humour décapant

"Dieu habite à Düsseldorf"...N’essayez pas de décoder ce titre bizarre. C’est une savonnette, sur laquelle vous glissez pour vous retrouver dans un spectacle drôle et grinçant, qui passe à la moulinette certains travers de notre société.

Ca vous gratouille ou ça vous chatouille ?

Après "Fabbrica" et "Histoires d’un idiot de guerre" d’Ascanio Celestini, Pietro Pizzuti (à la mise en scène) et Angelo Bison (au jeu) – duo gagnant du Rideau - continuent leur périple dramaturgique dans le théâtre italien contemporain en explorant un nouveau texte, "Le Gris", résultat littéraire de l’amitié qui liait le musicien Giorgio Gaber et le peintre Sandro Luporini. Que ce monologue soit né de la plume d’artistes qui ne sont pas hommes de théâtre n’est pas, dans ce cas, une donnée anecdotique car la musique et l’évocation picturale sont sans nul doute les composantes essentielles de ce spectacle.

Strange Fruit, fruit terrible et musical

Dans ce spectacle mis en scène par Michel Dezoteux, le personnage de Billie Holliday est en réalité prétexte à un voyage « dénonciatoire » dans l’univers ségrégationniste, entre Martin Luther King et lynchages de « nègres », désir d’égalité et protest song… Une claque en jazz.

Genèse N°2. Reconstruction d’une destruction...

Comment parler d’espoir au bord du gouffre ? Parcours troublant dans un univers hermétique, le spectacle est porté par un jeu d’acteur époustouflant... Au final, un résultat superbe qui peut toutefois déconcerter les spectateurs en quête de sens à tout prix...

Une lucidité désarmante

Pour situer la saison 2006-2007 du Zut, Georges Lini, directeur artistique, écrivait : " Nous voulons d’un théâtre qui prend la réalité à bras le corps et qui secoue - émotionnellement et intellectuellement-le spectateur en l’emmenant sur des chemins scabreux et lumineux, sans pour autant le désanchanter,..." "Jouliks", qui ouvre la saison 2007-2008, confirme avec brio ce parti pris.

Essentiel ?

Cinq jeunes comédiens, pour la plupart frais émoulus du Conservatoire de Bruxelles, ont entrepris un travail d’écriture, de création et de jeu autour du thème de l’enfance et présentent le résultat de leur collaboration avec énergie, enthousiasme et générosité le temps de quelques soirs à la Soupape. L’enfance... Vaste thème, en réalité, et on peut regretter ici le manque de densité avec lequel il est traité.

Douce nuit, étrange nuit...

Jouer avec la nuit, l’obscurité... Le pari était osé, que relève en ce moment Pascal Crochet et ses comédiens aux Tanneurs. Pari osé mais globalement réussi, puisqu’il parvient, en une heure et demie de spectacle à capter notre attention, nous faisant voyager au plus profond des doutes, des sensations qui hantent la vie nocturne. Le tout, dans une quasi pénombre propre à illustrer le propos.

Il suffit d’aimer la vie

Film boudé à sa sortie (1971) puis encensé, devenu roman puis pièce de théâtre à succès (1973), "Harold et Maude" reflète l’esprit libertaire de la fin des années 60. Trente-cinq ans plus tard, la critique de la société a perdu son pouvoir de provocation, mais cet hymne à la vie, écrit par Colin Higgins, reste émouvant et salutaire.

Quelle cravate !

Sentiments en demi-teinte pour cette comédie de lourds réglements de compte (in)amicaux. Parfait pour remplir une soirée placée toute entière sous le signe du rire sans prise de tête, le spectacle n’offre pas toutes les qualités d’une pièce rigoureusement menée, entre imprécisions de jeu et mise en scène (très) conventionnelle.

Plus grise la vie !

Très sensible aux problèmes de fratrie, Sophie Landresse nous plonge au coeur des rapports orageux entre Hélène et sa soeur cadette Sylvia. Dommage que cette comédie psychologique se dilue trop souvent dans des tranches de vie d’un intérêt inégal.

Harcèlement et psychose : "pour de rire" ?

Cécile Boland, journaliste et comédienne de formation, signe avec « Atteintes » une première mise en scène plutôt réussie. Il serait difficile de ne pas lui pardonner les quelques maladresses qu’elle y commet, d’autant plus quand on sait la difficulté de porter à la scène un texte que l’on a soi-même écrit. Mais, en fin de compte, la qualité du spectacle semble surtout dépendre de ce que le spectateur cherchera à y voir... Et à y trouver.

Boucherie recommandée

Dès les premières minutes de ce spectacle mis en scène par Michaël Delaunoy, la pertinence du choix des jurys des prix du théâtre ne fait aucun doute. Ils ont en effet désigné Alain Eloy meilleur comédien de l’année. En réalité, il est imparable et totalement crédible dans ce rôle sautillant et faussement léger de « garçon boucher »… Assurant chacun plusieurs rôles, ses compagnons de jeu ne déméritent en rien, achevant de rendre vraie et vivante la pièce…

Une bouteille à la mer ?

Marquée par le récit des survivants au génocide khmer rouge, Catherine Filloux se penche, depuis quinze ans, sur l’énigme de ce genre d’extermination. Aussi n’est-il pas étonnant qu’elle ait fait de Raphaël Lemkin, juif polonais qui s’est battu pour imposer cette notion de génocide, le héros d’un spectacle ambitieux mais maladroit.

Sobre et implacable

Romancier plusieurs fois primé (Goncourt des lycéens en 2003 pour "La Mort du roi Tsongor", Goncourt en 2004 pour "Le Soleil des Scorta"), Laurent Gaudé est également très doué pour le théâtre. "Cendres sur les mains" nous interdit d’en douter, tant cette pièce poignante, impeccablement représentée, s’ouvre intelligemment aux "fureurs du monde".

Convives nos amours...

L’idée est excellente qui prétendait vouloir créer un spectacle autour de la convivialité de fin de soirée. Ce moment où, se retrouvant entre amis, autour du verre d’ « après repas », on refait (défait ?) le monde à l’envi. Au final de ce spectacle écrit par Eugène Savitzkaya et interprété par le collectif Transquinquennal, Bernard Breuse, Miguel Declaire et Stephane Olivier sur le plateau, quelques moments de génie textuel mais aussi quelques imprécisions dans le jeu…

Sombre et lumineux

Il y a de nombreuses raisons qui pousseront à aller voir le premier spectacle du Rideau mis en scène par son nouveau directeur, Michaël Delaunoy. Lieu de la représentation, modernité de l’auteur et densité du texte choisi, jeu des comédiens, mise en scène, éclairages et scénographie, chacun de ces aspects mérite une évaluation positive. Et l’ensemble, de conférer à « Blackbird » un air de franche réussite !

Jeu de société

Il y a de bons moments dans la dernière création du Z.U.T.. De très bons moments même, maniant avec intelligence et humour les vices d’une société promue aux loisirs organisés et aux amusements planifiés. Mais la caricature est parfois un peu trop appuyée pour nous faire profiter comme on le souhaiterait de l’esprit du propos et du jeu souvent excellent des comédiens, Anne-Pascale Clairembourg en tête, sublime de frustration névrosée...

Bayreuth fm, radio pas macho

Bayreuth fm, suite féminisée de « Siegfried forever », a l’excellence du spectacle de danse assumé dans toute sa contemporanéité. Corps parlant, humour, humeur sur fond de trombone mélancolique, sans parler de l’intelligence de l’interprétation…Tout est réuni donc pour une soirée d’inspiration wagnérienne des plus réussie

Pas de bon Feydau sans cruauté !

Trois courtes pièces de Feydau, quelques chansons loufoques et aphorismes sur le mariage sont les ingrédients utilisés par le "Théâtre en liberté" pour mitonner un spectacle burlesque, joué avec fougue et pimenté de trouvailles cocasses. Malheureusement ce "Boulevard Feydau" est encombré d’un casse-vitesse : une pochade qui ne méritait pas d’être exhumée.

Du Cousu main

En remportant son premier grand succès avec "Tailleur pour dames"" (1886), Feydau apparaît déjà conmme un "horloger du rire". Cette pièce s’appuie, en effet, sur une construction rigoureuse qui entraîne les personnages dans un tourbillon étourdissant. Orchestrés avec précision par Danielle Fire, ces quiproquos, ces chassés- croisés, ces rebondissements saugrenus forment un spectacle trépidant, sur mesure pour pimenter les fêtes.

Sympathique mais inégal

4e édition des contes urbains au Poche. Le concept, relancé tous les deux ans, a débuté en 2001. Cette année, quatre jeunes auteurs belges y ont traité, chacun à leur manière, le thème de l’héroïsme en se jouant des figures de super-héros. Le résultat, quatre seuls en scène dirigés par quatre metteurs en scène différents, est sympathique mais inégal.

Comment assassiner l’ennui au théâtre ?

Inclassable dans le paysage théâtral conventionnel, « Petit meurtre entre nous » offre aux spectateurs de l’Atelier 210 un spectacle déambulatoire et savoureusement « cluedien ». Fous rires étouffés (meurtre et regards assassins des domestiques-guides obligent), ambiance décontractée et vagabondage comme aux temps des jeux de nuit et autres feux de camps au menu du spectacle.

P.L.U.G.. Out of order... ou presque.

La dernière création de la nouvelle co-directrice de Charleroi/Danse promettait pourtant le meilleur... Une bande son travaillée par Thierry De Mey, des danseurs expérimentés et un thème - le sexe - audacieux, riche, troublant. Le parfait cocktail pour une soirée chorégraphiée haute en couleur et en chaleur. Quelle déception cependant devant ce kama-sutra dansé sans imagination ni prise de risque, faussement ludique !

Justesse poignante

Plongés dans le noir qui éteint la dernière image déchirante de "Face de cuillère", on regrette d’entendre le crépitement des premiers applaudissements. Ils sont amplement mérités, mais brisent la fascination qu’exerce cette pièce magistralement interprétée par Deborah Rouach, meilleur espoir féminin.

Une Idole qui vole en éclats...de rire

2023. Il y a un peu plus de dix ans, Stéphanie Jacques, grande vedette de la chanson française, s’est suicidée sur scène. "Fabuleuse étoile" retrace sa carrière et interroge ses proches sur sa destinée hors norme. Malgré la répétition de certains effets, cette parodie d’hommages télévisés est très drôle et confirme l’étendue des talents de Zidani.

On pense à vous, et ça fait du bien...

Pièce multisensible du théâtre de la Galafronie destinée (aussi ?) aux enfants, « On pense à vous » est un petit bijou de poésie qui ravit les adultes autant que leurs bambins. Un concentré de sentiments livrés à fleur de vie, en couleur, musique et frissons.

Pour que les préjugés mettent les voiles

En jouant "Les Monologues du vagin", Adelheid Roosen s’est aperçue que le texte d’Eve Ensler reflétait surtout les problèmes vécus par la femme occidentale. C’est pourquoi elle a voulu faire entendre les voix de femmes arabes, vivant en Hollande. Les douze monologues , tirés de sa longue enquête, proposent une vision très diversifiée de la femme musulmane et composent une pièce émouvante, dynamique, chaleureuse.

Un Ubu droit au but

Pas si simple de s’attaquer au texte fondateur de l’esthétique théâtrale grotesque, devenu depuis un classique du répertoire. Pourtant, c’est une version percutante, limpide et très convaincante de l’Ubu roi d’Alfred Jarry que nous livrent Christophe Cotteret et ses quatre comédiens.

Joyeux poulailler ! mais la psychose laisse à désirer...

Jusqu’au 4 février 2008, une équipe de jeunes comédiens bruxellois occuperont, tous les dimanche et lundi soirs, le foyer du Théâtre de la Toison d’Or. L’espace, confiné, nécessite de l’ingéniosité pour se muer en scène de théâtre. Ces artistes-là, heureusement, n’en manquent pas, même si la psychose collective qu’ils y interprètent flirtent davantage avec le contenu des magazines « Elle » et « Psychologie » qu’avec l’opus freudien.

"L’enfant froid" chaudement recommandé !

Il faut certainement que vous vous rendiez au Zone Urbaine Théâtre à une représentation de "L’Enfant froid". D’une pierre, vous ferez ainsi trois coups : vous découvrirez l’écriture dramatique très riche de Marius von Mayenburg ; vous profiterez d’une mise en scène qui a su rendre hommage à cette richesse ; et vous soutiendrez un théâtre qui, au-delà des difficultés financières qu’il peut rencontrer, ne cesse de batailler pour dire, montrer et jouer.

Un Cadavre nous interroge

"Une écriture qui conjugue l’atmosphère du thriller à l’observation entomologique d’un microcosme." Cette formule de S. Martini souligne avec pertinence la lucidité implacable de cette pièce originale et passionnante, interprétée avec beaucoup de maîtrise par six comédiens en état de grâce.

Œdipe à Londres

Lavabo, WC, bidet, baignoire : bienvenue dans l’univers d’Eddy, réincarnation contemporaine du héros de Sophocle. L’auteur de la pièce, Steven Berkoff, nous convie dans les bas-fonds londoniens, où règnent la saleté, la misère, la désillusion… en un mot, la peste. Le metteur en scène, Guillaume Dumont, a logiquement créé une atmosphère glauque, opaque, voire pesante, dans laquelle toutefois les notes de musique énigmatiques et les petites pointes d’humour viennent distiller çà et là quelques bulles d’oxygène.

Manque...

Pari osé au théâtre Marni. Une jeune équipe de comédiens y joue en effet Manque, texte de la très (trop ?) souvent controversée auteure anglaise Sarah Kane. Un exercice difficile que de porter au plateau la prose de cette jeune écorchée vive, dont le théâtre est loin des conventions, tant dans la forme que dans le fond… L’exercice cependant est ici réussi de main de maître.

Partition japonaise sans fausse note...

Auteur connu et reconnu tant au Japon qu’à l’étranger, Oriza Hirata est un artiste à la poétique épurée et vibrante d’émotions… « Tokyo notes », une de ses pièces les plus connues, présentée ici par le théâtre des 2 Eaux, est un kaléidoscope de microscopiques moments de vie, zénitude et sentiments à peine effleurés au programme. Le tout mis en scène par Xavier Lukomski, habitué qu’il est de naturalisme tchékhovien et sensible…

Mon coeur n’est pas las de l’entendre.

Exploitant le cadre intime du Théâtre de La Clarencière, Frédérique Panadero nous invite dans un boudoir de l’époque Louis-Philippe, pour nous rendre témoins de l’inconstance des sentiments. Les conspirations féminines d’"Un Caprice" et le jeu de chat et de souris d’"Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée", orchestrés avec subtilité, confirment que Musset est bien le digne héritier de Marivaux

Heureusement, le jeu a une fin !

Avec "Game Over", Jeanne Dandoy présente une création dont elle est à la fois l’auteur et la metteur en scène. Si la presse papier et radiophonique semble avoir accueilli positivement ce texte qui "pose question", nous nous permettrons de nous interroger sur la valeur de ce questionnement. En effet, le désordre formel et narratif dans lequel la pièce évolue finit par annuler toute possibilité de propos ; pire, il va jusqu’à créer des amalgames complaisants et éthiquement contestables.

"Perfectable" ou... perfectible ?

Motivé par une expérience personnelle, Thibaut Nève, jeune comédien, co-fondateur de la Compagnie Chéri-Chéri, s’est interrogé sur les rapports entre les contraintes du travail et l’épanouissement de l’individu. Sa réflexion débouche sur un spectacle original, salutaire, dynamisé par des comédiens ardents mais qui devrait s’appuyer sur une progression dramatique plus nette.

L’homme, ce caméléon...

En montrant comment le héros d’ "Homme pour homme" perd son identité, Bertolt Brecht nous incite à réfléchir à l’interaction entre l’homme et le monde. Il le fait dans un style épique et un langage théâtral, plein de vitalité, qu’a su exploiter avec pertinence la troupe du Théâtre de la Vie

Ils sèment les coups et récoltent nos rires

La saison dernière, Muriel Audrey et Jean-Luc Duray ont joué, au "Théâtre de la Flûte enchantée", "Ils se sont aimés" de Palmade et Robin. Remontant le courant de cette vie conjugale, qui est loin d’être un fleuve tranquille, ils incarnent à nouveau Delphine et François dans "Ils s’aiment". Comédiens expérimentés, ils maîtrisent efficacement les effets subtils de ce texte décapant, mais auraient pu imprimer à la représentation un rythme plus vif.

Politiquement intime

Comme l’affirme l’une des répliques de L’heure verticale, "le terrorisme est la mauvaise réponse à une bonne question". De la même manière, le spectacle à l’affiche au Rideau de Bruxelles, s’il regorge de bonnes questions, n’apporte pas sur celles-ci un éclairage convaincant.

Un Misanthrope qui brûle les planches

Après le tonitruant "Dialogue d’un chien avec son maître sur la nécessité de mordre ses amis" de Jean-Marie Piemme, Philippe Sireuil nous propose un classique tout aussi percutant. En effet, son Misanthrope "joué aujourd’hui avec des costumes et des corps d’aujourd’hui" est un spectacle enlevé, qui dénonce vigoureusement la société "bling - bling" et qui nous sensibilise à la cruauté d’un amour impossible.

Sentiments à l’état pur

Agatha porte bien son nom : car ce texte de Marguerite Duras est une vraie pierre précieuse. Le matériau idéal pour ciseler un petit bijou théâtral, ce que Michaël Delaunoy a réalisé avec brio.

Le bonheur d’être nus !

Qu’est-ce que ça fait comme effet de se tenir tout nu devant une ou plusieurs paire(s) d’yeux, qui vous regarde(nt) durant une ou plusieurs heure(s), et de voir ensuite les moindres détails de votre anatomie reproduits sur une feuille de papier à dessin ? Si cette question vous taraude, vous devez absolument aller voir Modèles vivants. Et si elle ne vous taraude pas, vous passerez quand même une excellente soirée de plaisir et de détente au Théâtre du Méridien.

Privés d’enfance

Jouée avec succès par la Compagnie Petite âme, "La Trilogie de Belgrade" avait révélé l’humour noir, teinté de tendresse, de Biljana Srbljanovic. On retrouve son ironie grinçante dans ces "Histoires de famille" racontées par des enfants, qui s’approprient les comportements des adultes. Drôle, désarmante, cruelle, cette pièce est interprétée avec une maîtrise sidérante, par quatre comédiens, qu’a subtilement dirigés Miriam Youssef.

Classique Prévert

Succès la saison précédente au Rideau de Bruxelles, « Silence Prévert » rempile cette année en ce mois d’avril, au même endroit. Un spectacle où musique et poésie se côtoient un peu trop académiquement peut-être… mais qui fait entendre l’écho de la splendide et riche rencontre Prévert-Kosma.

Et pourquoi pas ?

Prenant le contre-pied de "ce qui se fait" habituellement au théâtre, Patrick Dieleman a élaboré, avec ses partenaires, une pièce déconcertante sur la tentation du renoncement. Ce spectacle, qui naît sous nos yeux , séduit par sa souplesse, son ironie douce-amère et la subtilité avec laquelle le héros désabusé amène le spectateur à s’interroger sur son destin.

Push Up : descente aux enfers

Que tous ceux qui n’avaient pas eu l’opportunité de voir "Push Up" à l’Eden de Charleroi la saison passée saisissent l’occasion de sa reprise au Varia ! Le spectacle, qui n’aura certainement rien perdu de son souffle premier, vaut tant par l’immense intérêt que représente l’oeuvre de l’auteur contemporain allemand - et combien en vogue ! - Roland Schimmelpfennig que par la mise en relief qu’en propose Jean-Michel Van Den Eeyden. Le travail de plateau, s’il nous semble parfois alourdi par quelques "tics" récurrents dans les mises en scène de textes contemporains, rend percutante l’aliénation vécue par les individus dans un monde du travail totalement vicié.

Histoire d’oublier la mort

"Nous sommes tous en quelque sorte des naufragés de la vie. On joue à faire semblant, en attendant la mort qui nous guette à chaque instant. Mais qu’est-ce qui nous pousse à jouer tel rôle plutôt qu’un autre ?" Par ce commentaire, la metteur en scène du "Naufrage", Isabelle Nasello, indique, avec pertinence, le prolongement que l’on peut donner à cette parabole. Mêlant réel et imaginaire, Eric Westphal nous entraîne dans une aventure insolite, qui lui permet de poser des questions graves sur un ton léger. Dommage que certains de ses dialogues manquent de sobriété.

Dans l’ombre du géant

Comme un papillon attiré par la lumière, Charles Sainte-Beuve fréquentait assidûment le salon de Victor Hugo. Poète moyen, il se sentait écrasé par le génie de son ami. Et malgré un physique ingrat, il rêvait de conquérir sa lumineuse épouse. Situation en or pour le dramaturge Michel Lengliney. En faisant vivre cet anti-héros, il a construit une comédie alerte et brillante. Si elle néglige parfois la vérité psychologique, pour le plaisr d’un bon mot, elle met aux prises six personnages finement dessinés et interprétés par des comédiens pleins de vitalité.

Les arpenteurs d’espaces mouvants

L’arpentage signifie à la fois l’action de mesurer et aussi celle de parcourir un espace d’un pas large et décidé. Les arpenteurs de Michèle Noiret prennent la mesure d’un espace urbain qu’ils parcourent compulsivement à la recherche de leurs propres repères spatiaux et mentaux. L’espace urbain, ici métaphore d’espace mental, est par essence incommensurable car en mouvement perpétuel. La ville imaginaire de Michèle Noiret n’a rien de romantique. Elle s’incarne plutôt en un espace impersonnel ayant sa propre logique, prête à écraser ses habitants et à les mener à la folie.

55 minutes à la recherche du bonheur

Après la reprise en septembre dernier de son spectacle "Moi, Michèle Mercier, 52 ans, morte", le groupe Toc revient au théâtre Marni avec une nouvelle création. "Les 24h de Tina Pools à la recherche de son bonheur", dont la rédaction est assurée par Marie Henry, auteur privilégiée et fondatrice du Collectif, réaffirme la volonté qu’a ce groupe de jeunes artistes de construire une démarche de création personnelle et originale capable d’assurer un renouvellement des codes d’interprétation et de représentation.

La vie à belles dents

En 2004, "Molly à vélo" avait révélé la capacité de Geneviève Damas à faire vivre des personnages hauts en couleurs, dans un récit mené tambour battant. C’est avec la même énergie débordante qu’elle nous entraîne dans les nouvelles aventures de Molly Savard. Cependant on aurait aimé que ce sacré bout de femme pugnace et généreux affronte une société moins idéalisée. On peut positiver sans tomber dans la candeur.

Voyage initiatique entre rires et larmes

S’inspirant des quatre éléments, Wajdi Mouawad a composé une tétralogie :"Littoral", "Incendies", "Forêts" et "Ciels". Prix du meilleur spectacle 2006-2007, "Incendies" avait enthousiasmé le public du Zut. "Littoral" est une fresque tout aussi chaleureuse, qui nous emporte dans son souffle poétique et nous séduit par l’audace de son écriture.

Etincelle de vie dans un monde pitoyable

Depuis une quinzaine d’années, l’acteur sicilien Spiro Scimone écrit et joue , avec son complice Francesco Sframeli, des pièces qui illustrent, de façon originale, la nécessité d’écouter l’autre. C’est grâce à leurs relations rugueuses mais toniques que Pepe et Tano, deux "encombrants humains", oubliés dans les détritus de cette cour ("Il Cortile") parviennent à exister. La subtilité des dialogues et la justesse des comédiens, dirigés avec doigté par Valérie Lemaître, rendent ce spectacle choquant, intelligent et salutaire.

L’oiseau bleu ou comment voir encore quelque chose pour la première fois

A l’occasion des 100 ans de la pièce L’Oiseau bleu, l’Atelier 210 nous convie à un bel envol dans le monde poétique et féérique d’un des plus grands représentants du courant symboliste. Seul écrivain belge à avoir reçu le Prix Nobel de littérature, Maeterlinck sera tour à tour dramaturge, essayiste et poète, après avoir renoncé à sa carrière d’avocat. C’est à cet homme d’exception, qui reçut la Légion d’honneur, et à cet artiste de talent (présenté comme l’égal de Shakespeare par Octave Mirbeau) que l’on doit cette pièce en six actes et douze tableaux.

Me connecter

Pas encore membre ?
INSCRIVEZ-VOUS


Recherche rapide


Plus de critères »

Derniers inscrits

vincent Minne
François Gaudemont
Fatima Tchiombiano Babri
Salima Sarah GLAMINE

A découvrir

SQL: SELECT * FROM t_banners WHERE circuit = 'home' AND emplacement = '1'ORDER BY position
SQL: SELECT * FROM t_banners WHERE circuit = 'home' AND emplacement = '2'ORDER BY position

Newsletter

Pour être tenu au courant de nos activités, laissez-nous votre email !